Conseil de sécurité des Nations : une déclaration musclée de la Confédération des États du Sahel (AES),dénonçant les violences terroristes qui frappent la région depuis plus d’une décennie

DAKAR, 24 MAI 2026 (JVFE)–Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, la Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a dénoncé le « terrorisme médiatique » mené par une « certaine presse militante et revancharde ». Les trois pays ont réaffirmé leur « détermination sans faille » à éradiquer le terrorisme dans la région.

Réuni le 20 mai 2026 à New York autour de la protection des civils dans les conflits armés, le Conseil de sécurité des Nations Unies a été le théâtre d’une déclaration musclée de la Confédération des États du Sahel (AES). Prenant la parole au nom du Mali, du Burkina Faso et du Niger, l’ambassadeur Issa Konfourou a dénoncé les violences terroristes qui frappent la région depuis plus d’une décennie.

Pour rappel,au cours de cette réunion consacrée à la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest et au Sahel, l’Alliance a également dénoncé “les ingérences et les pratiques du passé”. 

Dans ce contexte, Human Rights Watch a demandé à l’Union européenne de revoir sa stratégie au Sahel, notamment pour venir au secours des populations civiles qui subissent les violences des groupes armées, mais aussi des militaires. 

C’est Issa Konfourou, ambassadeur du Mali à New York, qui a porté la voix des ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Maliet du Niger. Après avoir appelé à une rupture radicale avec les méthodes passées, Issa Konfourou a souhaité qu’une nouvelle approche soit adoptée, dans le cadre de la lutte contre le djihadisme.  

Les djihadistes liés à Al-Qaïda comme le Jnim, ou l’État islamique (EI) multiplient leurs attaques dans les trois pays membres de l’AES : le Mali, le Niger, le Burkina Faso.  

D’où les avertissements de l’ambassadrice du Danemark auprès des Nations unies, Sandra Jensen Landi, mardi, devant le Conseil de sécurité de l’Onu. 

D’après la diplomate, “la direction centrale d’Al-Qaïda demeure faible et largement marginalisée. Mais ses affiliés ont gagné du terrain. Des groupes comme le Jnim au Sahel ont profité des défaillances de l’État pour étendre leur influence et leurs financements. Ils continuent d’inciter aux attaques et de collecter des fonds”. 

Au cours de la réunion du Conseil de sécurité, plusieurs appels à la mutualisation des forces ont été formulés,

Le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, avait appelé les États du Sahel à mettre de côté leurs différends pour faire face à l’explosion des attaques des groupes jihadistes dans cette région.  

Un vœu  a été émis par Omar Alieu Touray, le président de la Commission de la Cédéao. Il avait rappelé que “la confiance est nécessaire pour que les pays collaborent dans le partage d’informations et de renseignements, les patrouilles frontalières et les opérations conjointes”.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot

Au Mali, depuis plusieurs semaines, les djihadistes, notamment ceux du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, le Jnim, ont imposé un blocus sur les ravitaillements de carburant, asphyxiant l’économie du pays jusqu’à sa capitale, Bamako. En dépit de la présence sur le territoire malien des mercenaires russes d’Africa Corps, dont l’inefficacité a été dénoncée ce jeudi (20.11) à Bruxelles par Jean-Noël Barrot, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, au cours d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne consacrée à la politique européenne pour le Sahel. 

“Personne ne me contredira ici, à Bruxelles, lorsque je dis que la Russie a échoué à tenir ses engagements pris auprès des autorités des pays du Sahel de leur permettre de contenir la progression des groupes terroristes, qui, aujourd’hui, au Mali, encerclent la capitale et opèrent un blocus énergétique qui menace la stabilité du pays et la sécurité de celles et ceux qui y vivent”, a-t-il déclaré.

Dans une récente note, l’ONG de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch, demande aussi à l’Union européenne de revoir sa stratégie pour le Sahel, notamment pour venir en aide aux populations civiles. 

Cette demande a été formulée face à la détérioration de la situation des droits de l’Homme dans les trois pays du Sahel qui sont membres de la confédération des États du Sahel.  

“Aussi bien au Mali, qu’au Burkina Faso, la violence s’est accrue contre des civils, à la fois de manière brutale par des groupes armés, mais aussi par les forces de sécurité nationale et leurs alliés respectifs. Donc, l’UE a besoin d’être présente pour affirmer son soutien à ceux qui souhaitent mettre fin à ces violations, pour fournir, avec les autres partenaires internationaux, un soutien et des remèdes”, explique à la DW, Philippe Dam, le directeur du plaidoyer de Human Rights Watch pour l’Union européenne à Bruxelles. 

