Cameroun : Paul Biya , réélu président 

Dakar, 27 Octobre  2025(JVFE)-Le président Paul Biya, 92 ans et au pouvoir depuis 1982, a été réélu sans surprise président pour un huitième mandat au Cameroun avec 53,66% des suffrages, selon les résultats officiels proclamés par le Conseil constitutionnel lundi.

Le président Paul Biya introduit des réformes politiques dans les années 1980 puis, sous de fortes pressions, accélère la mise en œuvre du multipartisme. Élu sans opposition en 1984 et 1988, il remporte d’assez peu l’élection présidentielle de 1992, avant d’être réélu avec une large majorité en 1997, 2004, 2011, 2018 et 2025.

Des résultats conformes à ceux de la commission nationale de recensement des votes, qui, mercredi, donnait le président sortant en tête avec 53,6 % des voix, contre 35,1 % pour son principal challenger. Le Conseil constitutionnel, chargé de valider officiellement le vote, avait d’abord prévu de proclamer les résultats définitifs dès le lendemain jeudi. Avant de reporter, sans raison officielle, cette annonce à ce lundi.

Les Camerounais retiennent leur souffle après l’annonce, le 27 octobre 2025, des résultats définitifs de la présidentielle du 12 octobre dernier.

Et pour cause : plusieurs régions du pays avaient déjà été secouées par des violences au lendemain du scrutin.

Et la tension reste encore vive dans le pays où la moindre étincelle peut mettre le feu aux poudres. C’est dans ce climat de haute tension que le Conseil constitutionnel, seul organe habilité à proclamer les résultats définitifs, a donné le nom du vainqueur du scrutin qui était connu d’avance.

En tout cas, sauf cataclysme, le président sortant, Paul Biya, devait succéder à lui-même pour un 8e mandat. Certes, son ancien ministre devenu opposant, Issa Tchiroma Bakary, s’était proclamé vainqueur au lendemain des votes, mais l’on voyait mal comment le Conseil constitutionnel pouvait donner des résultats contraires à ceux de la Commission de recensement général des votes, déclarant Paul Biya réélu avec 53,66% des suffrages exprimés et un peu plus de 35% pour son principal challenger.

Avec cette confirmation de la victoire du Biya, le matango* est tiré, mais Tchiroma acceptera-t-il de le boire ?

Rien n’est moins sûr.

Ce d’autant que l’opposant continue de ruer dans les brancards en appelant ses ouailles à descendre dans la rue. Mais quid de son sort s’il continue de revendiquer, à cor et à cri, la victoire ?

Subira-t-il le même sort que l’opposant Maurice Kamto qui avait été assigné à résidence surveillée après qu’il a revendiqué la victoire au sortir du scrutin présidentiel de 2018 ?

On attend de voir.

Mais une chose est certaine : Papy Biya n’entend pas faire de quartier à ses opposants.

Le climat particulier qui règne dans le pays n’est peut-être pas étranger à ce report.

Quelques jours après le scrutin, Issa Tchiroma a lui auusi revendiqué la victoire , en publiant sur sa page Facebook les procès-verbaux à sa disposition et en dénonçant des irrégularités qui auraient été orchestrées par le camp présidentiel. Or, sa capacité de mobilisation n’est plus à prouver.

Sans attendre la validation par le Conseil constitutionnel – dont dix des onze membres sont issus du parti présidentiel –, des manifestations souvent massives se sont déroulées dimanche 26 octobre à travers tout le pays, à l’appel de l’opposant.

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