DAKAR, 14 JUIN 2026 (JVFE)—L’affaire ASER / AEE Power EPC est un scandale politico-financier portant sur le détournement présumé de 56 millions d’euros (environ 36,7 milliards de FCFA) destinés à un vaste programme d’électrification rurale de 1 600 localités au Sénégal, impliquant la société espagnole AEE Power EPC et plusieurs personnalités publiques.
Le secteur de l’énergie au Sénégal, depuis près de 30 ans, a été un véritable casse-tête pour les pouvoirs publics.
Pour rappel ,de la privatisation avec l’arrivée du géant canadien Hydro- Québec sous les années Diouf, au Plan Takkal sous le régime Wade, le seul qui aura réussi à disposer du bon remède, est sans conteste le “Macky” qui aura réussi à tripler la capacité de production, mettre le pays hors délestage et même s’offrir le luxe de baisser le prix de l’électricité.
Le Chef de l’État a dans un premier temps mis en œuvre des investissements conjoncturels pour permettre à la Senelec de recouvrer ses capacités et de se délester du contrat léonin avec la structure américaine APR Energy signé par l’ex puissante dame du régime Wade, Aminata Niane. Ayant réussi à sortir le Sénégal des ténèbres, Macky Sall propulsa son Directeur de cabinet à la tête de la société d’énergie du Sénégal pour mener les réformes structurelles pour qu’enfin la Senelec « gagne de l’argent ».
En deux ans, Macta Cissé aura réussi non seule- ment à stabiliser la production, mais surtout à solutionner l’épineux problème de la distribution. Mais la Senelec, c’est aussi, depuis des années la “mafia de la fraude et du vol de l’électricité”. Une situation qui plombe les efforts réalisés par le « Macky » et qui devrait connaître son éradication avec une solution venue d’un jeune ingénieur sénégalais qui avait fini de faire ses preuves au sein d’Edf et éprouvé sa méthodologie au sein de sa structure « Ines ».
Amadou Ly, patron d’Ines, disposait d’un système d’information analytique et la Senelec le besoin de minimiser les pertes sur son réseau.
C’est ainsi, qu’une suite logicielle de supervision des réseaux électriques à partir des centrales jusqu’au client final etait présentée pour permettre à la Senelec de faciliter la gestion des pannes par la détection automatique des coupures et la réaction proactive des services d’assistance au client, l’accroissement des performances commerciales de la société d’énergie par la fiabilisation de la facturation et l’amélioration de la gestion de pointe à travers la maîtrise dynamique de la demande…. Tous les attributs d’une solution technologique, qui donnait naissance à Ailée, dont la Senelec est l’actionnaire majoritaire, un moyen pour la société énergétique sénégalaise de ferrer encore plus son partenaire et d’avoir un parfait contrôle sur la technologie du jeune Amadou Ly. Ainsi, sur un recouvrement de pertes de 345 milliards, la Senelec se voit disposer d’une solution à travers des compteurs intelligents, une application de gestion des pannes réseaux et une maitrise de la demande, le tout à 429 frs par mois et par client. Le Senelec grâce à sa filiale se voit récupérer 345 milliards de pertes sur dix ans pour un investissement de 186 milliards.
Présent au sein des cercles de décisions de la Senelec depuis plus de 10 ans, Pape Demba Biteye, a été en amont, au cœur et en aval de la négociation entre Akilee et la Senelec. Très au fait des enjeux du secteur dans le cadre du futur compact MCA, l’actuel DG de la Senelec a même joué de l’argument Akilee lors des négociations du compact avec les équipes américaines. En outre, de son perchoir au niveau du SPE, il n’a pas manqué de rassurer les IPP, producteurs in- dépendants d’électricité, sur les solutions implémentées par la Senelec grâce à sa filiale Akilee. Pape Demba Biteye, selon une source qui l’a rencontré à plusieurs reprises, nous confie que ce dernier même avant son retour à la Senelec, parlait de Akilee comme une filiale. Aux côtés de son prédécesseur dans le conseil d’administration de la Senelec, le président du mouvement “KREM » a été un fervent défenseur du projet Akilee jusqu’au jour qu’il a vu une proposition venue d’Israël et portée par le nouvel homme de deal de la République. Delors, il fallait faire de la place et éjecter Ailée qui se montrait jaloux de sa technologie et de son marché si peu facturé d’après des hommes avertis et habitués à se « sucrer » dans ce secteur. Alors le pension- naitre de Bingerville, Pape Demba Biteye, n’avait qu’à actionner ceux qui n’ont aucun intérêt dans le déploiement de la solution Ailée, les syndicats, pour mener la campagne de diabolisation et replacer ceux qui avaient fait allégeance. Un homme clé du dossier, celui-là même qui avait fait l’étude et donné l’avis favorable à l’alliance avec Amadou Ly, est promu Secrétaire général de la Senelec, mais voilà, l’actuel DG avait avalisé par son vote, qui a rejoint celui de l’ensemble des membres du Conseil d’administration, la création de la filiale Akilee. Tout en se gardant de dire que les 34% de la société d’énergie au sein de Akilee et les perspectives des solutions en développement sur le marché sous régional sont une véritable source de revenus pour la Senelec, l’ex- conseiller technique du ministère de l’Énergie, au temps de Maïmouna Seck, risque de replonger la Senelec dans la voix d’un contentieux qui s’annonce perdu d’avance.
