Sénégal : la transition de l’actionnariat sur le projet gazier Yakaar-Teranga

DAKAR,25 avril 2026(JVFE)-Notre décryptage correspondant aux faits documentés concernant la transition de l’actionnariat sur le projet gazier Yakaar-Teranga.

Pour rappel, le retrait de Kosmos Energy a effectivement été officialisé en novembre 2023. L’entreprise américaine a choisi de céder ses parts pour optimiser son portefeuille global, tout en restant opérateur sur le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA).

Opérateur majeur du champ gazier de Yakaar-Teranga, situé au large du Sénégal, BP a officialisé, au début de novembre, son retrait au profit du pétrolier américain Kosmos Energy. Alors que le montant et les motifs de la transaction n’ont pas été révélés, l’opération semble, à première vue, refléter l’engagement du groupe britannique à réduire la voilure globale de son portefeuille de projets

Malgré son retrait d’un projet et des contraintes opérationnelles sur un autre au Sénégal, le groupe britannique a d’autres perspectives en Angola, en Égypte et en Mauritanie pour se relancer.

Sous l’administration du Président Macky Sall, la société nationale de pétrole a vu sa participation passer de 10 % à 35 %. Cette décision visait à donner à l’État un rôle de partenaire stratégique majeur plutôt que de simple actionnaire passif .

Le président Macky Sall avait reçu en audience , le PDG de Kosmos Energy Andy INGLIS avait fait le point sur l’état d’avancement des différentes phases des projets GTA et Yakaar Teranga, destinés à la fourniture de gaz domestique.

Selon Macky Sall, cette deuxième phase, qui nécessitera un investissement de 5 milliards de dollars, devrait permettre d’atteindre une production de 10 millions de tonnes de gaz en 2030.

Alors que la première phase du projet gazier Grand-Tortue Ahmeyim (GTA) est achevée à 80 %, le président Macky Sall anticipait d’ores et déjà l’étape suivante, laquelle devrait démarrer entre 2024 et 2025. 

« Dans la phase 2, qui viendra immédiatement après la phase 1, nous prévoyons de produire 5 millions de tonnes de gaz [en 2027], avec l’objectif d’atteindre 10 millions de tonnes de gaz .

Ce changement de structure visait spécifiquement à accélérer le projet pour une exploitation destinée au marché domestique (gaz-to-power), afin de réduire les coûts de l’électricité au Sénégal

À la suite de ce mouvement, BP a conservé son rôle d’opérateur avec une participation de 65 %, en attendant l’entrée possible d’un nouveau partenaire stratégique aux côtés de PETROSEN.

Le projet gazier Yakaar-Teranga a récemment connu un tournant historique avec le retrait complet de Kosmos Energy en avril 2026, plaçant désormais PETROSEN au contrôle exclusif du gisement. Ce changement modifie le calendrier de production initialement prévu. 

Maïmouna Sène, ex-députée

Maïmouna Sène est une femme politique sénégalaise, ancienne députée et membre influente du Secrétariat exécutif national de l’Alliance Pour la République (APR), le parti de l’ex-président Macky Sall. Elle se distingue par son soutien affirmé à Macky Sall, intervenant régulièrement pour défendre son bilan et critiquer le régime en place. 

Elle a salué la position de l’ex-président sur la loi d’amnistie, affirmant qu’il n’a jamais craint la vérité et cherchait à préserver la cohésion nationale.

En décembre 2025, elle a mobilisé ses partisans à Thiès pour rendre hommage à Macky Sall, tout en critiquant sévèrement le nouveau régime.

Elle s’est illustrée en taclant Robert Bourgi, qualifiant ses interventions de “porteur de valises en mal d’inspiration” et refusant toute ingérence dans les affaires sénégalaises.

Elle s’est exprimée sur des dossiers techniques comme celui de Yakaar-Teranga, qualifiant la gestion énergétique du nouveau régime de populiste,« Intellectuellement malhonnête »

Une ancienne députée de l’APR qui corrige un comportement ou une performance inadéquate avec fermeté et bienveillance Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal et leader de PASTEF.

Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal et leader de PASTEF, utilise activement sa page Facebook officielle (suivie par plus d’1,4 million de personnes) pour communiquer sur ses activités gouvernementales, notamment ses séances de questions-réponses face aux députés. Son activité récente met l’accent sur la transparence et les réformes du gouvernement.

“Hier, 22 avril 2026, restera une date historique pour notre pays.

