Québec : François Legault jette l’éponge après des mois de chute dans les sondages

Dakar,15 janvier 2026(JVFE)-Le premier ministre du Québec et chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a annoncé mercredi sa démission.

François Legault arrivant devant les médias rassemblés dans le hall de l’édifice Honoré-Mercier mercredi pour annoncer sa démission

Le premier ministre a convoqué la presse parlementaire à 11h à ses bureaux à Québec pour annoncer sa décision.

«Je vois bien qu’actuellement, beaucoup de Québécois souhaitent du changement, entre autres un changement de premier ministre. Pour le bien de mon parti et surtout pour le bien du Québec, j’annonce aujourd’hui que je vais quitter mon poste de premier ministre. Je vais rester en place le temps que mon parti désigne un remplaçant ou une remplaçante», a déclaré M. Legault.

« Être le premier ministre du Québec, ça a été pour moi le plus grand honneur de ma vie », a-t-il déclaré, remerciant les Québécois de lui avoir confié deux mandats majoritaires, en 2018 puis en 2022 avec une majorité encore plus forte.

Au pouvoir depuis 2018, au plus bas dans les sondages depuis des mois, François Legault jette l’éponge. Le fondateur de la Coalition avenir Québec (CAQ) a annoncé sa démission mercredi, provoquant une course à sa succession. Un nouveau premier ministre dirigera le Québec au plus tard à la mi-avril, selon nos informations. JVFE  vous entraîne dans les coulisses de la décision de François Legault.

C’est avec cette question que le premier ministre François Legault a consulté ses proches durant le temps des Fêtes, une période propice à la réflexion.

Plusieurs personnes de confiance lui ont donné leur avis, en toute franchise et sans détour : les Québécois ont de l’estime pour toi, mais ils souhaitent que tu passes le flambeau à une nouvelle génération.

Doyen de l’Assemblée nationale, au pouvoir depuis 2018, François Legault a 68 ans et arrive au terme de son deuxième mandat.

Ces avis ont pesé lourd dans la balance. Pendant la proverbiale marche dans la neige, le premier ministre a soupesé le risque qu’il se retrouve lui-même au centre de la « question de l’urne » lors des élections générales de l’automne. Souhaitez-vous que François Legault reste premier ministre ou non ? Il ne voulait pas que le scrutin se transforme en référendum sur sa personne. Il ne voulait pas devenir une distraction alors que des enjeux de fond se posent, surtout que le Parti québécois, en tête dans les sondages, a pour priorité la tenue d’un référendum sur la souveraineté. Il est arrivé à la conclusion qu’il valait mieux partir.

L’ex-PDG d’Air Transat a convoqué son plus important conseil d’administration, sa famille : sa femme, Isabelle Brais, et ses deux fils. Au départ, Isabelle Brais était plutôt d’avis que son mari pouvait encore tenter le coup. Elle tenait à ce qu’il fonde sa décision sur son désir personnel, et non pas seulement sur la base des sondages ou des opinions de l’industrie du commentaire politique.

Sa démission fut en définitive, dit-on, « une décision familiale pleinement assumée », prise en tout début d’année.

François Legault a pris acte qu’il ne parvient pas à renverser la volonté de changement des Québécois malgré ses efforts des derniers mois.

Il a fait part de sa décision lundi à son directeur de cabinet et fidèle compagnon d’armes, Martin Koskinen, et à sa directrice adjointe Claude Laflamme, qui a travaillé sous sa gouverne chez Air Transat. Puis, mardi, il a avisé son directeur de la planification stratégique et rédacteur de discours, Stéphane Gobeil, en voyage au Costa Rica.

D’autres membres de son entourage ont appris sa décision mercredi matin seulement, comme la directrice générale de la CAQ, Brigitte Legault, qui a reçu un appel de son chef.

Même s’ils n’avaient pas été avisés au préalable, de nombreux caquistes, députés et ministres, anticipaient ce départ après l’envoi inattendu d’une convocation de la part de M. Legault à 9 h 45 pour un point de presse à 11 h mercredi à ses bureaux de Québec. C’était le jour de la réunion, virtuelle, du Conseil des ministres, la première depuis la pause des Fêtes. Des signaux laissaient deviner une annonce majeure, puisque les chefs de cabinet avaient déjà été invités à un souper à Québec mercredi, avec Martin Koskinen et Claude Laflamme. La Presse a pu annoncer sa démission à 10 h 26, sur la foi de sources sûres.

Une demi-heure plus tard, François Legault a descendu les marches de l’édifice Honoré-Mercier, accompagné de sa femme et de Martin Koskinen, afin de s’adresser à la presse parlementaire.

Il reste en poste jusqu’à la nomination de son successeur.

Curieux hasard historique : il y a 25 ans presque jour pour jour, un autre premier ministre annonçait sa démission, Lucien Bouchard, celui qui avait ouvert les portes de la politique à François Legault en 1998.

L’appui de la population dégringole

L’été dernier, le premier ministre avait entamé, pour la première fois, une réflexion sur son avenir politique. Il avait finalement décidé de jouer le tout pour le tout avec un remaniement ministériel, un virage à droite et un gros menu législatif pour l’automne. Il était convenu, dit-on, qu’il fasse le point avec ses proches durant le temps des Fêtes.

Dans une tournée d’entrevues en fin d’année, François Legault martelait qu’il allait rester en poste et se représenter aux élections de 2026. Il faut comprendre qu’il ne pouvait émettre de doute à ce sujet sans affaiblir son leadership. Auparavant, il avait déjà affirmé que deux conditions devaient être réunies pour qu’il demeure à la barre : la santé et l’appui de la population.

Or, après avoir connu les plus hauts sommets dans les sondages, surtout lors de son premier mandat marqué par la pandémie de COVID-19, la CAQ atteint les bas-fonds. Elle risque même d’être rayée de la carte aux prochaines élections. L’automne dernier, un sondage SOM–La Presse montrait que les trois quarts des Québécois jugent que François Legault devrait partir avant les élections générales de l’automne 2026. Encore mercredi, un coup de sonde de la firme Pallas Data place la CAQ en quatrième position, à égalité avec Québec solidaire et derrière le Parti conservateur du Québec. La CAQ chute à 11 % des intentions de vote, une glissade amorcée dès 2023.

La tentative de François Legault de relancer son parti l’automne dernier n’a donc pas fait bouger l’aiguille des sondeurs en sa faveur.

Un nouveau premier ministre d’ici trois mois

Au cours de la session d’automne, plusieurs députés caquistes ont claqué la porte du caucus pour siéger comme indépendants, en raison de plusieurs conflits avec le premier ministre.

Malgré les derniers mois plus difficiles, François Legault a tenu à défendre son bilan lors de son annonce. Il s’est notamment dit fier d’avoir réduit l’écart de richesse entre le Québec et le reste du Canada, avoir fait changer le mode de rémunération des médecins de famille, l’augmentation des investissements des entreprises dans la province ainsi que la mise en place du programme pour embaucher 10 000 préposés aux bénéficiaires pendant la pandémie.

D’ailleurs, François Legault a expliqué sa démission par son désir de voir la prochaine campagne électorale se concentrer sur les importants enjeux qui touchent le Québec, dont la transformation de l’économie québécoise en raison du conflit commercial avec les États-Unis, plutôt que sur «une simple volonté de changement».

La Rédaction

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