Comme un air de déjà vu, la défiance de Pape Demba Biteye de son ministre de tutelle, rappelle le bras de fer qu’avait tenté d’imposer Samuel Sarr, Directeur général de la Senelec à Me Madické Niang, ministre de l’Énergie et des Mines avec comme premier des ministres un certain Macky SALL.
L’on se souvient à l’époque, que la caricature de Samuel Sar affairiste et Madické Niang avo- cat d’affaires justifiait les malentendus entre les deux. Mais, jamais le Chef du gouvernement n’avait lâché son ministre et même mieux au plus fort de la crise, il s’en ouvrit à « Pa-Bi » qui remit à Me Madické son autorité pour mettre fin « aux deals » annoncés de Samuel Sarr. 15 ans se sont écoulés, les acteurs ont changé, mais les positions et les intérêts restent les mêmes.
D’un côté un ministre soucieux de préserver les intérêts du secteur et « son legs » et de l’autre un Directeur général en contact direct avec les affairistes et qui tient la bourse des décisions. De par sa position l’ex-Secrétaire permanent du SPE, sait distiller les infos en direction du palais et grâce aux intermédiaires de l’offre “made in Jérusalem” cerne son ministre et dispose d’un parrain qui ne manque de glisser un mot assassin au “Boss » sur MMC présenté comme un actionnaire de Ailée. L’histoire se répète, mais le Macky dispose cette fois-ci d’un atout pour démêler le vrai du faux, car il aura été un acteur du cas Samuel – Madické. « Une raison qui a poussé le « Macky » à siffler la fin de la récréation et « ordonner » à Biteye de négocier avec Ailée, surtout que la clause d’exclusivité du contrat stipule que sans accord formel de Ailée, toute entreprise (de Biteye et ses hommes )qui enfreint les droits d’exclusivité de l’entente Senelec – Ailée, est « sanctionnée par une indemnité égale au montant de la part fixe » ».
Où sont ces opposants, membres de la Société civile ou activistes, chantres de la transparence et de la bonne gouvernance ? Ils observent un silence bruyant dans l’affaire Senelec-Akilee. Un contrat à 187 milliards dans lequel ils ne semblent rien trouver à redire.
L’affaire Petro Tim, le contrat d’attribution d’exploration du pétrole et du gaz, fer de la Falémé… Ces dossiers avaient déclenché une vague de polémiques. Ousmane Sonko, Mamadou Lamine Diallo, Birahime Seck ou des plateformes comme Aar li ñu bokk, Noo lank avaient levé le ton pour mettre la pression sur le pouvoir et réclamer plus de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques. Curieusement, ces parangons autoproclamés de la bonne gouvernance se sont tus dans l’affaire Senelec-Akilee. La Société nationale d’électricité s’estime lésée dans ce contrat signé avec Akilee pour la fourniture de compteurs intelligents pour une manne financière de 187 milliards de francs Cfa sur 10 ans. A l’heure du Covid-19 qui occupe les devants de l’actualité, l’affaire Senelec-Akilee parvient tant bien que mal à occuper la Une des journaux comme hier.
