Mauritanie :les malversations portent sur 41 milliards d’ouguiyas: les «pressions tribales» triompheront-elles de la justice ?

 Dakar,30 OCTOBRE  2025(JVFE)-Avec 41 milliards d’ouguiyas d’irrégularités et 30 hauts responsables limogés, la Mauritanie nettoie-t-elle en surface ou prépare-t-elle une chasse aux corrupteurs à la hauteur des enjeux ?

Un rapport de la Cour des Comptes, transmis au président Mohamed Cheikh El Ghazouani, la semaine dernière, anime les débats en Mauritanie depuis plusieurs jours.

Ce document, portant sur l’exécution du budget de l’Etat des années 2022 et 2023, relève de nombreuses irrégularités allant des fautes de gestion à des actes de prévarication, passibles de poursuites pénales.

Une trentaine de hauts responsables ont été limogés à la suite d’un conseil des ministres spécial tenu le 21 octobre. Le président de la République a affirmé sa détermination à n’épargner personne parmi les responsables de ces malversations, «aucune personne, quelle que soit sa position, n’échappera à la sanction» avait-il averti.

Selon des informations obtenues par des sources proches du dossier et relayées par le média Al-Akhbar, cette opération fait suite à des instructions claires du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui a exigé l’application stricte des recommandations des corps de contrôle et d’inspection de l’État. Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de sa réaction à la publication du rapport 2022-2023 de la Cour des comptes, lequel révélait un détournement estimé à plus de 410 milliards d’ouguiyas, soit environ un milliard de dollars. Face à ce scandale d’ampleur inédite, le président avait déjà affirmé que « personne ne serait au-dessus de la loi », appelant les institutions de contrôle à exercer pleinement leurs prérogatives.

Mohamed Mahmoud Tolba, Transparency Mauritanie, apprécie le principe de la reddition des comptes «c’est une bonne nouvelle. Mais il faut aller au-delà des deux exercices, objets de ce rapport et des quatre départements impliqués dans ces enquêtes».

Derrière le montant de 41 milliards d’ouguiyas (soit plus de 860 millions d’euros), relevé par le document de la Cour des Comptes, pourraient se cacher d’autres cafards encore plus importants dans des secteurs non contrôlés.

Heiba ould Sidaty, directeur de la publication d’Al Akhbar axe sa grille d’analyse sur les suites à donner à cette affaire «le gouvernement fait face à deux grands défis contradictoires, aller jusqu’au bout de l’affaire pour satisfaire les revendications de l’opinion. Ou céder devant la pression de forces politiques et tribales, attachées à une tradition fortement ancrées dans la société».

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