Dakar,24 juin 2025 (jvfe)-Au Sénégal, les priorités de la Banque mondiale sont les suivantes : croissance accélérée, création de richesses, développement humain, croissance partagée, synergies milieux rural et urbain.Le Sénégal a relativement bien résisté aux multiples chocs, l’incidence de la pauvreté restant relativement inchangée à 37,5 % en 2021/2022 contre 37,8 % en 2018/2019, malgré la pandémie. Les Sénégalais pauvres restent concentrés dans les zones rurales et plus fortement dans le bassin arachidier.
- L’économie sénégalaise s’est montrée résiliente en 2023 dans un contexte de tensions politiques conjuguées à une inflation persistante quoiqu’en baisse. La croissance du PIB réel est estimée à 4,3 % – 1,5 % par habitant en 2023 – soit supérieur au taux de croissance de 3,8 % enregistré en 2022 et au-dessus des projections initiales de 4,1 %.
- Après avoir atteint un pic de 9,7 % en 2022, l’inflation a reculé à 5,9 % en 2023.
- L’ambition de consolider les finances publiques envisagée dans la loi de finances 2023 s’est matérialisée même si le déficit global a été un peu plus élevée que prévu. Le déficit du compte courant s’est considérablement amélioré, permettant ainsi d’augmenter les réserves internationales.
- Pour lutter contre l’inflation, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a relevé ses taux d’intérêt directeurs de 150 points de base cumulés depuis la mi-2022, à 3,5 % pour les appels de fonds et à 5,5 % pour la facilité de prêt marginal.
- Les perspectives restent globalement positives, avec l’engagement des autorités pour des réformes structurelles majeur et l’amélioration de la transparence, mais elles dépendent d’un solide engagement en faveur de la stabilité macroéconomique.
- Dans l’ensemble, les incertitudes nationales, régionales et mondiales sont élevées, faisant pencher les risques vers la baisse.
- Le Sénégal a relativement bien résisté aux multiples chocs, l’incidence de la pauvreté restant relativement inchangée à 37,5 % en 2021/2022 contre 37,8 % en 2018/2019, malgré la pandémie.
- Les Sénégalais pauvres restent concentrés dans les zones rurales et plus fortement dans le bassin arachidier.
- La baisse observée de la consommation par habitant a été surtout ressentie par les ménages plus aisés.
- Le taux de croissance moyen des plus pauvres a été moins négatif que celui des plus aisés, ce qui a entraîné une diminution des inégalités aux niveaux aussi bien national qu’urbain et rural.
- L’amélioration de la mobilisation des recettes domestiques est essentielle pour que le Sénégal puisse réaliser ses ambitions en matière de développement.
- La croissance et le dynamisme des recettes fiscales du Sénégal se sont régulièrement améliorés au cours de la dernière décennie, surpassant ses pairs, mais les recettes restent en deçà de leur potentiel.
- L’impôt sur le revenu des personnes physiques produit peu de recettes, et sa contribution aux recettes fiscales totales a stagné au cours de la dernière décennie en raison de l’étroitesse de l’assiette fiscale et de l’absence d’élan réformateur.
- L’accélération des réformes de l’administration fiscale et des politiques visant l’IRPP peut contribuer à stimuler les efforts de mobilisation des recettes intérieures.
Selon le COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° : 2025/094/AFW ,la Banque mondiale a approuvé un financement concessionnel de 115 millions de dollars pour soutenir les efforts du Sénégal visant à améliorer la viabilité de la dette publique, renforcer la gestion des finances publiques et accroître la mobilisation des ressources intérieures. Ce financement, par l’intermédiaire de l’Association internationale de développement (IDA), contribuera à la mise en œuvre du programme phare de réforme du gouvernement, à savoir le Programme pour la transparence dans la gestion des finances publiques et l’assainissement des finances publiques (SEN-FINTRAC) 2025-2029, qui est aligné sur la Vision 2050 du pays.
L’opération Programme de renforcement de la viabilité budgétaire du Sénégal (SEN-FISCALE), témoigne d’un partenariat solide entre le gouvernement sénégalais et la Banque mondiale visant à faire avancer des réformes budgétaires essentielles aux ambitions de développement du pays. En améliorant la manière dont les ressources publiques sont collectées, gérées et dépensées, le programme devrait contribuer à créer les conditions d’une croissance plus inclusive, d’une meilleure prestation de services et d’une plus grande résilience aux chocs économiques et climatiques, contribuant ainsi aux objectifs plus larges du Sénégal de prospérité partagée et d’opportunités élargies pour tous.
Le programme soutient les réformes dans trois domaines clés : la gestion des finances publiques (GFP), la viabilité de la dette publique et la mobilisation des ressources intérieures (MRI). Ces efforts sont étroitement alignés avec le programme de réforme plus large du gouvernement, y compris la prochaine série de financements de politiques de développement RESET (Réformes pour la stabilisation économique, la transformation et la transparence).
« Nous saluons l’engagement ferme du gouvernement en faveur de la transparence de la dette et d’une gestion efficace des finances publiques. Cette initiative soutient l’ambition du Sénégal de mettre en place un système de gestion des finances publiques plus transparent, responsable et résilient », souligne Keiko Miwa, directrice de division du Sénégal pour la Banque mondiale. En renforçant la gestion des finances publiques, en améliorant la viabilité de la dette publique et en augmentant la mobilisation des ressources intérieures, le programme aidera le gouvernement à fournir de meilleurs services publics, renforcer la confiance de la population et à jeter les bases d’une stabilité budgétaire à long terme. »
Le programme contribuera à améliorer l’efficacité et la transparence des dépenses publiques grâce au déploiement d’un système moderne de gestion financière et à l’utilisation accrue d’outils électroniques de passation des marchés. Il soutiendra également la mise en place d’un système unifié d’enregistrement de la dette et la consolidation des fonctions de la dette améliorant la transparence et la gestion de la dette. En ce qui concerne les recettes, le programme soutiendra les réformes visant à moderniser l’administration fiscale et douanière, y compris la mise en œuvre de la facturation électronique pour les contribuables de la TVA et l’introduction d’approches basées sur la performance dans les opérations douanières. Ces réformes seront soutenues par un solide programme de transformation numérique visant à améliorer le suivi en temps réel des finances publiques ainsi qu’à renforcer la gouvernance globale.
Le financement de 115 millions de dollars comprend un volet de 105 millions de dollars axé sur les résultats et un volet d’assistance technique de 10 millions de dollars destiné à soutenir la gestion du changement, la transformation numérique et le renforcement des capacités institutionnelles. Le programme s’aligne sur le prochain cadre de partenariat de la Banque mondiale avec le pays.

