RDC et le M23 s’accusent mutuellement d’avoir violé le cessez-le-feu,un porte-parole du M23 tué dans une attaque de drone dans l’est du pays

DAKAR, 25 février 2026(JVFE)-Un porte-parole des rebelles du M23 soutenus par le Rwanda, qui combattent dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a été tué dans une frappe de drone, ont déclaré mardi 24 février un responsable local de l’Organisation des Nations unies (ONU) et un groupe de défense des droits humains, ce qui exacerbe les tensions nées autour du conflit dans la région après que se sont enlisées les négociations pour la paix.

Willy Ngoma, un officier supérieur profondément impliqué dans les opérations du M23 dans l’est de la RDC, a été tué, selon ces sources, dans une frappe de drone avant l’aube près de la ville minière de Rubaya, dans la province du Nord-Kivu.

Le responsable local de l’ONU et un coordinateur de l’organisation de défense des droits humains travaillant dans la région se sont entretenus avec l’Associated Press (AP) sous couvert d’anonymat, craignant pour leur vie. Des habitants ont déclaré à l’AP que la frappe de drone visait une zone qui servait depuis quelques semaines d’enclave au M23.

Pour rappel,le gouvernement congolais et le groupe antigouvernemental M23 se sont mutuellement accusés vendredi d’avoir violé un cessez-le-feu proposé par l’Angola dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), qui avait été suivi d’une accalmie précaire.

Le Mouvement du 23 mars (M23) est un groupe armé rebelle actif dans l’est de la RDC, accusé de déstabiliser la région du Kivu depuis 2021 avec un soutien présumé du Rwanda. Kinshasa peine à contenir leur avancée, le groupe administrant des zones clés et entravant l’économie locale malgré des tentatives de cessez-le-feu. 

Points clés du conflit (2025-2026) :

  • Offensive et Territoires : Le M23 a étendu son influence au Nord et au Sud-Kivu, occupant des zones stratégiques.
  • Administration parallèle : Le M23 contrôle des territoires, y compris l’imposition de taxes et la gestion des frontières, paralysant l’économie locale.
  • Soutien étranger : L’ONU et des observateurs accusent le Rwanda de soutenir le M23.
  • Cessez-le-feu fragile : L’Angola a tenté de médiatiser un cessez-le-feu, mais les deux parties s’accusent mutuellement de violations, le rendant peu efficace.
  • Situation humanitaire : Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées par les combats, avec un impact désastreux sur la population civile.
  • Nouveaux moyens : Le M23 a commencé à utiliser des “drones kamikazes” dans le conflit. 

Le conflit est une crise humanitaire majeure, exacerbée par l’incapacité de l’armée congolaise (FARDC) à reprendre le contrôle de manière pérenne, dépendant parfois de milices locales (Wazalendo).

L’Angola avait proposé que le cessez-le-feu entre en vigueur mercredi, mais aucun des deux belligérants ne s’était engagé sur la date.  

L’est de la RDC, ravagé par plus de 30 ans de conflit, est en proie depuis 2021 à la résurgence du groupe armé M23, qui s’est emparé de vastes pans de territoire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avec le soutien du Rwanda et son armée.  

Le groupe armé a lancé une nouvelle offensive en décembre sur la ville d’Uvira, en pleine ratification d’un accord entre la RDC et le Rwanda sous médiation américaine, suscitant l’ire de Washington.  

L’Angola, autre médiateur du conflit dans l’est de la RDC, avait proposé à Kinshasa et au M23 de respecter un cessez-le-feu à compter de mercredi midi.  

Kinshasa avait déclaré dans la foulée en accepter « le principe », sans confirmer de date, ce à quoi le M23 avait réagi en accusant le gouvernement congolais de « manipulation ».  

Les combats ont momentanément baissé en intensité en plusieurs points de la ligne de front mercredi après-midi et jeudi, selon des sources locales et sécuritaires.  

Vendredi, l’armée congolaise a accusé dans un communiqué le M23 d’avoir « attaqué ses positions dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu » et de « torpiller le processus de paix ».  

Le M23, de son côté, a dénoncé des « violations du cessez-le-feu » par les forces de Kinshasa, dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi.  

L’AFP n’a pas été en mesure de vérifier ces allégations avec des sources indépendantes pour le moment.  

Des sources locales ont signalé vendredi à l’AFP une reprise des combats aux environs de Minembwe, une localité située sur les plateaux du Sud-Kivu, où l’armée congolaise, appuyée par des milices locales et des soldats burundais, affronte depuis plusieurs semaines une coalition de milices affiliées au M23.  

Un calme relatif s’est maintenu sur les autres points de la ligne de front dans la province du Sud-Kivu, ont ajouté ces sources.  

Une myriade de groupes armés plus ou moins autonomes sont présents dans l’est de la RDC, et certains sont utilisés par les belligérants pour s’affronter par procuration.

Le conflit, qui dure depuis des décennies, s’est intensifié en janvier après que les rebelles ont réalisé une avancée sans précédent dans les villes-clés de Goma et Bukavu, étendant ainsi leur contrôle sur plusieurs villes et villages de cette région durement touchée.

Pour le moment aucune information n’a été communiquée concernant les auteurs de cette attaque. Le M23 et les autorités n’ont pas répondu aux questions de l’AP. Malgré les efforts pour la paix du président américain, Donald Trump, et du Qatar, les affrontements se sont poursuivis ces dernières semaines. Les deux parties s’accusent mutuellement d’avoir violé les termes d’un cessez-le-feu conclu avec l’aide de partenaires étrangers et régionaux.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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