Cependant, le silence de l’opposition et de la Société civile paraît intrigant pour une affaire à 187 milliards de francs Cfa. Au Pastef, l’on prend des précautions avant de se prononcer publiquement. D’après un membre du Bureau politique, la commission Energie et hydraulique du parti de Ousmane Sonko a déjà dressé un rapport qui devra être validé par le Comité de pilotage de ladite formation politique. «On ne veut pas se prononcer sans avoir les tenants et aboutissants de cette affaire», glisse un responsable de Pastef. Prudence, c’est aussi la ligne de Birahime Seck, coordonnateur du Forum civil. «On ne veut pas parler comme ces partis politiques qui se prononcent sans réellement maîtriser le sujet. Cette affaire est très importante. Et donc nous sommes en train de faire nos recherches. Le moment venu, le Forum civil va donner une position très claire sur la question», a indiqué M. Seck, joint par téléphone.
Si certains déclinent poliment, d’autres ne prennent même pas leur téléphone quand on les contacte. Mamadou Lamine Diallo, si prompt à alerter sur les questions de transparence, n’a pas jugé utile de répondre au téléphone. Dans le message qui lui a été envoyé, il a été précisé qu’il s’agissait de prendre son point de vue sur cette question. Mais le député, leader du mouvement Tekki, n’a pas décroché son téléphone. Même Noo lank, qui se battait contre la hausse du prix de l’électricité, est devenue subitement aphone. Daouda Guèye, membre de cette plateforme, informe que le collectif est en train de rencontrer les acteurs. «Il y a une part de manipulation dans les sorties çà et là. On veut prendre notre temps, rencontrer les acteurs avant de donner le point de vue de Noo lank. Mais que les Sénégalais soient rassurés, Noo lank suit de près cette question», rassure l’activiste, enseignant de philosophie au lycée de Ouakam.
La même ligne est adoptée par le mouvement Frapp/France dégage. Jusqu’en début de soirée d’hier, Guy Marius Sagna et Cie déclaraient être en concertations avec les syndicats qui s’intéressent à la question. D’après un membre de Frapp qui a assisté à la réunion, la plateforme devrait dégager sa position dans quelques heures. Par conséquent, d’ici quelques jours, le débat risque d’être électrique entre le pouvoir, la Société civile et l’opposition sur cette question
Actuellement, c ‘est le tour du député et ancien ministre de l’Énergie, Thierno Alassane Sall (TAS), qui a divulgué lors d’une conférence de presse en juin 2026 les relevés bancaires officiels de la banque espagnole Banco Santander, obtenus via la justice espagnole.
Ces documents retracent la disparition quasi totale de ces fonds publics en moins de sept semaines au profit de circuits financiers opaques.
Les faits et le décaissement
La société AEE POWER EPC SAU, société anonyme de droit espagnol, a déposé une plainte avec constitution de partie civile contre le sieur Saidou Kane, administrateur général de AEE POWER SENEGAL SA, Mouhamadou Kane, Project Manager, et la société AEE POWER SENEGAL SA.
Les parties avaient signé un protocole d’entente le 16 novembre 2023, suivi d’un contrat de prestation de services et de fourniture de poteaux électriques le 21 décembre 2023. AEE POWER EPC SAU devait conclure avec l’ASER un contrat par offre spontanée négociée pour l’électrification de plusieurs localités, dans le cadre du programme d’urgence d’électrification (PUELEC) financé par la Banque Santander. L’acte d’engagement a été signé et approuvé le 23 février 2024.
À la surprise de la société plaignante, Mouhamadou Kane aurait tenté d’intercepter les avis de tirage envoyés par la Direction de l’Ordonnancement des Dépenses Publiques (DODP) à la Banco Santander SA, afin d’obtenir le paiement de l’avance de démarrage. Par la suite, il aurait demandé à l’ASER d’organiser une réunion de prise de contact et transmis à AEE POWER EPC SAU des factures d’avance et de reliquat d’un montant total de 40 000 000 d’euros, ainsi qu’une facture de 2 302 245,09 euros, censée couvrir le remboursement de débours, y compris des honoraires d’experts (762 245,09 euros), l’enregistrement du marché n°T096/24-DK (1 400 000 euros) et une redevance ARCOP (140 000 euros).
Ces demandes ont suscité des doutes auprès des responsables d’AEE POWER EPC SAU, qui ont alors procédé à des vérifications auprès des administrations concernées, après avoir réclamé les pièces justificatives au sieur Saidou Kane.
