Le cinquième cycle de pourparlers sur le nucléaire iranien entre l’Iran et les États-Unis s’est achevé vendredi 23 mai à Rome avec quelques “progrès” mais “non concluants” selon le chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Boussaidi. Il a été “constructif” selon Washington, Téhéran parlant d’un échange “professionnel” mais de discussions “compliquées“.
La délégation iranienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi (gauche), arrive pour le cinquième cycle de négociations avec la délégation américaine à l’ambassade d’Oman à Rome, en Italie, le 23 mai.
Le cinquième cycle de négociations entre l’Iran et les États-Unis s’est achevé aujourd’hui à Rome avec des progrès limités mais non concluants“, a écrit le médiateur omanais qui facilite les pourparlers, sur le réseau social X. “Nous espérons clarifier les questions en suspens dans les prochains jours, afin de progresser vers l’objectif commun de parvenir à un accord durable“, a écrit le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Boussaidi, dans un message sur X.
Un véhicule transportant des délégations quitte l’ambassade d’Oman, où se tient un cinquième cycle de négociations nucléaires entre l’Iran et les États-Unis, à Rome, le 23 mai 2025.
Téhéran et Washington ont entamé le 12 avril des discussions sur l’épineux dossier du programme nucléaire iranien.

Un véhicule transportant des délégations quitte l’ambassade d’Oman, où se tient un cinquième cycle de négociations nucléaires entre l’Iran et les États-Unis, à Rome, le 23 mai 2025.
Les discussions, qui se sont tenues vendredi 23 mai à l’ambassade d’Oman en Italie, ont duré plus de trois heures. Elles ont été menées par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, et l’émissaire de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff. Oman a joué le rôle de médiateur indirect tout au long des négociations.
Les médias italiens ont rapporté que les tensions actuelles entre les deux pays étaient centrées sur l’enrichissement de l’uranium. L’administration Trump a réitéré sa demande à l’Iran de mettre fin à toutes les activités d’enrichissement de l’uranium, mais Téhéran a rejeté la notion d'”enrichissement zéro” et a exigé la levée des sanctions économiques.
“Les discussions continuent d’être constructives – nous avons fait des progrès supplémentaires, mais il reste encore du travail à faire“, a déclaré un haut responsable américain sous le couvert de l’anonymat, en ajoutant que “les deux parties sont convenues de se rencontrer à nouveau dans un avenir proche“.
De son côté, M. Araghchi a parlé de négociations “tellement compliquées qu’elles ne peuvent se régler en deux ou trois réunions“. Il a cependant qualifié les échanges vendredi 23 mai avec Washington de très “professionnels“.
Ces pourparlers représentent le plus haut niveau d’engagement entre les deux pays depuis le retrait unilatéral en 2018 par les États-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu trois ans plus tôt à Vienne.
Les États-Unis et l’Iran ont entamé, le 23 mai 2025 à Rome, leur cinquième cycle de négociations sur le programme nucléaire iranien. Organisées dans un climat diplomatique tendu, ces discussions portent principalement sur l’enrichissement de l’uranium, une question centrale qui conditionne tout accord futur. Le médiateur omanais, Badr al-Busaidi, conduit ces pourparlers, réunissant des émissaires américains comme Steve Witkoff et Michael Anton, et l’équipe iranienne menée par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
Les États-Unis, à travers plusieurs déclarations officielles, dont celle du président Donald Trump, insistent sur l’arrêt total de l’enrichissement d’uranium en Iran. Cette position s’est durcie ces derniers mois, poussant les négociateurs américains à considérer tout maintien de cette activité comme incompatible avec une levée des sanctions. La porte-parole du Département d’État, Tammy Bruce, a déclaré : « Nous croyons en la réussite des négociations, mais cela exige la fin de toute forme d’enrichissement. »
L’Iran, de son côté, considère l’enrichissement comme un droit souverain. Abbas Araghchi a été catégorique sur X (anciennement Twitter) : « Pas d’enrichissement = pas d’accord. » Cette position rappelle l’échec du projet de swap de combustible nucléaire proposé en 2010, déjà refusé par Téhéran à cause du transfert hors du territoire national.
Tableau : Évolution des positions sur l’enrichissement
| Partie | Position en 2023 | Position actuelle (2025) | Exigence centrale |
| États-Unis | Enrichissement limité | Interdiction totale | Aucun enrichissement autorisé |
| Iran | 3.67 % autorisé | Maintien sur place | Souveraineté nucléaire |
| Médiation omanaise | Neutre | Facilitation d’un consensus régional | Accord multilatéral régionalisé |
Donald Trump a réaffirmé sa volonté de recourir à des frappes ciblées sur les installations nucléaires iraniennes si aucun accord n’émerge. Cette perspective militaire, soutenue par Israël, renforce les tensions régionales. De son côté, l’Iran a averti qu’il prendrait des « mesures spéciales » pour défendre ses installations, notamment son site souterrain de Fordo, protégé en profondeur contre d’éventuelles frappes.
Tel-Aviv menace depuis plusieurs semaines d’intervenir unilatéralement, accusant l’Iran d’approcher un seuil critique pour la fabrication d’une bombe. L’Iran a prévenu qu’en cas d’attaque, les États-Unis seraient considérés comme complices, une rhétorique qui alourdit la diplomatie.
Le rial iranien a franchi la barre symbolique du million pour un dollar en avril 2025, avant de légèrement se stabiliser avec la reprise des négociations. Cette dévaluation massive reflète l’extrême fragilité économique du pays, en proie à une inflation supérieure à 50 % selon la Banque centrale iranienne. Les sanctions ciblées, comme celles imposées sur les composés chimiques sensibles (dont le perchlorate de sodium), asphyxient les chaînes industrielles.
À cette situation économique s’ajoutent des tensions internes : protestations contre la hausse potentielle des carburants subventionnés, contestation du port obligatoire du hijab, et critiques croissantes de la jeunesse urbaine contre les élites dirigeantes.
Une proposition alternative circule parmi les négociateurs : la création d’un consortium régional d’enrichissement supervisé par l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique). Ce modèle permettrait à l’Iran d’accéder à du combustible à usage civil, sans enrichissement national. Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite ont exprimé un intérêt pour un tel mécanisme, qui renforcerait la coopération nucléaire régionale tout en rassurant les États-Unis et Israël.
Le médiateur omanais a rappelé que ces discussions « n’engagent pas encore les capitales », soulignant le caractère exploratoire de ce cycle. Néanmoins, la persistance des échanges prouve une volonté de compromis, malgré les divergences structurelles.
Les discussions de Rome s’inscrivent dans un contexte marqué par l’érosion de l’»Axe de la résistance », cher à Téhéran. L’affaiblissement du régime syrien, les frappes israéliennes contre des positions chiites en Irak, et les revers subis par les milices houthies au Yémen isolent davantage l’Iran. Un accord avec les États-Unis offrirait à la République islamique une bouffée d’oxygène diplomatique, susceptible de modifier profondément l’équilibre stratégique au Moyen-Orient.