Nous avons obtenu et signé, sans aucune contrepartie financière pour le Sénégal, l’accord de retrait conjoint de KOSMOS et de PETROSEN de la licence portant sur le bloc gazier de Cayar, dénommé YAKAAR TERANGA. Une victoire majeure.

Ce retrait sera entériné par arrêté ministériel, et une nouvelle licence sera octroyée exclusivement à PETROSEN pour l’exploitation de Yakaar-Teranga.

La reprise de ce bloc, le plus prometteur de notre bassin sédimentaire à ce jour, attribué à Frank TIMIS en même temps que celui de Saint-Louis, que nous partageons avec la République Islamique de Mauritanie, dans des conditions pour le moins opaques sous le régime du Président Macky SALL, est l’aboutissement d’un combat de dix années et d’un engagement politique ferme : tous nos actifs spoliés seront renégociés et, si nécessaire, recouvrés.

D’autres suivront. Et la vérité avec eux.

Mes félicitations et mes encouragements à Monsieur Birame Souleye DIOP, Ministre de l’Énergie, des Mines et du Pétrole, à Monsieur Alioune GUEYE, Directeur Général de PETROSEN, ainsi qu’à l’ensemble de leurs équipes, pour l’excellent travail accompli et le parfait alignement aux directives.

VIVE LE SÉNÉGAL !”

« Tous nos actifs spoliés seront renégociés et, si nécessaire, recouvrés. D’autres suivront. Et la vérité avec eux », a-t-il promis.

Voici les échéances actuelles et révisées :

  • Décision Finale d’Investissement (FID) : Initialement visée pour mi-2025, elle est désormais attendue pour décembre 2026. Ce délai doit permettre à PETROSEN de réorganiser la structure du projet et potentiellement d’attirer de nouveaux partenaires stratégiques après les départs successifs de BP et Kosmos.
  • Début de la Production (“First Gas”) :
    • Prévisions révisées (2026) : Les autorités et la direction de PETROSEN visent désormais un premier gaz entre fin 2028 et début 2029.
    • Objectifs antérieurs : Kosmos Energy visait initialement 2027, mais des experts estiment que le retrait des opérateurs historiques pourrait décaler l’exploitation commerciale vers 2030-2032 si aucun nouveau partenaire technique d’envergure n’est trouvé rapidement.
  • Stratégie “Gas-to-Power” : Le gouvernement maintient la priorité de l’usage domestique. Le gaz de Yakaar-Teranga est destiné en priorité aux centrales électriques sénégalaises pour réduire durablement le coût de l’électricité, avec une capacité prévue de 150 millions de pieds cubes par jour pour le marché local. 

Résumé du calendrier prévisionnel :

Étape Date estimée
Retrait de Kosmos / Reprise par PETROSENAvril 2026 (Acté)
Décision Finale d’Investissement (FID)Décembre 2026
Première Production de GazFin 2028 – Début 2029

Le nouveau calendrier de Yakaar-Teranga est directement lié à la promesse gouvernementale de réduire drastiquement les coûts de l’énergie au Sénégal. L’impact se manifeste à travers trois leviers principaux :

Anticipation dès 2026 : Première baisse sociale

Bien que l’exploitation massive du gaz ne débute qu’en 2028-2029, le gouvernement a déjà acté une baisse de 10 % des tarifs de l’électricité depuis le 1er janvier 2026. 

  • Cible : Cette mesure concerne plus de 2,6 millions de foyers et de petits professionnels (consommateurs de la première tranche de 0 à 150 kWh).
  • Prix : Le kilowattheure pour les ménages modestes est ainsi passé de 91,17 FCFA à 82 FCFA

Horizon 2028-2029 : L’objectif “Gaz-to-Power”

L’entrée en production de Yakaar-Teranga, désormais entièrement pilotée par PETROSEN depuis avril 2026, vise une transformation structurelle : 

  • Cible tarifaire ambitieuse : Le Premier ministre Ousmane Sonko a réitéré l’objectif de ramener le prix du kilowattheure à environ 60 FCFA grâce à l’exploitation directe du gaz local.
  • Indépendance énergétique : En remplaçant les combustibles importés par du gaz domestique, le pays prévoit d’économiser environ 140 milliards de FCFA par an sur ses factures d’importation dès 2026-2027. 

Risques liés aux retards

Le retrait de partenaires comme BP (en 2023) et Kosmos Energy (en 2026) crée des incertitudes sur le financement des infrastructures nécessaires. 