En réponse, par correspondance du 12 juin 2024, le Chef du Bureau de recouvrement du Centre des services fiscaux de Dakar-Liberté, et par lettre du 20 juin 2024, le Directeur de la DCMP, ont confirmé que les justificatifs des débours fournis par AEE POWER SENEGAL SA étaient falsifiés.
Face à cette situation grave, la société AEE POWER EPC SAU, constatant des irrégularités dans la constitution de la société AEE POWER SENEGAL SA et suspectant une tentative de substitution dans l’exécution du marché, a résilié le protocole d’entente et le contrat de prestation de services et de fournitures, par lettre du 21 juin 2024 signifiée par huissier.
En réaction, AEE POWER SENEGAL SA a contesté cette résiliation et a émis un commandement de payer par acte d’huissier en date du 25 juin 2024, ce qui, selon la plaignante, illustre une intention d’escroquerie.
La société AEE POWER SENEGAL SA a ensuite initié une campagne de dénigrement, tant auprès de l’Autorité de régulation de la commande publique et de l’autorité contractante ASER, que par voie de presse, accusant faussement AEE POWER EPC SAU de corruption.
Ces faits constituent, selon la plaignante, une tentative d’escroquerie par usage de faux documents et manœuvres frauduleuses, au sens des articles 379 et suivants du Code Pénal, ainsi que des infractions définies aux articles 127, 129, 132 et 137 du même code pour faux et usage de faux.
De plus, conformément à l’article 16 de l’Acte Uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique (AUDSCGIE), le droit sénégalais interdit à une société d’utiliser la dénomination d’une autre société déjà immatriculée au registre. Toute violation est réprimée par les articles 9 et 29 de la loi 2018-13 du 27 avril 2018, ainsi que l’article 886 dudit acte uniforme.
Enfin, AEE POWER SENEGAL SA utilise frauduleusement l’enseigne et le nom de domaine de la plaignante, ce qui constitue une infraction aux dispositions de la Convention de Bangui relative aux droits de la propriété intellectuelle, au Code des télécommunications et à la loi sur la protection des données personnelles.
La société AEE POWER EPC SAU se constitue donc partie civile et demande l’ouverture d’une information judiciaire. Elle se tient à disposition des autorités pour toute information complémentaire.
Le 11 juin 2024, près de 55 999 999 euros (environ 36,7 milliards de francs CFA) ont été versés en une journée sur le compte de l’entreprise espagnole AEE Power EPC auprès de la Banco Santander, financés par un crédit garanti par l’État espagnol, au titre d’avances de démarrage.
En 48 jours, l’essentiel de ces fonds s’est volatilisé et, un an plus tard, le compte était pratiquement à zéro.
En l’espace de 48 jours seulement, la quasi-totalité de cette somme a été retirée, laissant le solde sous la barre des 10 millions d’euros.
En 2026, l’examen judiciaire de ce compte a révélé un solde résiduel de seulement 1 346 euros.
Les documents partagés par Thierno Alassane Sall retracent des transferts éparpillés vers la Chine, la Côte d’Ivoire, le Togo, la Tunisie, ou encore vers des entités locales au Sénégal (SONAC, AEE Power SUARL). Moins de 2 % des fonds auraient servi à l’achat concret de matériel (notamment des câbles auprès d’un fournisseur chinois).
Sur le terrain, aucun travail significatif d’électrification n’a été constaté dans les localités ciblées. Aucun matériel majeur appartenant à l’entreprise espagnole n’a transité par le Port autonome de Dakar.
Implications judiciaires et politiques
La justice espagnole a ouvert l’instruction sous la référence Diligencias Previas 140/2026 auprès de la banque Banco Santander.
Le patron de la société espagnole, José Angel González Touché, est introuvable et ne répond pas aux convocations espagnoles.
- Saisine du Pôle Judiciaire Financier : Les pièces financières obtenues de Madrid doivent être officiellement transmises au Pôle judiciaire financier (PJF) au Sénégal pour compléter une plainte déjà déposée.
- Mise en cause des autorités : L’opposition dénonce une passivité, voire une « complicité consciente » des autorités sénégalaises face aux alertes répétées émises dès fin 2024 par Banco Santander et la Cour suprême.
