
Dakar,05 NOVEMBRE 2025(JVFE)-Le ministre soudanais de la Défense a affirmé mardi que la guerre contre les paramilitaires allait continuer, après une réunion gouvernementale qui a discuté d’une proposition américaine de cessez-le-feu.

Les États-Unis font partie d’un groupe de pays qui cherchent à mettre fin à la violence qui ravage le Soudan depuis plus de deux ans et demi, a déclaré la Maison-Blanche mardi.
« Les États-Unis sont activement engagés dans les efforts visant à parvenir à une résolution pacifique du terrible conflit au Soudan. Nous restons déterminés à travailler avec nos partenaires internationaux, notamment les membres du Quatuor, à savoir l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ainsi qu’avec d’autres, afin de conduire un processus de paix négocié qui prenne en compte à la fois la crise humanitaire immédiate et les défis politiques à long terme », a déclaré la porte-parole Karoline Leavitt devant la presse.
« Nous sommes en contact assez régulier avec ces partenaires arabes que je viens de mentionner, et nous souhaitons que ce conflit prenne fin pacifiquement, comme tant d’autres. Mais la réalité est que la situation sur le terrain demeure extrêmement complexe », a-t-elle ajouté.

L’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire, s’affrontent depuis le 15 avril 2023 dans une guerre dévastatrice qui a fait des milliers de morts et déplacé des millions de personnes.
Pour rappel ,le général Jamal al-Din Omar, ministre soudanais de la Défense, est mort “de maladie” alors qu’il participait à des négociations de paix intersoudanaises à Juba, la capitale du Sud-Soudan.
Des négociations de paix sont actuellement en cours à Juba entre le gouvernement soudanais de transition et les factions armées qui ont pris part au conflit au Darfour (ouest), ayant éclaté en 2003 entre le régime Béchir et des insurgés issus de minorités ethniques.
À ce jour, les FSR contrôlent les cinq États de la région du Darfour, dans l’ouest du pays, tandis que l’armée détient la plupart des treize autres États situés au sud, au nord, à l’est et au centre, y compris la capitale, Khartoum.
« Les préparatifs pour la bataille du peuple soudanais sont en cours », a déclaré le ministre, Hassan Kabroun, dans un discours télévisé.
« Nous remercions l’administration Trump pour ses efforts et ses propositions afin de parvenir à la paix », a-t-il dit, tous en affirmant que la guerre était « un droit national légitime ».
Aucun détail sur la proposition américaine n’a été rendu public.
Le gouvernement américain « est tout à fait impliqué » pour tenter de trouver une issue « pacifique » au conflit qui ravage le Soudan, a assuré mardi la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, tout en reconnaissant que « la situation sur le terrain est très compliquée ».
Le Soudan est déchiré depuis avril 2023 par une guerre opposant l’armée du général Abdel Fattah Al-Burhane à son ancien allié Mohamed Hamdane Daglo, chef des Forces de soutien rapide (FSR) qui ont pris le 26 octobre El-Facher, dernière ville de la vaste région du Darfour, dans l’ouest, qui échappait à leur contrôle.
Les combats se concentrent désormais sur la région voisine du Kordofan, dans le centre du Soudan, où l’ONU a fait état d’exactions et de déplacements massifs de population ces derniers jours.
« Incontrôlable »

Des habitants d’Omdurman manifestent le 31 octobre 2025 pour protester contre les « atrocités » commises par les Forces de soutien rapide à El-Fasher, dans l’ouest du Soudan. AFP ou concédants de licence. Omdurman (AFP) EBRAHIM Hamid/AFP
Mardi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exhorté les belligérants à « venir à la table des négociations » et « mettre fin à ce cauchemar de violence, dès maintenant ».

« La crise terrifiante au Soudan […] est en train de devenir incontrôlable », a-t-il prévenu, alors que le Conseil de défense et de sécurité présidé par le général Burhane s’est réuni dans la journée pour étudier une proposition américaine de trêve.
L’émissaire américain pour l’Afrique, Massad Boulos, a mené ces derniers jours des entretiens au Caire dans le but de finaliser une proposition de trêve humanitaire formulée mi-septembre sous son égide par un groupe de médiateurs incluant l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
Le groupe de médiation, dit du Quad, travaille sur un plan global de paix pour le Soudan, mais ses dernières propositions, présentées mi-septembre à Washington, sont restées lettre morte. Jusqu’à présent, le général Burhane a accueilli négativement ce plan prévoyant à la fois son exclusion et celle des FSR de la transition politique post-conflit.
« Ne tuez pas les enfants »
Depuis la chute d’El-Facher, après 18 mois de siège par les paramilitaires, les informations et les témoignages se multiplient sur les exécutions, les pillages, les viols, les attaques contre des humanitaires, documentés par des images satellites et par des vidéos publiées par les combattants eux-mêmes.
Le général Burhane a affirmé sa volonté de « se venger » de la prise de cette grande ville, tandis que le chef des FSR s’est dit déterminé à poursuivre les conquêtes sur le terrain.
Mardi, la représentante de l’ONU en charge des questions humanitaires, Denise Brown, a déploré que la ville d’El-Facher reste « barricadée » et fermée à l’aide humanitaire.
« La livraison d’aide de survie cruciale reste bloquée par les FSR contrairement à leurs obligations à l’égard des lois internationales », a-t-elle déclaré.
Près de 71 000 civils ont fui la ville depuis sa prise par les FSR, certains ayant trouvé refuge à Tawila, à environ 70 km à l’ouest.
« Ne tuez pas les enfants, ne tuez pas les femmes », pouvait-on lire en arabe sur une pancarte écrite à la main lors d’une manifestation lundi d’enfants à Khartoum, la capitale du pays sous contrôle de l’armée.
Le conflit, qui a fait des dizaines de milliers de morts et près de 12 millions de déplacés, selon l’ONU, se joue sur fond de rivalités régionales.
Les FSR ont reçu armes et drones des Émirats arabes unis, d’après des rapports de l’ONU, tandis que l’armée bénéficie de l’appui de l’Égypte, de l’Arabie saoudite, de l’Iran et de la Turquie, selon des observateurs. Tous nient leur implication.
Après 18 mois de siège, les FSR ont pris le 26 mai El-Facher, dernière grande ville du Darfour (ouest) qui échappait encore à leur contrôle. Rien qu’à El-Facher et les localités environnantes, Acled recense 2176 morts pour le seul mois d’octobre, dont 1385 civils. L’ONG prévient que ce bilan pourrait évoluer dans les semaines à venir en raison des difficultés de communication liées à la situation. Selon d’autres sources liées au pouvoir pro-armée, plus de 2000 civils ont été tués dans la ville fin octobre.

