ONU : Iran sanctionné pour « faute de gages suffisants » sur son programme nucléaire

Dakar,28 Septembre 2025(JVFE)-Après le feu vert du Conseil de sécurité de l’ONU, de lourdes sanctions, allant d’un embargo sur les armes à des mesures économiques, sont à nouveau en vigueur depuis samedi 20H00 heure de New York (dimanche 02H00 HB), dix ans après leur levée.

Mais Européens et Américains ont immédiatement assuré que cela ne marquait pas la fin de la diplomatie.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a appelé Téhéran à “accepter des discussions directes, en toute bonne foi”, tout en demandant à tous les États d’appliquer “immédiatement” les sanctions pour faire “pression” sur l’Iran.

Les ministres des Affaires étrangères britannique, français et allemand ont eux assuré dans un communiqué commun qu’ils continueraient à chercher “une nouvelle solution diplomatique garantissant que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire”.

En attendant, ils ont appelé Téhéran “à s’abstenir de toute action escalatoire”.

Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran est le seul pays non doté de l’arme nucléaire à enrichir l’uranium à un niveau élevé (60%), proche du seuil technique de 90% nécessaire à la fabrication de la bombe atomique.

Téhéran se défend d’avoir de telles ambitions sur le plan militaire, mais insiste sur son droit au nucléaire à des fins civiles, notamment pour produire de l’électricité.

L’accord sur le nucléaire (JCPOA) conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances plafonnait ce taux à 3,67%.

D’après l’AIEA, l’Iran dispose d’environ 440 kilos d’uranium enrichi à 60%, un stock qui, s’il était enrichi jusqu’au niveau de 90%, permettrait au pays de se doter de huit à dix bombes nucléaires, selon des experts européens.

Les sanctions de l’ONU contre l’Iran sont formellement rétablies depuis dimanche 29 septembre à 0h TU, après l’échec des négociations avec les Occidentaux, qui réclament des gages sur son programme nucléaire. Le président iranien a lui fustigé une exigence américaine de céder « tout » l’uranium enrichi.

Qui pourraient aider l’Iran dans ses programmes nucléaires ou balistiques. Et les personnes ou entités qui violeraient les dispositions pourraient voir leurs biens bloqués à l’international.

Le Parlement iranien doit débattre, dimanche 28 septembre, du maintien au sein du Traité de non-prolifération, selon un député, qui a ajouté que le Parlement pourrait également examiner la question de la fabrication de l’arme atomique. Mais la porte-parole du gouvernement a reconnu que le retour des sanctions onusiennes imposait à l’Iran une nouvelle forme de guerre qui rend la situation économique du pays encore plus difficile.

La chute de la monnaie iranienne s’est poursuivie samedi 27 septembre en atteignant un nouveau record historique. Ce samedi toujours, un dollar s’échangeait au marché noir contre environ 1,12 million de rials, un niveau record, selon plusieurs sites de suivi des changes. Les experts prévoient la poursuite de cette tendance qui devrait accentuer l’inflation qui dépasse largement les 50 %.

Des réunions au plus haut niveau se sont multipliées toute la semaine en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York pour tenter de trouver une solution diplomatique. Mais le trio européen a jugé que Téhéran n’avait pas fait les « gestes concrets ». Les Européens avaient posé trois conditions : reprise des négociations avec les États-Unis, accès des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur les sites nucléaires sensibles de Natanz, Fordo et Ispahan, bombardés en juin par Israël et les États-Unis, processus pour sécuriser le stock d’uranium enrichi.

La Russie et la Chine ont proposé vendredi 26 septembre au Conseil de sécurité de l’ONU de prolonger de six mois l’accord sur le nucléaire iranien qui expire le 18 octobre, afin de donner plus de chances à la diplomatie. Sans succès. Dans ce contexte, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé samedi les Occidentaux de « saboter » la diplomatie, répétant que pour Moscou, le rétablissement est « légalement invalide ». Il a précisé avoir envoyé un courrier en ce sens au secrétaire général de l’ONU pour lui dire que la décision du Conseil « ne peut pas être appliquée ».

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