Wall Street termine en hausse après que Trump estime la guerre “quasiment” finie

DAKAR,09 MARS 2026(JVFE)-Après une ouverture en net repli, la Bourse de New York a finalement terminé en hausse lundi, portée par des propos de Donald Trump assurant que la guerre en Iran est “quasiment” finie.

Donald Trump a décrit lundi la guerre en Iran comme une «excursion de courte durée» et une «petite excursion», dans un discours devant une assemblée de parlementaires républicains.

Le président américain, qui multiplie les déclarations contradictoires sur les objectifs de l’offensive israélo-américaine, a toutefois aussi déclaré que les Etats-Unis ne «s’arrêteraient pas avant que l’ennemi ne soit totalement et définitivement vaincu».

Voici un tour d’horizon de la situation après les annonces de Donald Trump ce lundi 9 mars 2026 :

La Bourse de New York a entamé la semaine sur une note nettement négative, secouée par la flambée des cours du pétrole, désormais repassés au-dessus de 100 dollars le baril, un niveau qui ravive les craintes d’un scénario de stagflation pour l’économie américaine.

Dans les premiers échanges lundi, le Dow Jones a abandonné 716 points, soit 1,5%, tandis que le S&P 500 reculait de 1,2% et que le Nasdaq Composite perdait 1%. Cette nervosité s’est aussi traduite par une poussée de l’indice de volatilité Cboe, qui a franchi le seuil de 30 pour la première fois depuis le krach boursier d’avril 2025, provoqué par les tensions autour des droits de douane.

Sur le marché énergétique, le WTI a dépassé 119 dollars le baril lors des échanges nocturnes, une première depuis 2022, année marquée par le déclenchement du conflit russo-ukrainien. Le Brent, référence internationale, a de son côté bondi de 11% à 102 dollars le baril.

Pour de nombreux intervenants de marché, le retour du brut au-dessus de 100 dollars constitue un seuil particulièrement sensible pour l’économie américaine. Cette envolée alimente les inquiétudes autour d’un cocktail redouté mêlant inflation persistante et croissance affaiblie.

Dans une note relayée par les médias américains, Ed Yardeni, président de Yardeni Research, estime qu’un prolongement du choc pétrolier pourrait accentuer le risque d’un marché baissier si les investisseurs commencent à intégrer l’hypothèse d’une stagflation comparable à celle des années 1970.

Selon lui, la Réserve fédérale américaine pourrait alors se retrouver dans une position délicate, contrainte de composer à la fois avec une inflation plus élevée et une possible hausse du chômage.

1. Réaction des Marchés Mondiaux

  • Europe : Les indices européens ont réduit leurs pertes à moins de 1% en fin de journée, portés par l’optimisme venu de Wall Street.
  • Asie : Avant ces propos, les places asiatiques avaient lourdement chuté, notamment le KOSPI sud-coréen (-12%) en raison de sa forte dépendance énergétique.
  • Pétrole : Les cours du brut ont enregistré un net repli (autour de 90 dollars), alors qu’ils frôlaient les 120 dollars plus tôt dans la journée. 

2. Impact Sectoriel

  • Technologie : Le Nasdaq a mené le rebond (+1,38%), les investisseurs pariant sur une détente qui favoriserait les valeurs de croissance après une semaine de forte volatilité.
  • Énergie : Si les cours du pétrole chutent, certaines compagnies américaines de GNL (gaz naturel liquéfié) restent perçues comme les “gagnants” à court terme de la réorganisation des flux énergétiques. 

3. Contexte et Réactions Internationales

  • Sur le terrain : Malgré l’annonce d’une fin “quasiment” proche, l’Iran a officiellement désigné Mojtaba Khamenei comme nouveau Guide suprême suite au décès de son prédécesseur lors des premières frappes.
  • Diplomatie : Les alliés et observateurs restent prudents. L’objectif affiché par Washington demeure un changement de régime en Iran, tandis que le détroit d’Ormuz reste un point de tension majeur pour le transit pétrolier mondial

Cette hausse inattendue de Wall Street montre à quel point les marchés sont sensibles aux perspectives de désescalade militaire. Après dix jours de tensions ayant fait flamber les prix de l’énergie, les investisseurs ont réagi positivement à l’idée d’un conflit plus court que prévu.

Voici les points clés à retenir de cette séance :

  • Revirement majeur : Partis pour une perte de plus de 1%, les indices ont fini dans le vert, portés par le Nasdaq (+1,38%).
  • Facteur Trump : L’affirmation selon laquelle la guerre est « quasiment » finie et en avance sur le calendrier a agi comme un déclencheur pour les acheteurs.
  • Soulagement sur l’énergie : La perspective d’une fin de conflit a entraîné un premier repli des cours du pétrole, calmant ainsi les craintes liées à l’inflation.

Le Dow Jones a gagné 0,50%, l’indice Nasdaq a progressé de 1,38% et l’indice élargi S&P 500 a avancé de 0,83%. En début de séance, les trois indices vedettes avaient chuté de plus de 1%.

