DAKAR,17 MARS 2026(JVFE)-Des heurts sporadiques ont été signalés près de la frontière avec la Gambie entre les forces sénégalaises et des hommes armés, suspectés d’appartenir à la rébellion séparatiste casamançaise, selon des témoins locaux.
La Casamance, région méridionale du Sénégal frontalière de la Gambie, est depuis plusieurs décennies le théâtre d’un conflit séparatiste et abrite des plantations de cannabis, régulièrement ciblées par les forces de sécurité sénégalaises.
Des habitants des villages frontaliers de Gifanga et Jakine, situés dans la province de Foni au sud du Senegal, rapportent avoir entendu de nombreux tirs, les contraignant à fuir la zone.
Pour rappel des affrontements ont éclaté le 12 mars 2026 dans la région de la Casamance, plus précisément dans le secteur de Kadialock (commune de Sindian), situé à proximité de la frontière avec la Gambie.
Ces heurts se sont produits lors d’une opération de sécurisation menée par la Zone militaire n°5 visant à détruire des champs de chanvre indien.
Le bilan officiel de la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA) faisait état d’un militaire tué et de six blessés.
L’armée sénégalaise s’était accrochée avec un groupe d’individus armés identifiés par plusieurs sources comme appartenant au MFDC (Mouvement des forces démocratiques de Casamance).
Les unités de l’armée poursuivent actuellement leurs opérations sur le terrain pour traquer les bandes armées et sécuriser les populations frontalières. Ces événements s’inscrivent dans une lutte accrue contre le narcotrafic et l’économie de guerre dans la zone frontalière. Bien que le conflit en Casamance soit globalement de basse intensité depuis 1982, la persistance de poches de résistance et de trafics illégaux (bois, drogues) continue de provoquer des pics de violence sporadiques.
Selon des sources, certains civils auraient été pris en otage par les assaillants, présumés membres du MFDC, lors des affrontements de lundi près des villages de Kadialock et Kalathie. Ces informations n’ont toutefois pas été confirmées de manière indépendante.
Un dispositif militaire important reste déployé dans la zone depuis une escarmouche survenue la semaine dernière entre les troupes gouvernementales et des hommes armés soupçonnés de cultiver et de commercialiser le cannabis.
Lors de ces combats, le sergent-chef Nfally Sonko a été tué, six soldats sénégalais ont été blessés et plusieurs membres du groupe armé ont également perdu la vie.
À la suite des affrontements du 12 mars 2026 à Kadialock (Sindian), la situation reste sous haute surveillance. Voici les détails sur les mesures gouvernementales et l’évolution humanitaire :
Le gouvernement sénégalais maintient une ligne ferme en considérant ces opérations comme des missions de sécurisation légale du territoire national.
- Poursuite des opérations : La Zone militaire n°5 (Ziguinchor) continue le ratissage pour démanteler les réseaux de narcotrafic, notamment les plantations de chanvre indien, causes directes de l’accrochage.
- Renforcement budgétaire : Pour l’année 2026, le budget du Ministère des Forces armées a été porté à près de 338 milliards FCFA afin de renforcer les capacités de défense et de souveraineté dans ces zones sensibles.
- Coopération frontalière : Des patrouilles conjointes avec les forces de sécurité gambiennes sont régulièrement organisées (comme à Keur Ayib) pour stabiliser la zone poreuse de la frontière.
Bien que les combats récents soient localisés, ils ravivent des inquiétudes pour les populations civiles vivant à la lisière de la Gambie.
- Appels au dialogue : La société civile casamançaise, via des organisations comme le comité ADOCAL, appelle à intensifier le dialogue de paix pour éviter une escalade et protéger les communautés locales.
- Alternatives économiques : Des voix s’élèvent pour demander au gouvernement de proposer des alternatives agricoles crédibles à la culture illicite de chanvre, afin de briser le cycle de la précarité et de la violence.
- Soutien aux déplacés : Un programme de 300 millions FCFA a été lancé début 2026 pour favoriser l’autonomisation et la réintégration des personnes déplacées ou réfugiées revenant en Casamance.
- Déminage : Le chef de l’État a été sollicité pour accélérer le déminage humanitaire, condition indispensable au retour sécurisé des populations dans leurs villages d’origine
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
