Rapport sur la dette internationale:l’Afrique subsaharienne est appelée à diversifier leurs exportations

Dakar, 30 décembre 2025 (JVFE)-Le rapport 2025 de la Banque Mondiale, notamment ses Perspectives économiques mondiales (GEP)souligne un ralentissement de la croissance mondiale à environ 2,3 % en 2025, en raison de barrières commerciales accrues et d’incertitudes politiques, tout en proposant des réformes pour les économies à faible revenu, avec des rapports régionaux (Afrique, Bénin) notant une croissance robuste mais des défis d’emploi. Le rapport annuel 2025 détaille aussi des financements record pour l’Afrique et de nouveaux programmes de défis mondiaux (énergie, santé, numérisation) lancés durant l’exercice. 

Points clés du rapport 2025

  • Croissance Mondiale : Projections de ralentissement (2,3 % en 2025), avec des risques liés au commerce et à la politique, nécessitant des réformes structurelles.
  • Afrique Subsaharienne : Croissance attendue à 3,8 % en 2025, avec un appel à un modèle de croissance basé sur les PME pour créer des emplois productifs.
  • Afrique (Groupe Afrique II) : Pic de portefeuille de 41,4 milliards USD en exercice 2025, avec une accélération des décaissements.
  • Bénin : Prévisions de croissance de 7,1 % pour 2025-2027, insistant sur la mobilisation des recettes fiscales et la protection des pauvres.
  • Programmes Stratégiques : Lancement de programmes de défis mondiaux (énergie, numérisation, sécurité alimentaire, etc.) pour répondre aux besoins.
  • Rapport Annuel 2025 : Présente les activités du Groupe de la Banque, avec des financements BIRD/IDA en hausse

Selon le Rapport sur la dette internationale 2025, l’Afrique subsaharienne fait figure d’exception : le niveau d’endettement et le coût du service de la dette y ont progressé tout au long de l’année 2024, dans un contexte de faible croissance du PIB. Cette hausse est due à des financements publics contracycliques plutôt qu’à des investissements. Le rapport souligne que le fardeau de la dette extérieure du Nigeria et d’autres pays de la région a continué de s’alourdir malgré une croissance atone.

La Banque mondiale a constaté qu’après la pandémie de Covid-19, l’Afrique subsaharienne s’était démarquée des autres régions, avec une augmentation annuelle de son encours de dette extérieure alors même que la production restait en retrait, conformément aux tendances régionales observées entre 2015 et 2024.

« L’Afrique subsaharienne constitue une exception : le niveau d’endettement et le coût du service de la dette ont continué d’augmenter malgré une croissance toujours faible, ce qui souligne des tensions budgétaires persistantes », indique le rapport. Les corrélations négatives entre la croissance du Pib et l’accumulation de la dette se sont accentuées en Afrique subsaharienne entre 2020 et 2024, 64% des pays à revenu faible et intermédiaire (PRFI) présentant cette tendance à l’échelle du continent.

Le rapport souligne que le niveau élevé de la dette amplifie les vulnérabilités de l’Afrique subsaharienne, pénalisant les investissements dans la santé, l’éducation et les infrastructures, tout en contribuant à l’insécurité nutritionnelle et à la faiblesse des institutions.

« Un lourd fardeau de la dette extérieure est également associé à une fragilité systémique plus large, car les pays aux institutions plus faibles… sont confrontés à une vulnérabilité accrue », prévient l’analyse. La croissance des PRFI devrait chuter à 4,3% en 2025 dans un contexte de tensions commerciales.

Parallèlement, le Nigeria a levé $2,2 milliards en euro-obligations en 2024, à des taux de 9,625% et 10,375%, afin de financer son déficit budgétaire, marquant ainsi son retour sur les marchés internationaux après une année d’absence. Selon la Banque mondiale, les émissions éligibles à l’IDA, telles que l’euro-obligation de 1,5 milliard de dollars du Nigéria et du Kenya (coupon de 9,75%), témoignent d’un regain de confiance des investisseurs, mais à des taux élevés, inédits depuis la crise de 2008. Les engagements des créanciers privés des pays à revenu faible et intermédiaire s’élevaient en moyenne à 5,89% en 2024.

La Banque mondiale a averti que le Nigeria et les autres pays d’Afrique subsaharienne doivent entreprendre une diversification de leurs exportations et des réformes fiscales pour faire face à l’augmentation de leur dette.

« Le Nigeria a levé $2,2 milliards en euro-obligations pour financer son déficit budgétaire », indique le rapport, alors que les flux obligataires en Afrique subsaharienne ont bondi de 55,6% pour atteindre $27,7 milliards. Cependant, les remboursements de principal représentent une charge importante, en hausse de 87,5% pour les PRI d’ici 2026. La Banque mondiale a noté que le Nigeria affichait l’un des plus importants excédents de la balance des paiements courants d’Afrique en 2024, au même titre que Djibouti et l’Angola, à contre-courant des déficits des PRI, mais se retrouve toutefois dans le même groupe que des pays à haut risque comme le Kenya, le Mozambique et la Zambie. « En 2024, 23 pays à revenu faible ou intermédiaire affichaient des excédents de leur balance des paiements courants. Les plus importants se situaient en Afrique (Djibouti, Nigéria et Angola), suivis de plusieurs pays d’Europe et d’Asie centrale (Azerbaïdjan et Tadjikistan) », souligne le rapport.

Alors que le Nigéria est doté de nombreux atouts permettant une forte intégration aux chaînes de valeur mondiales, tels que les produits de l’agriculture, la pêche ou encore les amples réserves de ressources naturelles dont il dispose, une part importante de ce potentiel demeure encore inexploitée.

Ce dernier indique que le Nigeria figure parmi les principaux emprunteurs éligibles à l’Association internationale de développement (IDA), bénéficiant de financements de la Banque mondiale au même titre que le Bangladesh, le Kenya et le Pakistan.

La Banque mondiale révèle que le Nigeria a été l’un des principaux bénéficiaires de l’afflux record de crédits accordés par les créanciers multilatéraux, qui a atteint $36 milliards en 2024, soit une hausse de 30,4% sur la période. Les créanciers multilatéraux ont continué d’apporter le plus de soutien aux pays à revenu faible et
intermédiaire (PRFI), bien qu’à un rythme nettement plus lent après l’aide sans précédent fournie pendant la pandémie de Covid-19. Ils ont enregistré des entrées nettes de dette de $70,1 milliards en 2024. Ces flux nets ont diminué de 5,1% en 2024 et représentaient 48,5 % des entrées nettes de dette à long terme vers les PRFI.

Malgré cette baisse globale, les flux nets de la Banque mondiale (prêts de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et de l’Association internationale de développement) ont atteint un niveau record de 36 milliards de dollars américains, soit une hausse de 30,4% en 2024.

Ils représentaient 51,3% des flux nets des institutions multilatérales. Le Bangladesh, le Kenya, le Nigéria, les Philippines et l’Ukraine ont été les principaux bénéficiaires de ces fonds. Le deuxième plus important flux net de dette en volume en 2024 provenait de l’Union européenne, à hauteur de $15,5 milliards, principalement en raison du soutien apporté à l’Ukraine, indique le rapport.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *