DAKAR,25 MARS 2026(JVFE)-Au 26e jour de la guerre (24-25 mars 2026), une ouverture diplomatique majeure semble se dessiner entre Washington et Téhéran, malgré des démentis iraniens persistants sur la tenue de négociations directes.
Trump avait auparavant menacé de « raser » les centrales électriques iraniennes, ce qui, selon certains, constituerait un crime de guerre, si le détroit n’était pas rouvert avant lundi soir, heure de Washington.
Alors qu’un conflit militaire d’envergure oppose les États-Unis et Israël à l’Iran depuis début mars 2026, des signaux diplomatiques contradictoires ont émergé le 24 et 25 mars 2026 concernant un éventuel plan de paix et la circulation dans le détroit d’Ormuz.
Face au blocus qui a fait s’envoler les prix mondiaux de l’énergie, l’Iran a assoupli sa position maritime via une lettre à l’Organisation maritime internationale (OMI) :
- Navires “non hostiles” autorisés : Téhéran autorise désormais le passage des navires qui ne participent pas et ne soutiennent pas “l’agression contre l’Iran”.
- Exclusion stricte : Les navires appartenant ou associés aux États-Unis ou à Israël restent formellement interdits de passage.
- Conditions de transit : Pour bénéficier de ce passage sécurisé, les navires doivent se coordonner avec les autorités iraniennes et respecter strictement les réglementations de sécurité imposées par Téhéran.
- Réaction des marchés : Donald Trump a qualifié cette annonce de “cadeau” et de signe de bonne foi dans le cadre des négociations.
Le conflit reste toutefois actif, avec des frappes persistantes et des menaces de ripostes sur des infrastructures vitales si les négociations n’aboutissent pas rapidement.
Le président américain a intensifié ses efforts diplomatiques tout en maintenant une pression militaire.
Donald Trump a officiellement transmis une proposition de paix à Téhéran pour mettre fin aux hostilités.
Donald Trump a proposé un plan de paix à l’Iran et s’est montré optimiste sur les chances de parvenir à un accord, Téhéran indiquant de son côté qu’il laissera passer les navires non hostiles par le stratégique détroit d’Ormuz, au 26e jour de la guerre qui embrase le Moyen-Orient.
Iran et États-Unis négocient pour tenter de mettre un terme au conflit, a de nouveau affirmé le président américain, mais les opérations militaires américaines contre la République islamique se poursuivent « sans relâche », a-t-il toutefois ajouté.
La presse américaine évoque en outre l’envoi de 3000 soldats parachutistes américains en renfort au Moyen-Orient. L’armée israélienne a elle aussi souligné qu’elle continuait d’agir et de frapper, « selon un plan inchangé », en Iran et au Liban, et Téhéran a une nouvelle fois envoyé des missiles vers Israël.
Toutefois, plusieurs médias, dont le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, avancent que l’administration Trump a fait passer un plan de paix en 15 points à l’Iran par l’entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties.
Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les États-Unis proposent un cessez-le-feu d’un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes. Parmi ces 15 points, cinq concernent le programme nucléaire iranien, d’autres imposent l’abandon du soutien aux « proxys » dans la région, comme le Hezbollah ou le Hamas, et un point insiste pour que le détroit d’Ormuz reste ouvert à la navigation maritime.
En contrepartie l’Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales à son encontre et un soutien pour son programme nucléaire civil.
Le ministère des Affaires étrangères iranien et le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont fermement nié toute négociation directe ou indirecte. Ils qualifient ces annonces de « fausses informations » destinées à manipuler les marchés financiers.
Malgré les dénis officiels, des messages seraient échangés via des « pays amis » comme le Pakistan, l’Égypte ou la Turquie.
L’Iran a justement déclaré que les « navires non hostiles » pouvaient « bénéficier d’un passage sûr par le détroit d’Ormuz en coordination avec les autorités compétentes ».
Près de 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures transite par ce détroit stratégique, dont le blocage de fait par Téhéran ces dernières semaines a fait flamber les prix du pétrole.