Les accusations de Thierno Alassane Sall
Le député Thierno Alassane Sall a dévoilé des documents bancaires prouvant que l’argent a été transféré vers des comptes de transit au lieu de servir à l’achat de matériel pour le projet.
l accuse les autorités sénégalaises (notamment l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko et l’actuel PM Al Aminou Lo) de “complicité consciente”, affirmant qu’elles ont ignoré des alertes internationales et exercé des pressions pour lever la suspension des décaissements.
L’état du dossier sur le terrain
Près de deux ans après le transfert des fonds, les populations locales, des zones de Mbour à Kédougou, ne constatent aucune avancée des chantiers d’électrification et l’arrivée d’aucun matériel.
Plusieurs observateurs, dont des acteurs politiques comme Abdou Nguer, réclament que toute la lumière soit faite sur la gestion de ce budget colossal.
Les accusations de “complicité consciente”, d’ignorance d’alertes internationales et de pressions pour lever la suspension des décaissements font référence aux débats complexes sur la dette publique héritée du régime précédent et aux négociations avec le Fonds Monétaire International (FMI).
La gestion de cette crise a marqué le paysage politique dans un contexte des relations avec le FMI et la dette
- La découverte de la “dette cachée” : Après l’audit des comptes publics, les nouvelles autorités ont révélé un niveau d’endettement réel (dépassant parfois les 130 % du PIB selon certaines estimations) qui avait été dissimulé par le gouvernement précédent.
- La suspension du programme : Face à ces irrégularités, le FMI a suspendu son programme d’aide et ses décaissements (notamment une facilité de crédit de 1,8 milliard de dollars) en attendant des mesures correctives et des discussions sur la soutenabilité de la dette.
- La position du gouvernement : Durant son mandat, l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko s’est montré très critique envers l’institution financière, rejetant fermement l’idée d’une restructuration de la dette exigée par le FMI, qualifiant la situation de gérable sans mettre le pays en défaut de paiement.
Évolution récente de l’exécutif
Le 25 mai 2026, Ousmane Sonko a quitté son poste de Premier ministre.
Le président Bassirou Diomaye Faye a nommé Ahmadou Al Aminou Lô (économiste et ancien cadre de la BCEAO) pour lui succéder, un changement de profil perçu par les analystes comme une volonté d’apaisement pour débloquer les négociations et rétablir le programme avec les institutions de Bretton Woods.
La crise financière au Sénégal s’est intensifiée suite à la découverte d’une « dette cachée » estimée à environ 132 % du PIB. Face à ce gouffre budgétaire, les autorités négocient activement un accord avec le Fonds Monétaire International (FMI).
Les enjeux précis de la restructuration demandée
- Risque de défaut de paiement : Engager une restructuration globale dégraderait immédiatement la note souveraine du Sénégal auprès des agences de notation (S&P, Moody’s), assimilant le pays à un émetteur en défaut.
- L’alternative du reprofilage : Plutôt qu’une restructuration stricte, les experts financiers préconisent un reprofilage de la dette extérieure pour allonger les maturités sans déclencher de défaut officiel.
- La saturation du marché régional : Le Sénégal a massivement sollicité le marché de l’UEMOA pour pallier le gel des fonds internationaux, augmentant les taux d’intérêt et menaçant d’asphyxier le système bancaire local si la dette régionale est incluse dans les négociations.
- Le coût du service de la dette : En 2026, le remboursement de la dette absorbe près de 70 % des recettes de l’État, réduisant drastiquement les marges de manœuvre budgétaires pour les investissements publics.
La situation financière actuelle du Sénégal
- Ralentissement de la croissance : Le FMI a fortement révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour le Sénégal à 2,2 % en 2026, un niveau bien inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne.
- Creusement du déficit courant : Les projections font état d’une dégradation du déficit courant attendu à 6,2 % du PIB pour l’année en cours.
- Ajustement budgétaire sévère : Le manque de liquidités a forcé l’exécutif à suspendre plusieurs programmes sociaux et à accroître la pression fiscale pour stabiliser les finances publiques.
- La stratégie pétrolière et gazière : Le gouvernement mise sur le démarrage des rentes hydrocarbures pour financer son Agenda national de transformation « Sénégal 2050 », espérant substituer ces revenus aux subventions énergétiques coûteuses.
Le changement de méthode marqué par la nomination du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô vise à rassurer les partenaires financiers afin de formaliser un programme de réformes solide avec le FMI.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
