DAKAR, 14 DECEMBRE 2025(JVFE)–Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) se réunissent dimanche 14 décembre à Abuja pour leur 68e sommet ordinaire, dans un contexte régional marqué par un coup d’État en Guinée-Bissau, une tentative de putsch au Bénin et la rupture du dialogue avec l’Alliance des États du Sahel (AES).
Les chefs d’État de la CEDEAO se réunissent à Abuja face à des crises majeures, notamment un coup d’État en Guinée-Bissau et une tentative déjouée au Bénin, remettant en cause la crédibilité de l’organisation, qui doit aussi gérer la rupture avec l’Alliance des États du Sahel (AES) (Mali, Burkina Faso, Niger). Ces sommets testent la capacité de la CEDEAO à maintenir l’ordre constitutionnel, à traiter les défis sécuritaires et à consolider son unité face à la fragmentation régionale, avec des discussions cruciales sur les crises politiques et sécuritaires en cours.
Contexte et Enjeux du Sommet
- Crises sécuritaires et politiques : La région est marquée par des changements anticonstitutionnels de gouvernement, le terrorisme et l’instabilité.
- Guinnée Bissau : Un coup d’État militaire a renversé le président en novembre 2025, avec des tentatives infructueuses de la CEDEAO pour restaurer l’ordre.
- Benin :Une tentative de putsch a été déjouée, révélant des tensions politiques et sécuritaires persistantes.
- Alliance des États du Sahel (AES) : La CEDEAO est en rupture de dialogue avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, qui ont quitté l’organisation, mettant à l’épreuve son unité.
Ce que le Sommet doit Affronter
- Restaurer la crédibilité : L’organisation doit prouver sa capacité à gérer les crises et à faire respecter ses principes démocratiques.
- Gérer les divergences : Tenter d’aplanir les différends et de relancer l’intégration régionale face à la fragmentation.
- Solutions pour la Guinée-Bissau et le Bénin : Définir une stratégie face aux coups d’État et aux instabilités politiques.
- Relations avec l’AES : Examiner la situation avec les pays sahéliens qui ont quitté la CEDEAO.
En somme, le sommet d’Abuja est un moment décisif pour la CEDEAO, qui cherche à réaffirmer son rôle face à des crises multiples menaçant l’intégration ouest-africaine.
Le prochain sommet de la Cédéao à Abuja intervient dans un contexte de défis, trois semaines après le coup d’État du 26 novembre en Guinée-Bissau, qui a renversé le président Umaro Sissoco Embalo. À la veille de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre, le général Horta N’Tam, chef d’état-major de l’armée, a instauré une transition d’un an sous la houlette du Haut Commandement militaire. L’ancien président a quitté le pays tandis que l’opposant Domingos Simões Pereira demeure détenu et le candidat Fernando Dias da Costa est réfugié à l’ambassade du Nigeria.
Début décembre, le président sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de la Cédéao, s’était rendu à Bissau pour tenter de rétablir l’ordre constitutionnel et obtenir la libération des hommes politiques détenus, sans résultat. Les putschistes justifient leur action par la nécessité de « sauver le pays d’une crise politique imminente ».
Au Bénin, une tentative de coup d’État a été déjouée le 7 décembre. Le lieutenant-colonel Tigri Pascal, commandant des forces spéciales de la garde républicaine, avait brièvement pris le contrôle de la télévision nationale ORTB et annoncé la destitution du président Patrice Talon. Les forces loyalistes, appuyées par le Nigéria, ont rétabli l’ordre. La Cédéao a dépêché sa force régionale pour sécuriser le pays. Le meneur des putschistes demeure en fuite.
Cette crise intervient à quelques mois de la présidentielle béninoise de 2026, à laquelle le président Talon avait annoncé ne pas participer après deux mandats. L’opposition, Les Démocrates dont le leader est en prison, a décidé de ne participera pas au scrutin, ravivant les tensions politiques dans le pays. Le camp présidentiel a désigné Romuald Wadagni, ministre de l’Économie et des Finances, comme candidat.
Le sommet d’Abuja se tient également dans un contexte de rupture du dialogue entre la Cédéao et l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger). Fin novembre, les ministres des Affaires étrangères de l’AES ont exprimé leur déception face à l’absence de suivi de la Cédéao, alors que les deux parties avaient amorcé un rapprochement en mai 2024 à Bamako.
Face à ces crises multiples, le sommet devra statuer sur la gestion des situations bissau-guinéenne et béninoise, ainsi que sur les relations avec les pays de l’AES, représentant un test crucial pour la crédibilité de l’organisation ouest-africaine.
La Rédaction JVFE