Donald Trump a évoqué mardi « un très gros cadeau » lié aux hydrocarbures, sans donner de précisions, qui pourrait justement être lié à cette réouverture partielle du détroit. En réaction à ces dernières annonces, les cours du pétrole baissaient de près de 6 % peu après l’ouverture à la Bourse de Tokyo.
Le président américain a aussi réaffirmé que des négociations se tenaient « en ce moment » avec Téhéran.
Quel interlocuteur en Iran ?
« Ce que j’ai dit hier (lundi) était exactement juste », a insisté le président américain, précisant que son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président J.D. Vance et le chef de la diplomatie Marco Rubio y participaient.
En faisant état de ces pourparlers, Donald Trump avait retardé « de cinq jours » sa menace de frapper le réseau électrique de l’Iran, rassurant provisoirement les marchés. Il s’était ensuite félicité que Washington et Téhéran aient trouvé des « points d’accord majeurs », dans le cadre de ces négociations tenues avec un « haut dirigeant » iranien.

Un panneau d’affichage représentant les anciens guides suprêmes iraniens, l’ayatollah Ruhollah Khomeini (à gauche) et l’ayatollah Ali Khamenei (au centre), aux côtés du nouveau guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, dans la banlieue de Srinagar, en Iran
Mais qui ? Seule certitude : il ne s’agit pas du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, invisible depuis sa désignation par les instances iraniennes après la mort de son père au premier jour de la guerre, le 28 février.
Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien-présenté par le site d’informations Axios comme l’interlocuteur des États-Unis-a démenti en bloc. La diplomatie iranienne a juste reconnu avoir reçu, via des « pays amis », des « messages transmettant une demande américaine de négociations ».
En attendant d’éventuels progrès diplomatiques, une frappe israélo-américaine a touché la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran, sans faire de dégâts, a ainsi affirmé en soirée l’organisation iranienne de l’énergie atomique. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a appelé à la « retenue maximale afin d’éviter tout risque pour la sûreté nucléaire en période de conflit ».

En Israël, 12 personnes ont été blessées mardi soir près de Tel-Aviv par un ou plusieurs missiles en provenance d’Iran, selon les secours israéliens. Et les risques de nouvelle escalade touchent toute la région.
Au Liban, où Israël veut s’emparer d’une large zone du sud du pays pour assurer sa sécurité, les autorités libanaises ont pris la décision sans précédent de lancer une procédure d’expulsion à l’encontre de l’ambassadeur d’Iran, pour ingérence. Mais elles se sont aussitôt attiré les foudres du Hezbollah pro-iranien.
Sur le terrain, au moins neuf personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids israéliens contre des localités du sud du Liban, région considérée comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l’agence de presse officielle libanaise ANI.
Dans le Golfe, Bahreïn, Arabie saoudite et Koweït ont rapporté mardi des attaques de drones et de missiles iraniens.
De son côté, l’armée israélienne a mené « une série de frappes à grande échelle […] dans plusieurs régions d’Iran », notamment Ispahan.
« Les bruits, les explosions et les missiles font désormais partie de notre vie quotidienne », a confié à l’AFP par téléphone une femme de 35 ans, originaire du Kurdistan iranien et résidant à Téhéran.
Au Liban, des explosions ont secoué en journée des régions au nord de Beyrouth.
Mardi matin, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait déclaré que les forces israéliennes « manœuvraient à l’intérieur du territoire libanais pour s’emparer d’une ligne de défense avancée » jusqu’au fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière.
« Les centaines de milliers de résidents du sud du Liban qui ont été évacués vers le nord ne retourneront pas au sud du Litani tant que la sécurité des habitants du nord (d’Israël) ne sera pas assurée », a-t-il prévenu.
Le président américain a annoncé avoir transmis un plan de paix en 15 points à l’Iran. Bien que les détails complets restent confidentiels, les éléments clés rapportés incluent :
- Nucléaire : Une interdiction totale de l’enrichissement d’uranium et le transfert des stocks enrichis actuels hors d’Iran.
