Dakar, 21 Octobre 2025(JVFE)-Malgré des bombardements américains ciblant des sites nucléaires iraniens, l’ayatollah Ali Khamenei assure, ce lundi 20 octobre, que Donald Trump “rêve” s’il pense avoir détruit ce site.
Les Etats-Unis ont bombardé le 22 juin le site souterrain d’enrichissement d’uranium de Fordo, au sud de Téhéran, et des installations nucléaires à Ispahan et Natanz (centre). L’étendue précise des dégâts n’est pas connue. Mais le président américain assure depuis plusieurs mois que les sites ont été “anéantis”.
“Nous avons largué 14 bombes sur les principales installations nucléaires. Comme je l’avais dit au début, elles ont été anéanties et cela a été confirmé”, a insisté Donald Trump, lors d’un discours lundi dernier au Parlement israélien. “Quand nous avons détruit leur capacité nucléaire, ils ont cessé d’être la brute du Moyen-Orient”, a encore affirmé le président américain lors d’une interview diffusée dimanche par la chaîne Fox News.
Iran et Etats-Unis, autrefois de proches alliés sous la monarchie Pahlavi, ont rompu leurs relations diplomatiques après la Révolution islamique en 1979 et une prise d’otages à l’ambassade américaine. Les deux pays sont depuis quatre décennies à couteaux tirés.
Ils avaient toutefois entamé en avril des négociations, par l’intermédiaire du sultanat d’Oman, sur le programme nucléaire de l’Iran. Elles ont été interrompues lorsque Israël a lancé le 13 juin une attaque surprise contre l’Iran, qui a provoqué une guerre de 12 jours. Les Etats-Unis s’étaient joints à ces frappes.
Durant la guerre, Israël a mené des centaines de frappes sur des sites nucléaires et militaires iraniens et tué des scientifiques liés au programme nucléaire de l’Iran. L’Iran a riposté avec des tirs de missiles et de drones sur le territoire israélien.
Israël, ennemi juré du pouvoir iranien, et les pays occidentaux soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique. Téhéran, qui se défend vigoureusement d’avoir de telles ambitions militaires, affirme développer le nucléaire pour des besoins civils.
“En quoi l’Amérique se soucie-t-elle que l’Iran possède une industrie nucléaire?”, s’est interrogé lundi Ali Khamenei lors d’une rencontre à Téhéran avec des sportifs. “Qui es-tu pour dire qu’un pays doit ou ne peut pas avoir (le droit) au nucléaire?”, a-t-il ajouté, à l’adresse de Donald Trump.
Ayatollah Ali Khamenei, a déclaré que le président américain Trump , dont le pays a mené en juin avec Israël des bombardements contre l’Iran, “rêve” s’il pense avoir détruit les sites nucléaires iraniens. “C’est bien, continue à rêver!”, a lancé le dirigeant iranien, en référence aux nombreuses affirmations de M. Trump selon qui le programme nucléaire iranien aurait été “totalement détruit”.
La confrontation verbale entre Washington et Téhéran reprend de plus belle. Alors que les États-Unis et Israël avaient frappé des installations nucléaires iraniennes en affirmant avoir mis fin au programme nucléaire de l’Iran, le guide suprême Ali Khamenei a balayé ces déclarations lors d’une rencontre avec des sportifs à Téhéran. Pour lui, Donald Trump « rêve » s’il croit que l’Iran a été privé de ses capacités nucléaires, rapporte Reuters.
Au mois de juin, des frappes coordonnées entre les forces américaines et israéliennes avaient ciblé les sites de Fordow, Natanz et Isfahan, provoquant des dégâts significatifs sur les infrastructures nucléaires. Les bombardiers B-2 et les missiles Tomahawk avaient été mobilisés pour neutraliser ces installations sensibles. Malgré l’ampleur de l’opération, certains experts estiment aujourd’hui que ces attaques ont ralenti le programme de quelques mois, sans anéantir les stocks d’uranium enrichi ni les centrifugeuses.
Pour l’Iran, ces frappes sont loin de constituer une victoire stratégique pour Washington. La défense du programme nucléaire et la continuité des activités sur des sites moins exposés sont essentielles, même après des attaques aériennes massives.
Le guide suprême a critiqué les propos de Donald Trump, qui avait affirmé que les frappes avaient « totalement détruit » les capacités nucléaires iraniennes. Khamenei a renversé l’accusation en questionnant la légitimité d’un pays à dicter ce qu’un autre peut développer en matière nucléaire. Selon lui, les affirmations de Trump ne reflètent pas la réalité sur le terrain : l’Iran poursuit ses activités et conserve la maîtrise de ses infrastructures essentielles.
Les propos de Khamenei traduisent une volonté de résistance symbolique, mais rappellent également que la question nucléaire iranienne reste un enjeu complexe et loin d’être réglé. La tension reste palpable et les échanges de répliques à distance entre dirigeants risquent de nourrir de nouveaux développements diplomatiques ou militaires.

