Bangui : le procès par contumace de l’ex-président centrafricain François Bozizé pour crimes contre l’humanité s’est officiellement ouvert ce 16 juin 2026

DAKAR, 17 JUIN 2026 (JVFE)—Le procès par contumace de l’ex-président centrafricain François Bozizé pour crimes contre l’humanité s’est officiellement ouvert le 16 juin 2026 à Bangui devant la Cour pénale spéciale (CPS), un tribunal hybride parrainé par l’ONU. En exil en Guinée-Bissau, l’ancien chef de l’État (âgé de 79 ans) est jugé en son absence, mais il est représenté par son avocate.

Ce procès, appelé procès de Bossembélé, marque une étape historique pour la justice en République centrafricaine.

Les accusations portent sur des crimes commis entre février 2009 et mars 2013 par sa garde présidentielle et d’autres services de sécurité. Les exactions ciblent des actes de torture, meurtres, disparitions forcées, viols et emprisonnements perpétrés dans une prison civile et un centre d’instruction militaire à Bossembélé.

 Les juges de la CPS s’appuient sur sa responsabilité en tant que supérieur hiérarchique et chef militaire à l’époque des faits.

Un mandat d’arrêt international avait été émis à son encontre par la CPS en février 2024, mais il n’a jamais été extradé par les autorités bissau-guinéennes.

Les Coaccusés Présents

Contrairement à François Bozizé, trois anciens hauts responsables militaires de son régime ont comparu en personne à l’ouverture de l’audience en uniforme orange :

  • Eugène Barret Ngaïkosset
  • Vianney Semndiro
  • Firmin Junior Danboy

Tous trois étaient placés en détention préventive en Centrafrique depuis leurs arrestations respectives en 2021 et 2022.

Les Précédentes Condamnations

Il convient de rappeler que ce procès à la CPS est distinct des affaires traitées par la justice pénale ordinaire centrafricaine. Le 22 septembre 2023, la cour d’appel de Bangui avait déjà condamné François Bozizé par contumace aux travaux forcés à perpétuité pour complot, rébellion et atteinte à la sûreté intérieure de l’État, en raison de son rôle de leader de la coalition rebelle CPC (Coalition des patriotes pour le changement) lors de l’offensive armée de fin 2020. [

L’organisation Amnesty International a salué la tenue de ce procès attendu de longue date par les victimes, tout en regrettant que le jugement se déroule par contumace. L’ONG souligne que l’absence physique de l’accusé principal limite la capacité des survivants à le confronter directement.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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