EN DIRECT – Conflit au Moyen-Orient: un cadre d’accord global de cessez-le-feu pour tenter de mettre fin à la guerre, mais Donald Trump ne l’a pas encore validé

DAKAR, 29 MAI 2026 (JVFE)–Les États-Unis et l’Iran ont établi un cadre d’accord global de cessez-le-feu pour tenter de mettre fin à la guerre. Cet accord reste toutefois à finaliser et à valider politiquement.

Un cadre d’accord global entre les États-Unis et l’Iran pour étendre le cessez-le-feu de 60 jours a été établi par les médiateurs, mais il attend toujours la validation du président Donald Trump. Le président américain a indiqué qu’il souhaitait prendre le temps de l’étudier pour obtenir des conditions plus favorables.

Voici les enjeux de cette proposition en cours :

  • Prolifération et liberté de navigation : Le cadre prévoit un accès illimité au détroit d’Ormuz pendant 60 jours, impliquant le retrait des mines marines par l’Iran.
  • Levée des sanctions et pétrole : En contrepartie, le blocus naval américain sur les ports iraniens serait allégé, permettant à Téhéran de vendre à nouveau du pétrole. [
  • Dispositions territoriales : Cet accord préliminaire ne résout pas pour le moment la question du programme nucléaire iranien, se concentrant d’abord sur la désescalade militaire.

Diplomatie et négociations de paix

Un projet de cadre d’accord a été annoncé par Washington pour prolonger le cessez-le-feu et stabiliser la région

Selon le vice-président J.D. Vance, les deux pays ont accompli de “nombreux progrès” vers une résolution du conflit.

 Le document doit encore être formellement validé par le président américain, tandis que Téhéran affiche une certaine prudence.

Situation militaire sur le terrain

Les tensions restent vives après de lourds bombardements croisés menés par l’Iran et les États-Unis dans la nuit de mercredi à jeudi.

Les deux nations se reprochent mutuellement d’enfreindre la trêve temporaire à la suite de ces frappes directes.

En parallèle, l’armée israélienne poursuit ses opérations militaires intensives et a élargi sa “zone de combat” face au Hezbollah.

Au Liban, Israël a poursuivi ses frappes meurtrières jeudi 28 mai, alors même que l’armée israélienne a étendu sa « zone de combat » contre le Hezbollah pro-iranien, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril. Ce vendredi 29 mai, le volet sécuritaire des négociations entre Israël et le Liban s’ouvre à Washington. Sur le terrain des négociations, un protocole d’entente pour prolonger leur cessez-le-feu et lever les restrictions sur la navigation dans le détroit d’Ormuz semble se dessiner entre États-Unis et Iran, sans que Donald Trump ne l’ait encore validé.

En parallèle, l’armée israélienne poursuit ses opérations milit L’agence iranienne Tasnim, citant une source proche de l’équipe de négociation, a démenti l’information. « Cela est faux et le texte n’est pas encore finalisé », a-t-elle écrit.

Ces dernières annonces ont suivi de peu un échange de frappes qui a conduit les États-Unis et l’Iran à s’accuser mutuellement de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les États-Unis ont abattu quatre drones d’attaque iraniens qui représentaient une « menace autour du détroit d’Ormuz » et ont frappé « une station de contrôle au sol à Bandar Abbas qui menaçait de lancer un cinquième drone », selon un responsable américain.

En représailles, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir visé une base américaine, sans préciser laquelle. De leur côté, le Koweït et l’armée américaine ont fait état de frappes, attribuées à l’Iran, sur le territoire de cette monarchie du Golfe

Sur l’autre front du conflit, au Liban, Israël a étendu sa « zone de combat » et poursuivi ses frappes meurtrières alors même que la fin des hostilités contre le Hezbollah pro-iranien est une exigence de Téhéran pour parvenir à un accord.

La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, a fait des milliers de morts. Et elle ébranle l’économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole, la République islamique verrouillant le détroit d’Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures.

