Taïwan:Dakar et Pékin, sur la même ligne

DAKAR, 02 janvier 2026(JVFE)-Au Sénégal, il a été confirmé que les autorités voyaient en Taïwan, une partie indéfectible de la Chine. C’est en tout cas ce que le gouvernement a annoncé à l’occasion d’un entretien accordé à l’agence de presse Xinhua. Une position assumée et sans ambiguité, qui arrive quelques heures seulement après les propos de Xi Jinping à ce sujet.

Oui, le Sénégal réaffirme sa position de soutenir le principe d’une seule Chine, considérant Taïwan comme une partie inaliénable de la Chine, une déclaration faite via Xinhua suite aux propos de Xi Jinping, renforçant ainsi sa coopération diplomatique et économique avec Pékin, un alignement stratégique pour des raisons d’opportunités économiques et de poids géopolitique (ONU). Cette position s’inscrit dans la continuité de l’histoire diplomatique sino-sénégalaise, marquée par une rupture en 1996 suite à une brève reconnaissance de Taïwan, avant un retour à la normale en 2005. 

Contexte et signification de la déclaration sénégalaise :

  • Réaffirmation de la politique « Une seule Chine » : Dakar adhère à la position de Pékin qui considère Taïwan comme une province rebelle et non comme un État souverain, une ligne directrice de la politique étrangère chinoise.
  • Alignement avec la Chine : La déclaration coïncide avec des messages de Xi Jinping, soulignant l’alignement du Sénégal avec les positions chinoises sur des questions internationales clés.
  • Intérêts économiques et stratégiques : Le Sénégal cherche à maximiser sa coopération avec la Chine, un partenaire économique majeur offrant des investissements (infrastructures) et un accès à un marché immense, renforçant son rôle de hub commercial en Afrique de l’Ouest.
  • Ambitions diplomatiques : Soutenir la Chine aide Dakar dans ses aspirations diplomatiques, comme l’obtention d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, où la Chine dispose d’un droit de veto. 

Historique des relations sino-sénégalaises :

  • Rupture de 1996 : Le Sénégal avait brièvement renoué avec Taïwan, provoquant une rupture diplomatique immédiate avec la Chine, qui considère toute reconnaissance de Taïwan comme une atteinte à son intégrité.
  • Rétablissement en 2005 : Les relations diplomatiques ont été rétablies dix ans plus tard, marquant un retour à la politique d’une seule Chine, décision motivée par des raisons économiques et des ambitions politiques. 

En bref, la déclaration sénégalaise est une décision stratégique alignée sur les intérêts nationaux, renforçant son partenariat avec la Chine et consolidant sa position sur la scène internationale.

En effet, le président chinois, lors de ses voeux, a assuré que la réunification de la Chine n’était pas optionnelle. Celle-ci devra arriver. Une manière d’accentuer la pression sur Taïwan, après deux jours d’exercices militaires intenses, organisés aux abords de l’île, en début de semaine dernière. 

C’est à l’occasion d’un entretien accordé à l’agence Xinhua, que le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Cheikh Niang, a rappelé l’adhésion de Dakar au principe d’une seule Chine. Tout sauf une surprise, alors que le Sénégal et la Chine ont récemment repris leurs relations diplomatiques.

Le chef de la diplomatie sénégalaise a effectivement affirmé, au cours de son entretien, que la République populaire de Chine est le seul et unique gouvernement représentant l’ensemble du territoire chinois. Et par territoire, est compris l’île de Taïwan. En d’autres termes, Dakar considère l’autorité de Xi Jinping, sur l’île comme “naturelle”.

Cette position, Dakar n’entend pas la revoir. En effet, selon Cheikh Niang, le respect du principe d’une seule Chine constitue un élément central des relations entre Dakar et Pékin. Il s’agit d’une base solide sur laquelle les deux pays souhaitent baser leurs échanges et leur coopération à venir, peu importe les enjeux ou le secteur d’activité concerné. En effet, pour Dakar, cette orientation politique commune facilite le dialogue et les échanges entre les deux entités. Pas question, donc, de remettre quoique ce soit en doute.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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