DAKAR, 27 JUIN 2026 (JVFE)—La péninsule de Crimée, annexée par la Russie, a été placée en « situation d’urgence » le vendredi 26 juin 2026 en raison de graves pénuries de carburant et d’électricité provoquées par une intensification des frappes de drones ukrainiennes.
L’Ukraine multiplie les frappes contre les raffineries, dépôts pétroliers et convois de carburant russes et cherche à perturber la logistique militaire de Moscou.
L’intensité des attaques ukrainiennes sur le territoire russe n’a jamais été aussi importante ces derniers mois. Dans la nuit de jeudi à vendredi, plus de 660 drones ont survolé une dizaine de régions. Une stratégie défendue par Kiev et les dirigeants européens pour pousser Moscou à négocier. Certains observateurs craignent au contraire une escalade côté russe.

Cette campagne ciblée menée par l’Ukraine s’inscrit dans une stratégie globale visant à asphyxier la logistique militaire russe et perturber l’économie du pays.
La Crimée annexée a été placée en “situation d’urgence” au niveau régional, ont annoncé vendredi les responsables russes locaux, un régime visant à faire face aux conséquences des récentes frappes ukrainiennes, qui ont causé des pénuries de carburant et d’électricité.
Depuis plusieurs semaines, l’armée ukrainienne a entrepris un blocus énergétique de la Crimée – dont les forces russes ont pris le contrôle en 2014 – en frappant des infrastructures et des camions citernes approvisionnant la péninsule.
Ces bombardements ont contraint les autorités à suspendre la vente de carburant aux particuliers en Crimée, à instaurer des coupures d’électricité, mais également à annuler toutes les colonies de vacances qui y étaient prévues cet été.
La mise en place du régime de “situation d’urgence” doit permettre de débloquer plus de moyens et prévoit théoriquement aussi la possibilité de mettre en place des restrictions visant la population locale.
Les autorités de Crimée ont déclaré vendredi l’état d’urgence après des semaines d’intenses attaques aériennes menées par l’Ukraine. La péninsule ukrainienne qui a été rattachée à la Russie en 2014, au terme d’un référendum unilatéral, a récemment subi des vagues de drones parmi les plus importantes depuis le début de la guerre en 2022 et provoqué de graves pénuries de carburant et d’électricité.
Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont affirmé vendredi avoir frappé deux navires russes de soutien logistique à l’armée et des systèmes de défense aérienne à Kertch. « La destruction des systèmes de défense aérienne ouvre la voie à de nouvelles frappes de précision tandis que la neutralisation des infrastructures portuaires compromet la capacité des occupants à ravitailler leurs troupes », a expliqué le SBU dans un…
“Le cadre juridique de la situation d’urgence permet de régler avec une rapidité maximale les questions liées au maintien du fonctionnement de tous les secteurs essentiels”, a assuré vendredi le gouverneur nommé par Moscou, Sergueï Aksionov, sur Telegram.
Dans un autre communiqué, publié jeudi, il a reconnu que la Crimée traversait “une période difficile” et que “la situation concernant le carburant est la plus critique”, des propos contrastant avec l’assurance habituelle des autorités pro-Kremlin.
“Nous faisons tout pour forcer la Russie à mettre fin à la guerre et restituer la justice. Et c’est la Crimée qui est au centre de cette politique”, a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux.
“L’Ukraine est en train de priver la Russie de sa base de lancement”, a-t-il ajouter. La Crimée héberge nombre de bases militaires russes utilisées pour frapper le territoire ukrainien resté sous le contrôle de Kiev.
Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont affirmé vendredi avoir frappé deux navires russes de soutien logistique à l’armée et des systèmes de défense aérienne à Kertch.

“La destruction des systèmes de défense aérienne ouvre la voie à de nouvelles frappes de précision tandis que la neutralisation des infrastructures portuaires compromet la capacité des occupants à ravitailler leurs troupes”, a affirmé le SBU.
Depuis le lancement de l’offensive à grande échelle contre l’Ukraine, en février 2022, la péninsule de Crimée, située dans le sud du territoire ukrainien et bordée par la mer Noire et la mer d’Azov, est l’une des zones de combat entre les deux camps.
La péninsule, qui abrite de nombreuses bases militaires russes, est régulièrement visée par des attaques ukrainiennes, notamment des attaques navales qui ont contraint Moscou à retirer une partie de sa flotte stationnée en Crimée.
Mais c’est la première fois depuis 2022 que la péninsule est confrontée à de telles pénuries d’énergie.
“Il n’y a jamais eu une chose pareille, c’est pas une saison ordinaire”, s’étonne Alexandre, un Moscovite de 72 ans vivant actuellement à Féodossia, dans le sud-est de la Crimée, joint à distance par l’AFP.
Cet homme, qui ne souhaite pas donner son nom de famille, raconte que des explosions et des tirs ont résonné ces derniers jours pendant la nuit.
Annexée en 2014 par la Russie, la péninsule constitue un important symbole politique pour le président Vladimir Poutine.
C’est notamment de Crimée que des troupes russes s’étaient élancées en février 2022 au début de l’attaque massive contre l’Ukraine.
Ces derniers mois, grâce à une évolution technologique de sa production de drones, Kiev a intensifié sa campagne de frappes en Russie et dans les régions d’Ukraine sous contrôle russe.
La défense anti-aérienne russe a ainsi abattu 660 drones ukrainiens dans la nuit de jeudi à vendredi, a annoncé le ministère de la Défense à Moscou, un des nombres les plus élevés depuis le début du conflit.
Ces drones ont notamment été détruits au-dessus de plus d’une dizaine de régions dont celle de Moscou, a indiqué le ministère.
Kiev vise en particulier les infrastructures énergétiques, afin de tarir la manne des hydrocarbures qui permet au Kremlin de financer son effort de guerre.
La semaine dernière, une attaque ukrainienne avait entraîné un impressionnant incendie dans une raffinerie dans le sud-est de Moscou.
Parallèlement, l’Ukraine et la Russie ont procédé vendredi à un nouvel échange de prisonniers de guerre impliquant 160 personnes dans chaque camp, a annoncé le ministère russe de la Défense.
Impact direct sur la Crimée
Des coupures de courant généralisées touchent plusieurs villes, notamment Sébastopol, où le réseau électrique a été frappé à répétition, forçant les autorités à instaurer un rationnement de l’électricité.
Face à une situation jugée critique, les stations-service ont reçu l’ordre de suspendre totalement la vente d’essence et de diesel aux civils pour préserver les stocks prioritaires de l’État et de l’armée.

Le gouverneur régional, Sergueï Aksionov, a suspendu toutes les inscriptions aux camps d’été pour enfants. Les réservations touristiques se sont effondrées de plus de 50 %.
Une crise du carburant étendue à la Russie
Au-delà de la Crimée, c’est l’ensemble du secteur énergétique russe qui subit une forte pression :
Les vagues successives de drones ukrainiens ont endommagé de nombreux complexes majeurs, dont la raffinerie de Kapotnya (qui fournit d’ordinaire la majeure partie du carburant de la région de Moscou), ainsi que des sites à Oufa, Volgograd et Touapsé.
D’après les rapports de Carnegie Politika et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), environ 20 % de la capacité totale de raffinage de la Russie a été mise à l’arrêt. Cela a contraint au moins 17 régions russes à imposer des restrictions obligatoires sur les ventes d’essence.
Le Kremlin a dû prolonger l’interdiction d’exporter ses produits pétroliers afin d’essayer de stabiliser l’approvisionnement de son propre marché intérieur.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