Le président américain a dit lundi à une journaliste de la chaîne CBS que la guerre était “quasiment” finie, faisant valoir que l’Iran n’avait plus de “marine” ni de “communications” ou de “force aérienne”.

1. Marchés Asiatiques : Un Rebond en Cours

L’optimisme de Wall Street s’est propagé aux places asiatiques à l’ouverture du 10 mars.

  • Correction après le choc : Après avoir dévissé de plus de 12% la semaine dernière, les bourses de Tokyo et de Séoul affichent des signes de stabilisation.
  • Pression énergétique : Les investisseurs asiatiques, très dépendants des importations de pétrole, réagissent positivement à la détente sur les cours du brut. 

2. Marché Obligataire : Détente des Rendements

Les obligations ont servi de baromètre à la peur avant de s’apaiser.

  • Baisse des taux : Le rendement de l’obligation américaine à 10 ans est redescendu à environ 4,11% (contre 4,13% plus tôt).
  • Signal de confiance : Ce repli des rendements indique que les investisseurs craignent moins une inflation galopante à court terme, suite à la baisse des prix de l’énergie. 

3. Plan “Essence à 2 dollars” : La Stratégie Trump

Le président multiplie les promesses pour contrer l’envolée des prix à la pompe, qui ont grimpé de 14% en une semaine aux États-Unis. 

  • Libération des réserves : Discussion avec les membres du G7 pour coordonner une libération massive des réserves pétrolières d’urgence.
  • Domination énergétique : Accélération des forages domestiques et mesures fiscales pour réduire les coûts de production.
  • Le “Petit détour” : Trump a qualifié la hausse actuelle des prix de “simple détour” nécessaire pour assurer une paix durable au Moyen-Orient. 

“Cette remarque a complètement changé la donne” à Wall Street, remarque auprès de l’AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.

Dans la foulée, et après avoir passé une grande partie de la séance dans le rouge, les indices “ont connu une forte remontée (..) en territoire positif”, observent les analystes de Briefing.com.

Le président américain a ajouté, dans un entretien téléphonique, que le conflit était “très en avance” sur le calendrier de quatre à cinq semaines qu’il avait évoqué auparavant.

Pour Art Hogan, l’administration Trump “en est arrivée à un point où ils réfléchissent au coût” de la guerre, mais aussi “aux marchés”.

La place américaine est à la peine depuis les premières frappes américano-israéliennes en Iran il y a dix jours, plombée notamment par la folle progression des prix des hydrocarbures.

Cette hausse historique fait craindre aux investisseurs une accélération de l’inflation.

Dans les échanges électroniques après clôture et suite aux propos de Donald Trump, les cours du brut se repliaient pour la première fois depuis le début de la guerre.

1. Comparaison du prix de l’essence (USA vs Europe) 

La guerre en Iran a provoqué une flambée historique des prix à la pompe, mais l’écart reste marqué entre les deux régions :

  • États-Unis : Le prix moyen a bondi à 3,06 $ le gallon ce 8 mars, soit une hausse de plus de 10 % en une seule journée.
  • Europe (France) : Au 1er mars, les prix moyens étaient de 1,77 €/L pour le SP95 et 1,83 €/L pour le SP98.
  • Différence : Malgré la hausse américaine, l’essence en Europe reste environ 91 % plus chère qu’aux États-Unis en raison des taxes locales. 

2. Prévisions de croissance du PIB pour 2026

L’impact du conflit commence à être intégré dans les modèles économiques : 

  • Monde : La croissance mondiale est estimée à 2,9 % par Goldman Sachs, un chiffre qui reste solide malgré les chocs géopolitiques.
  • États-Unis : La prévision a été relevée à 2,2 %. Les analystes estiment que la dérégulation et les mesures fiscales de l’administration Trump compenseront l’impact négatif des tarifs douaniers et du coût de l’énergie.
  • Risque de stagflation : Certains économistes craignent toutefois que la persistance de prix élevés du carburant ne freine la consommation et ne force la Fed à maintenir des taux d’intérêt élevés. 

3. Action coordonnée du G7

Pour stabiliser les marchés, les pays du G7 (dont la France qui accueillera le prochain sommet à Évian en juin) préparent une réponse énergétique : 

  • Ouverture des vannes : Le G7 s’oriente vers un recours massif aux réserves stratégiques de pétrole pour calmer la volatilité des cours.
  • Plafond des prix : Les discussions portent également sur l’élargissement des mécanismes de plafonnement pour sécuriser les approvisionnements mondiaux. 

4. Le plan “Essence à 2 dollars”

Face aux critiques des démocrates sur cette “guerre imprudente”, Donald Trump mise sur une stratégie de choc : 

  • Domination énergétique : Le plan repose sur une accélération massive de la production domestique pour inonder le marché et faire chuter les prix.
  • Nouveaux tarifs : Parallèlement, une nouvelle taxe de 10 % sur toutes les importations est entrée en vigueur le 24 février pour protéger l’économie américaine.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *