Bénin : un mandat d’arrêt international émis contre Kemi Seba

DAKAR, 13 DECEMBRE 2025(JVFE)-La CRIET a émis un mandat d’arrêt international visant l’activiste panafricaniste Kemi Seba. Recherché pour plusieurs infractions liées à la sûreté de l’État, il est désormais signalé à Interpol.

Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, né le 9 décembre 1981 à Strasbourg (France), est un militant suprémaciste noir et panafricaniste béninois. Également né français, il est déchu de cette nationalité en 2024.

Initialement membre de la branche francophone de Nation of Islam, Kémi Séba se fait connaître en France en tant que fondateur ou porte-parole de plusieurs groupuscules, notamment la « Tribu Ka », réservée exclusivement aux personnes noires, dissoute par décret pour incitation à la haine raciale, et le Mouvement des damnés de l’impérialisme, associant des militants panafricanistes avec des néonazis et des islamistes radicaux.

Il est considéré comme un suprémaciste noir ainsi qu’un militant racialiste et antisémite. Il est aussi un admirateur de la Russie de Vladimir Poutine. En collaboration avec des groupes identitaires d’extrême droite, il prône un projet mondial de séparation des races.

Il s’installe ensuite en février 2011 au Sénégal, où il poursuit son militantisme politique, d’abord en tant que chroniqueur politique sur la première chaîne de télévision privée du Sénégal, à savoir la 2sTV. Cette nouvelle activité lui assure une nouvelle popularité au sein de l’Afrique francophone.

Il mène à partir de l’année 2017, à la tête de son organisation Urgences panafricanistes, une lutte contre le « néocolonialisme français ». Il dénonce le franc CFA et le manque de souveraineté monétaire qui touche les pays utilisant cette devise, à travers des manifestations politiques dans l’ensemble des pays d’Afrique francophone. La même année, il est expulsé du Sénégal et s’installe au Bénin.

En 2025, Kémi Séba exprime son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2026 au Bénin.

Dimanche matin, au moment où des mutins affirmaient à la télévision avoir renversé le président béninois Patrice Talon, Kemi Seba avait salué dans une vidéo “le jour de la libération” de son pays. Depuis, Kemi Seba est poursuivi pour “apologie de crimes contre la sûreté de l’État et incitation à la rébellion”, a indiqué vendredi 12 décembre une source judiciaire béninoise à l’AFP.

Une source au sein de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) qui a émis le mandat précise qu’il est international.

Ce vendredi, on ignorait dans quel pays se trouvait Kemi Seba.

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) du Benin a délivré un mandat d’arrêt international contre Kemi Seba, figure connue du militantisme panafricaniste. Selon les autorités judiciaires, il est poursuivi pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État », « incitation à la violence » et « incitation à la rébellion ».

L’alerte lancée à Interpol ouvre la voie à une possible arrestation et extradition de Kemi Seba vers le Bénin. De son côté, le gouvernement du président Patrice Talon affirme poursuivre sans relâche les auteurs, co-auteurs et soutiens de la tentative de renversement de l’ordre constitutionnel.

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