DAKAR, 13 février 2026(JVFE)-La situation reste extrêmement tendue à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD).
Suite aux affrontements violents du début de semaine, la garde à vue de trois responsables d’organisations étudiantes a effectivement été prolongée par la Sûreté Urbaine.
Voici les points essentiels à retenir :
- Identité des concernés : Il s’agit de responsables d’amicales ou d’organisations de faculté interpellés après les troubles survenus sur le campus.
- Action de protestation : En signe de contestation contre leur détention, ces trois étudiants ont entamé une grève de la faim, refusant de s’alimenter en cellule.
- Contexte de la crise : Les tensions ont atteint un point critique le 9 février 2026 avec le décès d’un étudiant de la faculté de médecine lors d’interventions policières sur le campus social.
- Mesures administratives : En réponse à l’escalade de la violence, les autorités universitaires ont annoncé la suspension des amicales étudiantes jusqu’à nouvel ordre.
Alors que de nombreux autres étudiants(109) interpellés ont été progressivement libérés, le cas de ces trois leaders reste au cœur des revendications syndicales.
Pour rappel,le gouvernement sénégalais a ordonné, mardi 10 février, la fermeture de la cité universitaire d’une grande université de Dakar, au lendemain de la mort d’un étudiant en médecine lors de heurts avec la police, un décès qui a suscité la stupeur dans la communauté universitaire.
Dans un communiqué publié mardi, la porte-parole du gouvernement sénégalais, Marie-Rose Khady Fatou Faye, a fait état d’« événements graves survenus le lundi 9 février 2026 à l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar » ayant conduit « au décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, inscrit en deuxième année de licence en médecine ».
« Ce qui s’est passé hier [lundi] constitue une tragédie », a déclaré de son côté le ministre de l’intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé. « Il y a eu des actes de violence qu’on a constaté de part et d’autre, et des actes qu’on a vus émanant des forces de défense et de sécurité. En tant que supérieur [hiérarchique], c’est des actes que je ne peux pas cautionner », a-t-il affirmé, annonçant l’ouverture d’une enquête.
Le ministre affirme notamment que des renseignements faisaient état d’un projet de destruction du restaurant universitaire. « Des informations précises indiquent que certaines personnes envisageaient d’attaquer les infrastructures du campus social », a-t-il expliqué, évoquant des tentatives d’assaut ciblées tôt le matin des événements.
Me Bamba Cissé a conclu en soutenant que la présence des forces de l’ordre visait exclusivement la protection de biens publics appartenant à l’ensemble des Sénégalais, et non l’entrave aux libertés académiques.
Pour Me Bamba Cissé, l’université doit impérativement rester un espace de savoir. Le ministre a rappelé sa position de principe sur la vocation de l’institution : « L’université doit restera un lieu d’apprentissage, de dialogue et de construction, pas un espace de violence ni de peur », a-t-il insisté, tout en reconnaissant le choc et l’indignation suscités par ce drame. Il a également annoncé l’ouverture d’une enquête pour établir les circonstances exactes du décès : « Toute la lumière sera faite sur ces incidents », a-t-il assuré.
Les auditions se sont achevées mercredi 11 février en fin de journée. Tous les interpellés ont été relâchés, sauf trois. Un maintien en garde à vue que la police justifie par des soupçons de « troubles à l’ordre public, participation à une manifestation non déclarée, destruction de biens publics et privés, actes de vandalisme et de violence ».
La reprise des cours est annoncée par les autorités académiques et administratives pour la semaine prochaine.
Le collectif des amicales des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a invité ses membres à retourner dans les amphithéâtres.
Le collectif a rejeté l’offre faite d’allouer une enveloppe globale de 3,8 milliards de FCfa sous forme de donation se traduisant par un versement de 115.000 FCfa par étudiant.
Au nom du collectif, Mbaye Bitéye, exige de l’État sénégalais, le paiement intégral des bourses. « Il nous doit 515.000 FCfa. Avant de faire une donation, il faut payer la dette qu’il considère comme étant légitime », a martelé le porte-parole du jour des étudiants de l’Ucad en faisant comprendre que les étudiants issus majoritairement de familles modestes ne demandent pas « la charité, mais l’application et le respect de leurs droits ».
Le collectif a également dénoncé l’attitude de la direction des bourses, qui aurait d’abord évoqué des cas de forclusion (dépassement des délais) avant de proposer une solution jugée inacceptable, le report du paiement des bourses 2024-2025 sur le budget de 2026-2027. Conscients néanmoins de la situation budgétaire du pays, les étudiants ont fait part de leurs propres contre-propositions aux autorités, à savoir un paiement échelonné incluant 300.000 FCfa en février et 215.000 FCfa en avril.
Dans la foulée, M. Bitèye a rappelé la suspension temporaire du mouvement d’humeur. Cette décision, dit-il, a été prise par « responsabilité nationale et non par faiblesse ».
Mais du côté des étudiants, la libération des trois étudiants en garde à vue est exigée avant toute reprise.
La Rédaction © JVFE

