Energie : l’Australie et les États-Unis signent un accord historique

Dakar, 21 Octobre  2025(JVFE)-En quête de terres rares, les États-Unis viennent de signer un accord d’importance avec l’Australie. Le pays du kangourou regorge de minerais essentiels à l’industrie moderne. Pour les États-Unis, l’accord doit permettre de réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine.

Le 20 octobre 2025, à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump et le Premier ministre australien Anthony Albanese ont paraphé un texte d’une portée stratégique considérable : le United States–Australia Framework for Securing the Supply of Critical Minerals and Rare Earths. Cet accord sur les terres rares, annoncé à l’issue d’une rencontre bilatérale, officialise une alliance industrielle et énergétique dont la finalité dépasse largement le cadre économique. Les deux pays s’engagent à investir conjointement dans la prospection, l’extraction et la transformation de ces métaux stratégiques, indispensables à la fabrication d’avions de combat, de satellites, de véhicules électriques et de sous-marins nucléaires.


Selon la déclaration commune publiée par le bureau du Premier ministre australien, l’accord prévoit un engagement initial d’au moins un milliard de dollars américains par pays au cours des six prochains mois, soit un effort conjoint évalué à plus de huit milliards de dollars à court terme. Cette enveloppe doit financer des projets d’exploitation, de traitement et de raffinage des terres rares directement sur le sol australien, dans le but explicite de réduire la dépendance vis-à-vis de la Chine. Le président Trump a salué une « coopération historique », assurant que ce partenariat « garantira l’indépendance énergétique et technologique du monde libre ».

Du côté australien, Anthony Albanese a souligné que « l’Australie dispose de 89 projets actifs dans le secteur des minerais critiques « et qu’elle est prête à devenir un fournisseur sûr et fiable pour les alliés occidentaux ». Ces projets concernent principalement les oxydes de néodyme, de praséodyme et de dysprosium, trois éléments essentiels à la fabrication des aimants permanents utilisés dans les moteurs électriques et les systèmes de propulsion navale.

L’accord va bien au-delà d’une simple coopération minière. Il s’agit d’un programme complet d’industrialisation partagée, intégrant la recherche, le traitement, la transformation et la commercialisation des produits finis. Le projet phare, baptisé Nolans Project, est piloté par l’entreprise australienne Arafura Rare Earths dans le Territoire du Nord. Il vise à produire à la fois des terres rares légères et lourdes, avec une capacité de traitement annuelle de plusieurs milliers de tonnes dès 2027. Dans le même temps, le groupe américain Alcoa a obtenu le feu vert pour implanter une usine de gallium en Australie-Occidentale, un métal critique pour l’industrie des semi-conducteurs et des radars militaires.
Les autorités américaines et australiennes envisagent également la mise en place d’un mécanisme de stabilisation des prix afin de prévenir toute manipulation du marché. Cette mesure répond à une inquiétude croissante : la Chine détient encore près de 85 % des capacités mondiales de raffinage des terres rares et plus de 90 % de la production d’aimants permanents, ce qui lui confère un levier économique considérable. En créant une offre alternative, Washington et Canberra espèrent priver Pékin d’un outil de pression stratégique.

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