DAKAR,12 avril 2026(JVFE)-L’événement se tient à Marrakech sur trois jours, réunissant 1 450 exposants et startups issus de 130 pays.
La quatrième édition du salon technologique “GITEX Africa”, l’un des plus grands rendez-vous mondiaux du secteur, a été inaugurée mardi à Marrakech (centre du Maroc), avec la participation de plusieurs entreprises turques.
S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture, le chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, a affirmé que le Maroc a « choisi une approche stratégique fondée sur la maîtrise de la révolution de l’intelligence artificielle plutôt que de la subir ».
Il a ajouté : « Nous adoptons le principe de souveraineté technologique et d’indépendance dans la décision et l’innovation », soulignant que le Royaume est devenu une plateforme fiable pour les infrastructures à forte valeur ajoutée, ainsi que pour la recherche scientifique et l’innovation.
De son côté, la ministre de la Transition numérique, Amal El Fallah Seghrouchni, a déclaré que le monde connaît des transformations profondes redéfinissant les équilibres de pouvoir, non seulement sur le plan géographique, mais aussi dans leurs dimensions technologique, scientifique, militaire et économique.
Elle a précisé : « Deux variables majeures s’imposent aujourd’hui : le retour de conflits armés de haute intensité et l’accélération sans précédent de l’intelligence artificielle ».
Et d’ajouter : « L’intelligence artificielle n’est plus un simple outil technologique, mais devient à la fois un levier de compétitivité, un enjeu de souveraineté, un champ de régulation et un nouveau mode de gouvernance, dans un monde marqué par la multiplication des divisions et des crises ».
Selon les organisateurs, “GITEX Africa” constitue une extension du salon GITEX Global, considéré comme le plus grand événement mondial dédié à la technologie et aux startups.
Le ministère marocain de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, qui organise l’événement en partenariat avec l’Agence de développement du digital, a indiqué que le salon accueille 1 450 exposants et startups ainsi que des délégations de 130 pays, pour une durée de trois jours.
Des entreprises turques prennent également part à cet événement technologique, selon le site officiel du salon.
La tech africaine traverse une phase d’expansion rapide et de structuration profonde. En 2026, elle se positionne comme un moteur essentiel de la transformation économique du continent .
Dynamiques et Tendances 2026
L’écosystème tech africain connaît plusieurs évolutions majeures :
- Changement d’échelle : L’innovation africaine gagne en maturité, portée par des événements mondiaux comme le GITEX Africa et l’Africa Tech Summit .
- Secteurs dominants : La Fintech reste le pilier principal, représentant environ un quart des start-ups les plus prometteuses . Cependant, d’autres secteurs comme l’AgriTech, la HealthTech (santé numérique) et la WaterTech (ex: transformation de l’air en eau potable) connaissent une forte croissance .
- Intelligence Artificielle et Cybersécurité : L’IA est de plus en plus intégrée pour renforcer la cybersécurité des banques et optimiser les services numériques .
- Fusions et Acquisitions : Le marché se consolide avec une hausse de 34 % des opérations de fusion-acquisition dans le secteur tech .
Champions de l’Innovation
Certains pays et hubs se distinguent par leur dynamisme en 2025-2026 :
- Leaders technologiques : L’Afrique du Sud, Maurice, le Maroc (qui consolide sa position avec 6 start-ups parmi les plus prometteuses) et le Sénégal figurent parmi les nations les plus innovantes .
- Villes hubs : Des villes comme Dakar (accueil du salon SALTIS) et Marrakech deviennent des points de ralliement stratégiques pour les talents et investisseurs .
- Start-ups à suivre : Des entreprises comme Moniepoint (Nigeria) ou Kumulus (Tunisie) illustrent la capacité du continent à répondre à des besoins vitaux par la technologie .
Défis et Enjeux
Malgré ce dynamisme, la tech africaine doit relever plusieurs défis :
- Souveraineté numérique : Un enjeu croissant concernant la protection des données et le contrôle des infrastructures .
- Accès au financement : Bien que les investissements soient au rendez-vous, notamment depuis les Émirats arabes unis , le besoin de financements structurés pour les futurs champions locaux reste crucial .
- Réglementation : La mise en place de nouvelles lois sur les données au Nigeria et en Afrique du Sud modifie l’environnement opérationnel.
La Rédaction © JVFE

