DAKAR, 07 JUIN 2026 (JVFE)—Abdou Sylla a été arrêté après avoir directement interpellé le Président de la République. Il lui a rappelé son parcours d’ex détenu, les deux années passées en prison selon le communiqué de Babacar Sarr Beugue Bamba dans dan sa page Facebook .
Abdou Sylla souffre encore aujourd’hui sans bénéficier d’une prise en charge adéquate.
Pour rappel , la première personnalité qui a tenu ce discours précis sur les deux années de prison et le statut d’ex-détenu est bien le chroniqueur Abdou Nguer.
Abdou Nguer, célèbre sur les réseaux sociaux, a directement interpellé le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Dans ses interventions publiques, il a ouvertement rappelé au chef de l’État son propre parcours d’ex-détenu et la période que ce dernier a passée en prison avant son élection.
Contrairement au simple rappel du passé carcéral du Président, les poursuites judiciaires à l’origine de son arrestation découlent de déclarations spécifiques jugées répréhensibles par la justice, notamment des accusations de diffusion de fausses nouvelles ou d’offense.
Cette fois ci, on se demande si interpeller une autorité sur une situation personnelle difficile et solliciter une assistance ne devrait pas-t-il pas constituer un motif d’arrestation ?
En droit strict, interpeller une autorité et solliciter une assistance face à une situation difficile ne constitue jamais un motif légal d’arrestation.
La liberté d’expression et le droit de pétition sont constitutionnellement garantis. Cependant, en pratique, l’arrestation survient souvent si l’interpellation dégénère en trouble à l’ordre public ou en rassemblement illégal.
Pourquoi cela ne devrait pas être un motif d’arrestation :
Le principe du recours administratif permet à tout citoyen de soumettre ses doléances à l’administration sans crainte de représailles.
Demander de l’aide n’est pas un délit de flagrance ni un acte de rébellion.
Exprimer sa détresse face aux conditions de vie (comme le chômage ou la précarité) relève de l’exercice des droits humains fondamentaux.
Les limites à connaître :
Si l’acte d’interpeller se fait avec violence, bloque la voie publique, ou s’apparente à un attroupement non autorisé, les forces de l’ordre peuvent intervenir pour “trouble à l’ordre public”
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
