Algérie-Niger: reprise des relations, les ambassadeurs de retour à leur poste

 DAKAR, 13 février 2026(JVFE)-Après dix mois de gel diplomatique, les relations entre Alger et Niamey connaissent un tournant décisif ce 13 février 2026

Voici les points clés de cette normalisation :

  • Retour des ambassadeurs : L’ambassadeur du Niger a repris ses fonctions à Alger ce jeudi 12 février 2026. En réponse, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné le retour immédiat de l’ambassadeur d’Algérie à Niamey.
  • Origine de la crise : La rupture datait d’avril 2025, après que l’Algérie a abattu un drone malien (Bayraktar Akıncı) près de la frontière à Tin Zaouatine. Par solidarité au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Niger et le Burkina Faso avaient rappelé leurs représentants en même temps que le Mali.
  • Signes précurseurs : Ce réchauffement a été amorcé fin janvier 2026 par une relance de la coopération énergétique lors d’une visite du ministre algérien de l’Énergie à Niamey. 

Pour rappel,les relations entre Alger et Niamey s’étaient dégradées en avril 2025 quand Alger avait annoncé avoir abattu un drone malien.

Si la situation s’apaise avec le Niger, les relations avec le Mali restent plus complexes, Bamako ayant saisi le Conseil de sécurité de l’ONU suite à l’incident du drone.

Les trois pays de l’AES avaient alors rappelé leurs ambassadeurs pour consultations. L’Algérie avait aussi retiré ses représentants. Avec Niamey, l’heure est donc désormais au réchauffement.

Les relations avec Bamako sont exacerbées par plusieurs facteurs clés :

  • Incident diplomatique : Le Mali a porté plainte contre l’Algérie, accusée d’avoir abattu un drone malien à la frontière (région de Tinzaoutène) en avril 2025.
  • Contexte sécuritaire : La présence de groupes armés non étatiques et l’insécurité chronique, notamment au Nord et dans le centre, paralysent l’économie et entravent l’action de l’État.
  • Transition politique : Le gouvernement de transition militaire, au pouvoir depuis 2020, fait face à des défis internes majeurs, sans calendrier précis pour le retour à l’ordre constitutionnel. 

En parallèle, la situation sécuritaire se caractérise par des violences fréquentes, des vols à main armée et des barrages routiers qui compliquent la circulation. 

Ces derniers temps, les deux voisins ont affiché plusieurs signes de détente. La semaine dernière, devant la presse nationale, Abdelmadjid Tebboune a convié Abdourahamane Tiani à une visite officielle à Alger. Fin janvier, une importante délégation algérienne s’était rendue à Niamey, conduite par le ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab. Ils avaient notamment abordé les projets du champ pétrolier de Kafra, dans le nord du Niger, et celui du gazoduc transsaharien.

Si la reprise des relations est effective côté nigérien, elles sont toujours glaciales entre Bamako et Alger. Les autorités maliennes de transition accusent l’Algérie de s’ingérer dans les affaires maliennes et de soutenir les groupes « terroristes ».

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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