DAKAR, 10 février 2026(JVFE)-La scène judiciaire malienne vient de connaître un dénouement majeur ce lundi 9 février 2026. La Cour d’appel de Bamako, siégeant en audience solennelle, a rendu son délibéré concernant le dossier impliquant l’ancien chef du gouvernement, Moussa Mara.
Les magistrats ont choisi de maintenir la sentence prononcée initialement en première instance, infligeant ainsi à l’homme politique une peine de deux ans d’emprisonnement. Ce verdict se décompose en une année de détention effective (ferme) et une année assortie d’un sursis, marquant ainsi l’épuisement des voies de recours ordinaires pour l’ancien Premier ministre.
En détention depuis le 1ᵉʳ août, Moussa Mara avait été condamné, fin-octobre, à deux ans de prison dont un ferme, et à une amende de 500 000 francs CFA, pour « atteinte au crédit de l’État » et « opposition à l’autorité légitime ».
En cause : un message publié sur les réseaux sociaux dans lequel Moussa Mara déclarait vouloir se « battre par tous les moyens » pour que le « soleil » succède à « la nuit ». La Cour d’appel a rendu son délibéré ce lundi matin, et ne s’est pas montrée moins sévère.
L’arrêt de la Cour d’appel met un terme à une procédure judiciaire qui tenait en haleine les observateurs de la vie publique depuis plusieurs mois.
En confirmant la culpabilité de l’ex-dirigeant, la justice malienne envoie un signal fort sur l’impartialité des institutions et le suivi rigoureux des dossiers de gouvernance. Cette décision s’appuie sur un examen minutieux des charges retenues, consolidant ainsi la jurisprudence en matière de responsabilité des hauts commis de l’État. Moussa Mara, figure centrale de l’échiquier politique malien, voit ses perspectives immédiates s’assombrir alors que le pays observe de près le fonctionnement de son appareil judiciaire.
Sur le plan national, cette condamnation définitive suscite de vives réactions au sein de la classe politique et de la société civile. Elle illustre une tendance croissante où le statut passé ne constitue plus un bouclier contre les poursuites judiciaires. Au-delà du cas individuel, ce procès est perçu par de nombreux experts comme un test de maturité pour l’État de droit au Mali..
Le collectif des avocats de Moussa Mara, conduit par Maître Mountaga Tall, estime qu’aucun élément ne vient étayer la commission d’aucun délit, et considère cette décision de justice comme une atteinte à la liberté d’expression.
La Rédaction © JVFE

