DAKAR, 17 AVRIL 2026(JVFE)-Une augmentation significative des retours de migrants maliens a été enregistrée ces dernières années. Selon les autorités en charge du secteur, plus de 27 000 compatriotes ont déjà regagné le territoire national. Ces retours concernent souvent des personnes en situation de grande vulnérabilité, nécessitant un accompagnement adapté et structuré.
Ce constat souligne un défi majeur pour le Mali : transformer un retour souvent contraint ou difficile en une véritable opportunité de réintégration durable.
Face à ces 27 000 retours, l’enjeu n’est plus seulement l’accueil d’urgence, mais la mise en place d’un écosystème de soutien. Voici les axes clés généralement mobilisés pour répondre à cette vulnérabilité :
- Assistance immédiate : Accueil aux frontières, soins de santé de base et soutien psychologique pour ceux ayant vécu des parcours migratoires traumatisants.
- Réinsertion économique : Accès à des formations professionnelles et kits d’installation (agriculture, artisanat, petit commerce) pour éviter un nouveau départ faute de perspectives.
- Récupération sociale : Médiation familiale et communautaire pour faciliter le “ré-ancrage” du migrant dans son milieu d’origine.
Des structures comme la Délégation Générale des Maliens de l’Extérieur et divers partenaires internationaux travaillent sur ces points, bien que le volume des flux mette les ressources à rude épreuve.
Dans ce contexte, une pression croissante a été observée sur les dispositifs publics, appelés à renforcer leur efficacité. Une réponse coordonnée a été privilégiée afin de mieux encadrer les flux migratoires et d’assurer une prise en charge durable des personnes concernées.
Un progrès notable a été enregistré dans le processus de réintégration des migrants de retour. Selon les données présentées, 13 929 migrants ont déjà achevé leur parcours de réintégration, avec l’appui de partenaires internationaux, notamment l’Organisation internationale pour les migrations.
Ce résultat a été rendu possible grâce à des mécanismes de soutien mis en place pour accompagner les bénéficiaires dans leurs parcours économiques, sociaux et psychologiques. Une approche plus structurée a été progressivement adoptée afin de dépasser les simples aides ponctuelles.
Une coordination renforcée est assurée à travers le Cadre national pour la réintégration des migrants. Cet instrument est présenté comme un outil stratégique de pilotage des politiques publiques dans ce domaine.
Une synergie entre les institutions étatiques, les collectivités, la société civile et les partenaires techniques et financiers est encouragée. L’objectif affiché consiste à améliorer la cohérence des interventions et à renforcer l’efficacité des actions menées sur le terrain.
Une vision plus globale de la réintégration est désormais mise en avant par les autorités de la transition militaire. La réinsertion des migrants n’est plus limitée à une assistance temporaire, mais est pensée comme un processus durable et inclusif.
Un accompagnement économique est combiné à un soutien social et psychosocial afin de faciliter la reconstruction des parcours de vie. Une attention particulière est accordée à l’accès à l’emploi et à l’intégration communautaire.
Une situation migratoire complexe continue d’être observée en Afrique de l’Ouest, avec des flux importants et des parcours souvent marqués par la précarité. Le Mali reste au centre de ces dynamiques régionales.
Une réponse structurée est donc jugée nécessaire afin de mieux gérer les retours et de transformer la migration en levier de développement. Une meilleure coordination entre acteurs est considérée comme un facteur clé de réussite.
Une nouvelle étape est en cours de construction dans la gouvernance migratoire au Mali. Des priorités ont été définies, notamment la standardisation des procédures, le renforcement de la coopération institutionnelle et la planification des actions futures.
Une ambition claire est portée par les autorités : faire de la migration un outil de stabilité sociale et de développement économique, tout en garantissant une réintégration digne et durable des migrants de retour.
Les retours se concentrent principalement dans les régions de forte émigration historique et les zones urbaines majeures, tandis que plusieurs programmes d’emploi et de réintégration ont été lancés pour la période 2024-2026.
Zones de concentration des retours
Les données récentes et les interventions de l’OIM ciblent des zones spécifiques où les migrants retournent ou transitent :
- Kayes, Koulikoro et Bamako : Ces zones accueillent une part importante des migrants de retour . À Bamako, les migrants sont souvent accueillis à la Cité d’accueil et d’information des Maliens de l’extérieur .
- Zones de crise et de transit : Les régions de Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou et Ménaka font l’objet d’une assistance humanitaire renforcée pour les déplacés et les migrants .
- Région de Kayes : Identifiée comme une zone à haut risque où les mouvements migratoires sont intenses, nécessitant des solutions durables .
Programmes d’emploi et initiatives 2024-2026
Le gouvernement malien a annoncé des performances records en matière de création d’emplois et des programmes spécifiques :
- Performance du marché du travail (2025) : Le Mali a enregistré un solde positif de 65 503 emplois créés en 2025, dont près de 59 % générés par le secteur public (recrutements, auto-emploi, insertion des jeunes) .
- Projets d’insertion et de réintégration (Edition 2025) : Lancé en novembre 2025 par le Ministère des Maliens établis à l’Extérieur, ce programme de 100 millions de FCFA vise l’intégration durable des migrants via des opportunités concrètes .
- Partenariat Mali-HCR : Un accord de trois ans signé en février 2026 vise l’intégration économique des réfugiés et des personnes déplacées via les systèmes nationaux de formation professionnelle .
- Projet CIJR (Insertion Professionnelle en milieu rural) : Un investissement de 2,5 milliards de FCFA sur 5 ans ciblant les régions de Sikasso, Koutiala et Bougouni pour offrir des emplois dans l’agroalimentaire (riz, sésame, fonio) .
- Initiative “L’emploi des jeunes crée des opportunités” : Un fonds de plus de 13 milliards de FCFA (20 millions d’euros) déployé à Kayes, Koulikoro, Gao et Bamako .
- Accès à l’identité juridique : En février 2026, une coordination nationale a été renforcée pour faciliter l’accès aux documents d’identité pour les migrants de retour, étape cruciale pour leur réinsertion administrative et économique.
C’est un chiffre encourageant qui témoigne d’un effort de coordination important. Le fait que près de 14 000 personnes aient pu stabiliser leur situation montre que les dispositifs d’accompagnement, au-delà de la simple aide au retour, commencent à porter leurs fruits sur le terrain.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