  • Tout décalage de la Décision Finale d’Investissement (FID), prévue fin 2026, pourrait retarder la baisse généralisée des tarifs pour l’industrie et les gros consommateurs.
  • L’État mise sur la nationalisation du projet pour garantir que le gaz serve prioritairement le marché intérieur à un prix fixé (environ 3 dollars le MMBtu), déconnecté des fluctuations mondiales. 

Résumé de l’impact sur les tarifs (FCFA/kWh) :

PériodeTarif (Tranche sociale)Statut
Avant 2026~91 FCFA
Depuis Janvier 202682 FCFAActé
Horizon 2029 (Gaz local)~60 FCFAObjectif 

L’exploitation du gaz de Yakaar-Teranga repose sur un réseau de nouvelles centrales thermiques converties ou construites spécifiquement pour le gaz (technologie Gas-to-Power).

Voici les projets phares qui transformeront ce gaz en électricité :

La Centrale de Malicounda (120 MW)

Déjà opérationnelle, elle a été conçue pour fonctionner initialement au fioul lourd, mais elle est “Gaz Ready”. C’est l’une des premières qui basculera sur le gaz de Yakaar-Teranga dès que le pipeline de raccordement sera prêt, permettant une baisse immédiate de ses coûts d’exploitation.

La Centrale de Cap des Biches (West African Energy – 300 MW)

C’est le plus grand projet porté par des investisseurs privés sénégalais.

  • Capacité : Elle pourra fournir jusqu’à 25 % de la consommation électrique du pays.
  • Rôle : Elle est stratégique car elle utilise des turbines de dernière génération capables de produire une énergie stable et beaucoup moins polluante que les vieilles centrales au charbon ou au fioul.

Le projet de la Centrale de Mboro

Située à proximité des zones d’atterrissage du gaz, cette centrale est au cœur du dispositif de PETROSEN.

  • Objectif : Alimenter les industries extractives de la zone (notamment les Industries Chimiques du Sénégal – ICS) et stabiliser le réseau électrique dans la zone nord et centre.

Le Réseau de Gazoducs (Le “Pipeline”)

Pour que ces centrales fonctionnent, l’État développe via la société SENGAS un réseau de pipelines terrestres :

  • Il reliera le point d’arrivée du gaz en mer aux zones industrielles de Dakar, Thiès et Saint-Louis.
  • Ce réseau est la colonne vertébrale qui permettra de ne plus dépendre des camions-citernes pour le transport de combustible.

L’enjeu majeur :
Le succès de ces centrales dépend de la capacité de PETROSEN à finaliser les infrastructures de transport du gaz (le “Midstream”) en même temps que l’extraction en mer. Sans ces tuyaux, les centrales resteront dépendantes du fioul importé.

Depuis le retrait de Kosmos Energy, acté le 22 avril 2026, l’État du Sénégal a adopté une stratégie de financement souveraine pour les infrastructures de transport et d’exploitation du bloc Yakaar-Teranga, dont l’investissement total est estimé à 3 milliards de dollars

Voici les principaux leviers de financement mobilisés :

  • Appel à l’épargne nationale et à la diaspora : PETROSEN a lancé une initiative inédite visant à financer une partie du projet via l’épargne des ménages et de la diaspora sénégalaise. Cette démarche vise à renforcer la propriété nationale du projet.
  • Partenariats Public-Privé (PPP) pour les gazoducs : Pour le réseau de 400 km géré par Réseau Gazier du Sénégal (RGS), le gouvernement privilégie des partenariats public-privé afin d’accélérer la construction sans peser uniquement sur le budget de l’État.
  • Budget d’investissement propre de PETROSEN : La société nationale a déjà inscrit 100 millions de dollars (environ 50 milliards de FCFA) dans son budget 2026 pour financer les travaux de prospection et de développement immédiats.
  • Plan Spécial d’Investissement 2026-2028 : Le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté un plan de financement triennal destiné à transformer le tissu productif, où les projets gaziers sont prioritaires pour garantir la souveraineté énergétique.
  • Recettes des autres gisements : Le Sénégal compte également sur les recettes générées par le champ pétrolier de Sangomar (en production depuis juin 2024) et le projet GTA (mis en service en 2025) pour réinvestir dans le développement de Yakaar-Teranga. 

L’État n’exclut pas l’arrivée d’un nouveau partenaire technique stratégique à l’avenir, mais il a choisi d’octroyer la licence exclusivement à PETROSEN pour l’instant afin de garder le plein contrôle sur le concept de développement (priorité au marché local). 

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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