- Sécurité maritime : La garantie de libre circulation dans le détroit d’Ormuz.
- Contreparties : La levée de l’ensemble des sanctions économiques et une aide au développement du nucléaire civil.
Détroit d’Ormuz et le « cadeau » de Téhéran
Dans un geste d’apaisement, l’Iran a fait savoir par l’Organisation maritime internationale qu’il laisserait passer les navires « non hostiles » (transportant du pétrole et du gaz) par le détroit d’Ormuz.
- Donald Trump a qualifié ce geste de « magnifique cadeau » d’une valeur immense, y voyant le signe que les États-Unis discutent désormais avec les « bonnes personnes » au sein du pouvoir iranien.
- Ce déblocage partiel intervient après un ultimatum américain de 48 heures menaçant de frapper les infrastructures énergétiques iraniennes.
État des négociations
- Optimisme américain : Trump s’est dit « très optimiste », affirmant que Téhéran souhaite « désespérément » un accord. Il a suspendu pour cinq jours ses menaces de frappes aériennes pour laisser une chance à la diplomatie.
- Scepticisme iranien : Officiellement, le ministère iranien des Affaires étrangères et le président du Parlement nient toute négociation, qualifiant les annonces de Trump de « fake news » destinées à manipuler les marchés.
- Médiation : Des pays comme le Pakistan, la Turquie et l’Égypte agissent comme intermédiaires. Des pourparlers pourraient se tenir physiquement au Pakistan prochainement.
La chaîne israélienne Channel 12 a indiqué que Trump proposait un cessez-le-feu d’un mois durant lequel les deux parties discuteraient d’une proposition prévoyant la remise de l’uranium enrichi iranien et l’interdiction de tout enrichissement supplémentaire.
L’Iran garantirait également la sécurité du passage dans le détroit d’Ormuz. En contrepartie, l’Iran verrait la levée de toutes les sanctions, en vigueur sous diverses formes depuis des années, selon le rapport israélien. L’Iran recevrait également une aide pour le développement de l’énergie nucléaire civile à Bushehr, un site stratégique datant d’avant la révolution islamique de 1979.
Parallèlement, l’Iran a accusé mardi Israël d’avoir mené une deuxième frappe sur Bushehr, ville située dangereusement près des centres urbains des pays arabes du Golfe.
Israël a déclaré avoir mené une vaste campagne de frappes aériennes sur plusieurs régions d’Iran. Le porte-parole militaire israélien, Effie Defrin, a affirmé que le plan de guerre de son pays restait inchangé malgré les propos de Trump et qu’il continuerait d’« aggraver les dégâts et d’éliminer les menaces existentielles ».
L’armée israélienne a déclaré mercredi matin qu’elle frappait des cibles dans la capitale iranienne, Téhéran, peu après avoir annoncé qu’une salve de missiles avait été tirée vers Israël par l’Iran.
« Premier rapport – l’armée israélienne a lancé une vague de frappes ciblant les infrastructures du régime terroriste iranien à travers Téhéran », a écrit l’armée israélienne sur sa chaîne Telegram officielle.
Israël a également intensifié sa campagne contre le groupe militant Hezbollah soutenu par l’Iran au Liban, affirmant que son armée prendrait le contrôle du sud du Liban jusqu’au fleuve Litani, à environ 30 kilomètres (20 miles) de la frontière.
Israël, qui a occupé le sud du Liban pendant près de vingt ans jusqu’en 2000, a mené de nouvelles frappes à travers le pays. Mardi soir, l’armée israélienne a averti les habitants des banlieues sud de Beyrouth, bastions du Hezbollah, de les évacuer face à des frappes imminentes.
Sur le terrain, la situation reste volatile : l’armée israélienne poursuit ses opérations au Liban-Sud et ses frappes en Iran, tandis que des missiles iraniens ont encore touché le territoire israélien ces dernières 24 heures
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
