Nairobi accueille le sommet Afrique-France baptisé officiellement “Africa Forward “

DAKAR, 11 MAI 2026 (JVFE)-Le sommet Africa Forward 2026 , étape importante des relations franco-africaines, se tiendra à Nairobi, au Kenya , aux dates clésdes 11 et 12 mai 2026.

C’est la première fois que cet événement a lieu dans un pays anglophone.

Le Kenya accueille désormais environ 140 entreprises françaises, contre une trentaine seulement il y a quinze ans. « Nairobi est devenue une plateforme diplomatique et économique incontournable », observe un analyste.

La président du Kenya, William Ruto, et celui de la France, Emmanuel Macron, coorganisent les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi un sommet Afrique-France, le premier dans un pays anglophone, baptisé « Africa Forward » (« En avant l’Afrique ») et résolument tourné vers l’économie et les investissements. Présentation.

En coulisses, plusieurs conseillers français décrivent le président kényan comme « un partenaire compatible avec la nouvelle doctrine française ». Comprendre :

  • libéral économiquement
  • proche des milieux financiers internationaux
  • influent dans les discussions sur la réforme du système financier mondial
  • interlocuteur crédible sur les questions sécuritaires régionales

Le Kenya, nouvelle pièce maîtresse de Paris

Le véritable cœur politique de la tournée se trouve cependant à Nairobi. Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 2017, Emmanuel Macron organise un sommet Afrique-France avec des chefs d’État africains… dans un pays anglophone.

Le message est clair : sortir du tête-à-tête historique avec l’Afrique francophone. Et surtout contourner les fractures ouvertes au Sahel.

Depuis les ruptures avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, Paris cherche de nouveaux partenaires régionaux capables d’incarner une relation moins marquée par l’héritage colonial. Dans cette nouvelle architecture, le président kényan, devient central.

  • Défendeurs : La République française (Emmanuel Macron) et le Kenya (William Ruto).
  • Téem bi: “Africa Forward : Partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance”.
  • Le but:
    • Promouvoir et renforcer la coopération économique.
    • Trouver des financements et renforcer le volet technique (innovation).
    • Se tourner vers les pays africains anglophones.
  • Participants : On attend au moins 2 000 personnes , parmi lesquelles des dirigeants des secteurs public, financier et des affaires.

Africa Forward : le grand retour du business français

Derrière les discours politiques, l’objectif principal du sommet apparaît clairement : réinstaller les entreprises françaises au cœur du jeu africain. La délégation patronale annoncée donne le ton :

  • Rodolphe Saadé ; Patron du groupe CMA-CGM, l’un des leaders mondiaux de la logistique.
  • Patrick Pouyanné. Directeur général de Total
  • Sébastien Bazin ; PDG d’AccordHotels
  • Antoine Bernard de Saint-Affrique ; Directeur général de Danone

Selon plusieurs sources, Paris veut répondre à une inquiétude croissante : le recul économique français face à la Chine, à la Turquie, aux Émirats arabes unis et même à certains groupes indiens.

« La France ne peut plus vivre sur ses réseaux historiques. Elle doit redevenir compétitive », admet un haut responsable européen sous-anonymat.

Ormuz, mer Rouge : la sécurisation des routes commerciales en toile de fond

Un autre sujet occupe discrètement les discussions : la crise des corridors maritimes. Avec les tensions autour du détroit d’Ormuz et les perturbations en mer Rouge, Paris pousse désormais l’idée d’une « coalition maritime » neutre. Emmanuel

Macron espère convaincre plusieurs partenaires africains et moyen-orientaux de soutenir cette initiative. Car derrière les discours sécuritaires, l’enjeu est colossal : protéger les routes énergétiques et commerciales reliant l’Europe à l’Afrique et à l’Asie.

« Les ports africains deviennent stratégiques dans la nouvelle géopolitique mondiale », glisse un expert maritime.

Addis-Abeba : retour au siège du pouvoir africain

Dernière étape de la tournée : Addis-Abeba. Et là encore, le symbole est puissant. Emmanuel Macron doit rencontrer le président de la Commission de l’Union africaine ainsi que Antonio Guterres. Objectif officiel : soutenir les efforts africains de paix et de sécurité.

Mais plusieurs observateurs y voient surtout une tentative française de réinvestir les enceintes multilatérales africaines, au moment où d’autres puissances gagnent du terrain.

La Chine, l’ombre permanente du voyage

Dans tous les dossiers abordés – infrastructures, énergie, numérique, dette, sécurité – un acteur revient systématiquement dans les conversations privées : la Chine. Car les chiffres inquiètent Paris :

  • les échanges Chine-Afrique dépassent désormais largement ceux de la France
  • Pékin contrôle une part majeure des infrastructures africaines stratégiques
  • plusieurs capitales africaines considèrent désormais la Chine comme un partenaire prioritaire

« Le vrai sujet du sommet, c’est la compétition mondiale pour l’Afrique », reconnaît un diplomate européen.

Une tournée sous pression

À l’Élysée, on présente cette séquence comme une preuve d’ouverture vers « une Afrique aux mille langues ». Mais derrière cette formule, une réalité plus brutale s’impose : la France cherche désormais sa nouvelle place sur un continent qui ne veut plus dépendre d’un seul partenaire. Et dans cette recomposition accélérée, Paris tente d’éviter un déclassement géopolitique durable.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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