L’AES se dit “entièrement disposée à la coopération” avec les partenaires, mais pose une condition : le “strict respect de la souveraineté de nos États, de nos choix stratégiques et de nos choix de partenaire”. 

Portée par l’ambassadeur du Mali à New York, Issa Konfourou, cette intervention officielle a servi à réaffirmer la détermination sans faille des trois régimes militaires à éradiquer l’extrémisme armé tout en réclamant une refonte globale de l’aide internationale.  

Dans son intervention, le diplomate malien a rappelé que les groupes armés terroristes, soutenus selon lui par des « sponsors étatiques étrangers », sont responsables de milliers de morts civiles et militaires dans l’espace sahélien. Il a évoqué les attaques contre les populations, les déplacements forcés, les destructions d’infrastructures publiques, d’écoles, de centres de santé ainsi que les perturbations des circuits économiques et agricoles.

Face à cette menace, les dirigeants de l’AES ont choisi, selon lui, de mutualiser leurs efforts dans les domaines de la défense, de la diplomatie et du développement. Issa Konfourou a salué l’engagement des forces confédérales qui, « de jour comme de nuit », combattent pour assurer la sécurité des populations civiles.

Le représentant permanent du Mali auprès des Nations Unies s’est également attaqué à certains médias étrangers accusés de relayer « la propagande terroriste » et de chercher à discréditer les armées sahéliennes. Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « terrorisme médiatique quotidien », appelant à mettre fin aux campagnes de désinformation visant les pays de l’AES.

La Confédération des États du Sahel a par ailleurs dénoncé « l’agenda subversif » de certains États membres de l’ONU, accusés de vouloir maintenir une forme d’hégémonie dans la région. Malgré ce contexte, l’AES affirme rester attachée au respect des droits humains et du droit international humanitaire dans la conduite de ses opérations militaires.

Issa Konfourou a aussi salué la déclaration du Conseil de sécurité du 15 mai 2026 condamnant les attaques terroristes coordonnées du 25 avril au Mali, tout en exprimant la solidarité de l’ONU envers le peuple malien.

En conclusion, le diplomate a réaffirmé la détermination des États membres de l’AES à poursuivre la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent dans l’espace sahélien, tout en rendant hommage aux victimes civiles et militaires des attaques terroristes dans la région.

📰 La dénonciation du « terrorisme médiatique » 

L’Alliance s’est attaquée de front à la guerre de l’information qui fait rage parallèlement aux combats physiques :

L’AES fustige les méthodes d’une « presse militante et revancharde » accusée de manipuler l’opinion et de saboter le moral des troupes locales.

Selon les trois États, la diffusion non filtrée des revendications ou la dramatisation des attaques revient à faire le jeu des terroristes.

Pour illustrer le coût humain de cette violence, un hommage solennel a été rendu aux victimes civiles et militaires, notamment à la tiktokeuse malienne Mariam Cissé, enlevée puis exécutée par des hommes armés à Tonko. 

🤝 Souveraineté et rejet des ingérences passées

Au-delà de la communication, le discours à l’ONU a posé les nouvelles conditions de dialogue de l’alliance sahélienne : 

L’ambassadeur a rappelé l’inefficacité des interventions occidentales antérieures et le besoin d’une approche internationale neuve.

Les trois pays réclament une coopération régionale et mondiale strictement basée sur le respect mutuel et exempte de toute ingérence extérieure. L’AES rappelle que le pacte de défense mutuelle scellé entre Bamako, Ouagadougou et Niamey fait bloc face à toute agression ou menace.

️ Une détermination sécuritaire maintenue

Malgré la pression continue des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique – qui concentrent une part majeure de la violence terroriste mondiale au Sahel central – l’AES maintient son cap : 

Le déploiement opérationnel de leur force militaire unifiée se poursuit pour reconquérir les territoires.

En parallèle, le bloc a structuré des initiatives souveraines comme le lancement de leur banque d’investissement régionale dotée de 500 milliards de FCFA pour s’affranchir des tutelles financières étrangères. 

Les principaux points soulevés lors de cette tribune diplomatique incluent :

Les représentants de l’AES ont accusé certains médias de relayer la propagande des groupes terroristes et d’amplifier leurs actions.

Les États du Sahel ont réclamé une coopération régionale et internationale « sincère et dénuée d’ingérences », afin de mieux mutualiser les efforts sécuritaires.

La Confédération a également rappelé sa souveraineté, exigeant que les partenariats se fassent dans le strict respect de leurs intérêts nationaux. 

L’organisation onusienne travaille avec ses instances pour soutenir les initiatives de paix en Afrique.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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