DAKAR,19 MARS 2026(JVFE)-QatarEnergy a effectivement confirmé le 19 mars 2026 qu’elle pourrait invoquer la clause de force majeure sur ses contrats de gaz naturel liquéfié (GNL) à long terme avec l’Italie, la Belgique, la Corée du Sud et la Chine.
Une réduction durable des capacités de production de gaz naturel liquéfié du Qatar risque de maintenir les prix à un niveau élevé, alors que l’Europe s’apprête à remplir ses réserves pour l’hiver prochain.
Cheikh Mohammed ben Abderrahmane Al Thani, l’actuel Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, avait tenu des propos en juin 2017, peu après le début de la crise diplomatique du Golfe.
“Jamais, même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais imaginé que le Qatar – le Qatar et la région – puisse être la cible d’une telle attaque, surtout de la part d’un pays musulman frère, en plein mois de Ramadan, nous attaquant de cette manière”, a-t-il déclaré.
À cette époque, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte avaient brusquement rompu leurs relations avec le Qatar et imposé un blocus terrestre, aérien et maritime, l’accusant de soutenir le terrorisme (ce que Doha a toujours nié).
L’amertume exprimée ici souligne le choc provoqué par le timing de l’annonce, survenue pendant le Ramadan, une période normalement consacrée à la piété et à la solidarité entre nations musulmanes.
Cette décision fait suite à des attaques iraniennes massives contre le complexe de Ras Laffan, le plus grand site de GNL au monde.
Impact sur les contrats et la production
- Durée de l’interruption : Le PDG de QatarEnergy, Saad al-Kaabi, a précisé que les réparations pourraient prendre de 3 à 5 ans.
- Capacité affectée : Les frappes ont mis hors service 17 % de la capacité d’exportation de GNL du Qatar, soit environ 12,8 millions de tonnes par an.
- Pertes financières : Le manque à gagner est estimé à 20 milliards de dollars de revenus annuels.
- Installations touchées : Deux des 14 “trains” de liquéfaction et une installation de transformation du gaz en liquides (GTL) ont été endommagés.
Répercussions sur les marchés mondiaux
- Flambée des prix : Suite à cette annonce, les prix du gaz naturel en Europe ont bondi de 35 % en une seule journée.
- Crise énergétique : Cette situation fragilise particulièrement l’Europe (notamment via Eni en Italie et les terminaux belges), qui dépendait de ces contrats pour compenser la perte du gaz russe.
- Déclarations préalables : Une première déclaration de force majeure “à court terme” avait déjà été émise début mars après des attaques initiales. La nouvelle mesure s’inscrit désormais dans une perspective de longue durée.
En mars 2026, l’Europe fait face à une crise énergétique majeure suite à l’annonce de force majeure par QatarEnergy. Bien que le Qatar exporte principalement vers l’Asie, environ 7 % des importations européennes de GNL (soit plus de 9 millions de tonnes en 2025) sont directement menacées.
Les frappes menées mercredi par l’Iran contre les installations gazières de Ras Laffan, au Qatar, risquent d’avoir des conséquences durables. Les bombardements ont mis hors service 17% des capacités d’exportation de GNL (gaz naturel liquéfié) de l’émirat du Golfe, a assuré Saad al-Kaabi, le directeur général de QatarEnergy, à l’agence Reuters ce jeudi 19 mars. Ras Laffan est le plus grand site de production de GNL du monde.
Ce dernier estime que les réparations pourraient prendre entre 3 et 5 ans, réduisant la production de près de 13 millions de tonnes de GNL par an, et amputant les revenus annuels de la compagnie d’État de 20 milliards de dollars. De plus, Saad al-Kaabi précise que QatarEnergy pourrait devoir déclarer un cas de force majeure et ne pas pouvoir honorer cerains contrats de long terme passés avec l’Italie, la Belgique, la Corée du Sud et la Chine. Doha l’a fait une première fois début mars après une précédente attaque qui l’a contraint à interrompre sa production.
