Madagascar :des opérateurs économiques frappés de 24 h d’interdiction de sortie du territoire

DAKAR,20 MARS 2026(JVFE)-Treize personnalités malgaches, dont des opérateurs économiques influents (Hassanein Hiridjee, Yavarhoussen) et des figures politiques, ont été frappées le 16 mars 2026 par une Interdiction de Sortie du Territoire (IST) du ministère de l’Intérieur, avant que le parquet ne lève cette mesure pour onze d’entre elles le lendemain. Le Colonel Patrick Rakotomamonjy et un garde du corps de l’ex-président Rajoelina restent visés, alimentant des spéculations sur un ordre et contre-ordre. 

Points clés de l’IST à Madagascar (mars 2026) :

  • Personnalités visées : Hassanein Hiridjee (ex-Axian), Moustafa Hiridjee (Ocean Trade), Yamil (Quincaillerie 2000), Yavarhoussen (Filatex), Colonel Patrick Rakotomamonjy, Vonjiniana Raharinisa, Emmanuel Razafindrazaka, Irisoa Josea Narindra Rafearivo (Jessy), Marc Ramiarinjatovo, Hanitra Holy, Eric Lambert Besoa, Patrick Ramiaramanana, Yves Georges Andriamihaja Fanomezantsoa (Rason Liva). 
  • Volte-face judiciaire : Le 17 mars 2026, la levée de l’IST est annoncée pour 11 personnes par le parquet général, seuls le Colonel Rakotomamonjy et l’ex-garde rapprochée de Rajoelina restent interdits de sortie. 
  • Contexte : Ces mesures, souvent demandées par le PAC ou le Bianco, visent des profils liés à des marchés publics, déclenchant des interrogations sur les fondements juridiques d’une telle précipitation. 

Démarche : L’IST, bien que spectaculaire, ne présume pas de la culpabilité mais agit comme une mesure de précaution administrative ou judiciaire

Plusieurs opérateurs économiques ont été visés par cette mesure notamment Hassanein Hiridjee, ancien PDG du groupe Axian ; Moustafa Hiridjee, directeur général de la société Ocean Trade ; Yamil, gérant de la société Quincaillerie 2000 ; Yavarhoussen, du groupe Filatex. Le nom du Colonel Patrick Rakotomamonjy, ancien directeur de traitement des doléances auprès du Présidence de Refondation y figurait également.

Des personnalités politiques et administratives se trouvaient aussi dans la liste : Vonjiniana Raharinisa, candidat maire du parti TIM à Antehiroka ; Emmanuel Razafindrazaka dit Bolo, contrôleur général de la police nationale retraité ; Irisoa Josea Narindra Rafearivo dit Jessy, garde du corps rapproché de l’ancien président Andry Rajoelina ; Marc Ramiarinjatovo, ancien maire de la commune rurale d’Alasora ; Hanitra Holy, douanière à Antananarivo ; Eric Lambert Besoa, ancien sénateur ; Patrick Ramiaramanana, ancien maire de la Commune urbaine d’Antananarivo ; et Yves Georges Andriamihaja Fanomezantsoa dit Rason Liva, député du district d’Ambositra.

Le 17 mars 2026, le parquet général près la Cour d’appel d’Antananarivo a annoncé, dans une correspondance officielle, ne plus s’opposer à la sortie du territoire des onze sur les treize personnalités concernées. Seuls le Colonel Patrick Rakotomamonjy et l’ex garde rapprochée d’Andry Rajoelina, n’ont pas obtenu la main-levée de leur IST.

Ces deux décisions, qualifiées par des observateurs comme ordre et contre-ordre ont alimenté rapidement interrogations et spéculations. Les IST sont souvent appliquées sur décision du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, à la demande des autorités judiciaires comme le ministère public à travers le Procureur général de la Cour d’Appel, le Pôle Anti-Corruption (PAC) et le Bianco. Une IST peut également découler de considérations administratives, politiques ou sécuritaires. Une telle mesure ne constitue toutefois pas une preuve de culpabilité mais relève d’une démarche de précaution de la part des autorités.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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