Alors qu’on croyait les négociations en péril, des sources à Washington ont fait état d’un cadre d’accord avec l’Iran qui prévoit une extension de 60 jours du cessez-le-feu en cours depuis le 8 avril, et nécessite encore l’aval du président américain.

Cette annonce est tombée après que l’Iran et les États-Unis ont échangé des frappes dans la nuit de mercredi, les affrontements les plus graves depuis l’entrée en vigueur de la trêve.

L’information a d’abord été révélée par le site américain Axios, selon lequel cet accord préalable ne règle pas la question du programme nucléaire iranien – qui sera abordé ultérieurement – mais inclut un engagement de l’Iran à ne pas chercher à se doter de la bombe atomique.

Les États-Unis et l’Iran ont fait « beaucoup de progrès » vers un accord, mais Donald Trump n’est pas encore prêt à l’approuver, a déclaré de son côté le vice-président américain J.D. Vance.

« Nous sommes en train de négocier certaines formulations. Nous avons fait beaucoup de progrès », a-t-il dit aux journalistes. « Nous espérons que nous continuerons à progresser et que le président sera en mesure d’approuver l’accord, mais bien sûr, cela reste encore à déterminer ».

Les marchés ont réagi avec prudence : les Bourses européennes ont réduit leurs pertes, tandis que Wall Street a affiché de nouveaux records. Les cours du pétrole ont peu bougé.

« Combien de fois un compromis a-t-il semblé à portée de main, et combien de fois les investisseurs ont-ils été déçus ? », a commenté Andreas Lipkow de CMC Markets. « Ce n’est que lorsque l’encre de la signature sera sèche que l’on pourra envisager un repositionnement ».

Sur la question d’Ormuz, le protocole prévoit un accès « illimité » au détroit, selon Axios, qui cite deux responsables américains. En contrepartie, le blocus américain des ports iraniens serait levé et Téhéran autorisé à vendre du pétrole grâce à une suspension des sanctions américaines.  

Disant ne tolérer « aucune tentative visant à instaurer un système de péage », le ministre américain des Finances Scott Bessent a menacé de s’en prendre à Oman, un allié des États-Unis et voisin de l’Iran, en cas de coopération avec Téhéran pour le contrôle du détroit.

Washington a par ailleurs annoncé jeudi de nouvelles sanctions visant à tarir les fonds provenant de la vente de pétrole iranien.

D’autres sujets divisent les deux camps. Outre la fin des combats sur tous les fronts, le pouvoir iranien cherche à obtenir le déblocage de 24 milliards d’avoirs gelés à l’étranger. Et sur le volet nucléaire, il refuse tout transfert à l’étranger du stock d’uranium enrichi, dont Donald Trump réclame la destruction.

« Au jour le jour »

Plus tôt jeudi, les deux camps s’étaient mutuellement accusés de violer le cessez-le-feu.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les États-Unis ont abattu quatre drones d’attaque iraniens qui représentaient une « menace autour du détroit d’Ormuz » et ont frappé un site à Bandar Abbas « qui menaçait de lancer un cinquième drone », d’après un responsable américain.

En représailles, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont annoncé avoir visé une base américaine, sans préciser laquelle. Le Koweït et l’armée américaine ont fait état de frappes, attribuées à l’Iran, sur le territoire de ce royaume du Golfe.

Dans ce climat tendu, des habitants de Téhéran confient leur inquiétude. Mahtab, 62 ans, coiffeuse dans la capitale iranienne, se félicite que sa fille ait pu quitter le pays, car « c’est l’enfer ici » et se lamente de voir son fils vivre lui « au jour le jour », sans perspective.

Au Liban, au moins 17 personnes sont mortes dans des frappes israéliennes dans le sud du pays, où Israël a étendu sa « zone de combat » contre le Hezbollah pro-iranien, ainsi que près de Beyrouth.  

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a déploré une « escalade » ces derniers jours, malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril.

Le Pentagone devait accueillir vendredi des représentants militaires libanais et israélien avant une nouvelle session de pourparlers les 2 et 3 juin à Washington.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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