De possibles hausses de prix pour l’Europe
Concrètement, cela veut dire que l’offre mondiale de GNL menace d’être réduite dans les prochains mois. Le Qatar est le deuxième plus grand exportateur mondial de GNL après les États-Unis. Le bombardement de Ras Laffan risque de maintenir les prix à un niveau élevé alors que les pays européens vont commencer, au printemps, à remplir leurs réserves de gaz. La concurrence s’est déjà intensifiée depuis le début de la guerre, notamment avec les pays asiatiques, dont certains sont particulièrement dépendants du gaz, notamment pour leur production d’électricité. Saad al-Kaabi a prévenu que d’autres productions importantes, comme l’hélium, le naphta ou le soufre, risquent d’être sérieusement affectées
Pays directement touchés par des contrats à long terme
- Italie : Des entreprises comme Enel, ENI et Edison ont reçu des notifications de force majeure. Edison s’attend à des perturbations dès le mois prochain.
- Belgique : Le pays est l’un des clients réguliers du Qatar via ses terminaux de GNL. Il est directement cité par le PDG de QatarEnergy, Saad al-Kaabi, comme l’une des nations où les contrats ne pourront être honorés.
- France : Bien que premier importateur de GNL dans l’UE, la France est touchée via les contrats d’EDF et de TotalEnergies.
- Allemagne : L’énergéticien RWE figure parmi les acteurs européens devant désormais trouver des volumes de remplacement en urgence.
- Pologne & Autriche : Les sociétés Orlen (Pologne) et OMV (Autriche) ont également été notifiées de l’activation de la clause de force majeure.
Conséquences économiques immédiates
- Flambée des prix : Le prix de référence du gaz en Europe (indice TTF) a bondi de 30 % à 50 % dès l’annonce des attaques début mars 2026.
- Inflation énergétique : La Banque Centrale Européenne (BCE) a alerté le 19 mars sur les risques pesant sur la croissance et l’inflation en zone euro.
- Coût pour les ménages : En France, une hausse des tarifs du gaz de 5 à 10 % est déjà anticipée pour mai 2026.
Mesures d’urgence de l’Union Européenne
- Coordination : Le groupe de coordination du gaz de l’UE s’est réuni pour évaluer l’impact du conflit et surveiller les niveaux de stockage.
- Remplacement des volumes : L’Europe tente de sécuriser des cargaisons supplémentaires en provenance des États-Unis (déjà principal fournisseur à 58 %) et d’Afrique de l’Ouest pour compenser le déficit qatari.
Pour pallier l’absence du GNL qatari, l’Union européenne active un plan d’urgence reposant sur trois piliers principaux :
1. La dépendance accrue aux États-Unis
Les États-Unis, qui fournissent déjà près de 60 % du GNL européen, deviennent le recours ultime.
- Contrats spot : L’UE tente de racheter des cargaisons initialement destinées à l’Asie en payant une “prime européenne” élevée.
- Nouvelles capacités : L’Europe compte sur l’accélération de projets de terminaux de liquéfaction sur la côte du Golfe du Mexique (comme Golden Pass ou Plaquemines) pour augmenter les flux dès 2026.
2. Le renforcement des corridors Sud et Nord
- Algérie & Norvège : Ces deux pays, déjà au maximum de leurs capacités de livraison par gazoduc, sont sollicités pour optimiser leurs exportations de GNL vers l’Europe du Sud (Italie, Espagne) et le Nord (Allemagne, Benelux).
- Afrique de l’Ouest : Des discussions sont en cours avec le Nigeria et l’Angola pour sécuriser des volumes supplémentaires à court terme.
3. Mesures d’infrastructure et de sobriété
- Terminaux FSRU (méthaniers flottants) : L’Allemagne et l’Italie accélèrent la mise en service de nouvelles unités flottantes pour pouvoir décharger plus de GNL américain et africain.
- Solidarité européenne : Le mécanisme d’achat groupé de l’UE (AggregateEU) est réactivé pour éviter que les pays membres ne se fassent concurrence, ce qui ferait exploser les prix.
- Réduction de la demande : La Commission européenne pourrait imposer une nouvelle baisse de 15 % de la consommation de gaz pour préserver les stocks avant l’hiver 2026-2027.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

