Désarmement du Hamas: Israël n’a pas accepté le plan soutenu par Washington

DAKAR, 06 AOUT 2026 (JVFE)—Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a officiellement rejeté la dernière version de la feuille de route pour Gaza soutenue par Washington. Bien que le président américain ait annoncé un accord « historique » incluant le désarmement du mouvement islamiste palestinien, Israël maintient de profondes réserves quant aux modalités d’application et refuse de valider le texte en l’état. 

Benyamin Nétanyahou, a affirmé qu’Israël n’avait pas accepté la dernière feuille de route pour la bande de Gaza, même après avoir reçu l’assurance qu’un retrait israélien du territoire palestinien n’interviendrait qu’après le désarmement complet du Hamas.

L’équipe de Donald Trump nous a envoyé “un projet, que nous n’avons pas accepté: ce n’est pas notre projet. Nous leur avons transmis nos commentaires”, a cependant déclaré Benjamin Netanyahu dans une vidéo publiée mardi soir sur ses réseaux sociaux.

Le président américain “est notre plus grand ami, l’un des plus grands amis qu’Israël ait eus à la Maison-Blanche”, a-t-il dit mercredi lors d’une cérémonie. Mais “l’existence d’Israël n’est pas sujette à négociation”, a-t-il ajouté.

Le chef d’état-major israélien, le lieutenant-général Eyal Zamir, a indiqué mercredi, d’après un communiqué, que son armée continuerait “d’agir de façon proactive” dans la bande de Gaza, dont elle occupe plus de 60%.

“Nous ne permettrons pas qu’une menace se forme à nos frontières, comme celle que nous avons connue le 7 octobre”, a-t-il assuré, lors d’une visite à ses troupes dans la bande de Gaza.

Les points de blocage majeurs

L’impasse actuelle entre les exigences d’Israël et le plan de paix proposé s’articule autour de plusieurs axes :

Le plan initial de Washington prévoit une approche séquentielle, liant un retrait progressif des forces israéliennes (Tsahal) de la bande de Gaza au désarmement par étapes du Hamas. Benyamin Nétanyahou exige à l’inverse un désarmement complet et immédiat du Hamas avant le moindre retrait de ses troupes. 

Côté Hamas, le porte-parole du mouvement, Hazem Qassem, a déclaré mercredi dans un communiqué “être parvenu à un accord avec les factions palestiniennes sur la feuille de route pour la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu”, après que son mouvement l’avait déjà acceptée vendredi.

Le Hamas propose de consigner ses armes et de les transférer à un comité technocratique palestinien indépendant. De son côté, le gouvernement israélien refuse de laisser le contrôle des infrastructures militaires aux Palestiniens sans vérification unilatérale et irréversible de leur destruction. 

Il a par ailleurs appelé l’administration américaine ainsi que le représentant du “Conseil de Paix”, Nicolaï Mladenov, “à exercer une pression réelle afin de contraindre le gouvernement de l’occupation (Israël, NDLR) à respecter l’accord”.

L’armée israélienne contrôle toujours plus de 60 % du territoire de Gaza. Le chef d’état-major a affirmé que les opérations de Tsahal continueraient de manière proactive tant que la sécurité absolue des frontières ne sera pas garantie. 

L’armée israélienne mène des frappes sur le sud du Liban, sur fond de négociations

L’armée israélienne a annoncé mercredi mener des frappes sur le sud du Liban, en réponse selon elle à une violation du cessez-le-feu par le Hezbollah pro-iranien, faisant un mort et 11 blessés selon les autorités libanaises.

Pressions politiques et médiations

Le contexte politique intérieur pèse lourdement sur la décision finale du gouvernement israélien :

Les ministres d’extrême droite de la coalition de Benyamin Nétanyahou font campagne pour rejeter massivement ce plan, le qualifiant d’échec diplomatique. 

Ce refus intervient en pleine période électorale en Israël. Ce scrutin s’annonce comme un test majeur pour l’avenir politique du Premier ministre sortant. 

Pour tenter de sauver le processus, le « Conseil de Paix » américain a modifié ses déclarations en assurant à Israël qu’aucun retrait n’aurait lieu avant le démantèlement total du groupe armé. Cette concession a en retour provoqué la colère et l’inquiétude du Hamas, qui refuse d’avancer sans l’assurance d’un départ des troupes israéliennes

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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