La Gen Z Madagascar interpelle les dirigeants face à une crise persistante

DAKAR, 07 AVRIL 2026(JVFE)-Pour la énième fois, le collectif Gen Z Madagascar tire la sonnette d’alarme face à une situation nationale qu’il juge de plus en plus préoccupante. À travers une nouvelle prise de parole, le mouvement met en avant l’accumulation de difficultés qui affectent directement le quotidien des citoyens, en particulier celui des jeunes. Entre tensions sociales, fragilités économiques et incertitudes politiques, le constat dressé se veut à la fois lucide et alarmant.

Le mouvement Gen Z Madagascar s’est affirmé depuis fin 2025 comme un acteur politique central, interpellant fermement les dirigeants face à une crise multidimensionnelle persistante. En avril 2026, cette jeunesse continue d’exiger des réformes structurelles profondes et une transition politique réelle. 

Le mouvement a récemment durci ses positions en exigeant des actions concrètes des autorités de transition : 

  • Dissolution des institutions : La Gen Z réclame officiellement la dissolution de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) et de l’Assemblée nationale, jugées illégitimes.
  • Transition souveraine : Les collectifs rappellent qu’ils ne donnent pas de “chèque en blanc” au pouvoir de transition et militent pour une refondation complète du système politique.
  • Lutte contre la corruption : Le mouvement dénonce le népotisme et le clientélisme qui minent la gestion des ressources du pays (nickel, or, vanille). 

Initialement social, le mouvement s’est politisé suite à la répression de manifestations pacifiques : 

  • Crise des services publics : La mobilisation a débuté en septembre 2025 pour protester contre les coupures d’eau et d’électricité incessantes gérées par la compagnie nationale Jirama.
  • Bilan humain et politique : Les affrontements de l’automne 2025 ont causé au moins 22 morts selon l’ONU. Ces tensions ont conduit à la dissolution du gouvernement par le président Andry Rajoelina, puis à une période d’instabilité politique majeure.
  • Conditions de vie précaires : La colère est alimentée par une pauvreté extrême (75% de la population vit avec moins de 1$ par jour) et une inflation galopante. 

La Gen Z Madagascar se distingue par une organisation horizontale et l’utilisation massive des réseaux sociaux : 

  • Repolitisation de la jeunesse : Longtemps perçue comme la “génération TikTok” désintéressée, elle a élaboré une charte et une feuille de route stratégique pour le pays.
  • Unité nationale : Le mouvement rassemble aussi bien des étudiants que des jeunes issus de quartiers populaires, dépassant le cadre des révoltes universitaires classiques. 

Parmi les problèmes les plus visibles, les coupures répétées d’électricité et d’eau figurent en tête de liste. Ces interruptions fréquentes touchent plusieurs régions et perturbent aussi bien la vie des ménages que les activités économiques. À cela s’ajoute l’état dégradé des infrastructures publiques, qui complique l’accès aux services essentiels. Pour le collectif, ces défaillances traduisent un manque de réponses durables face à des enjeux pourtant connus depuis longtemps.

Sur le plan économique, Gen Z Madagascar pointe une détérioration progressive des conditions de vie. L’augmentation du coût des produits de première nécessité pèse lourdement sur les foyers, réduisant leur capacité à subvenir à leurs besoins. Cette pression constante alimente un climat d’inquiétude généralisée et renforce les inégalités. Le collectif souligne que cette situation touche particulièrement les jeunes, souvent confrontés à des perspectives limitées.

Au-delà de ces difficultés, le mouvement insiste sur le sentiment d’exclusion ressenti par une large partie de la jeunesse. Malgré son poids démographique, celle-ci estime ne pas être suffisamment écoutée ni impliquée dans les décisions qui façonnent l’avenir du pays. Gen Z Madagascar appelle ainsi à une véritable prise en compte des attentes des jeunes dans l’élaboration des politiques publiques, afin de construire des solutions adaptées et inclusives.

Pour Gen Z Madagascar, le changement ne peut être réel que s’il répond aux besoins concrets de la population et s’inscrit dans une démarche sincère de développement durable et partagé.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *