DAKAR, 14 AOUT 2026 (JVFE)—Une visite à haute tension diplomatique. Vladimir Poutine s’est rendu pour la première fois ce jeudi 13 août dans les îles Kouriles, en Extrême-Orient, ce qui a été jugé « absolument inacceptable » par le Japon qui revendique une partie de cet archipel.
Une visite jugée “absolument inacceptable” par le Japon, qui revendique également cet archipel.
Les relations russo-japonaises sont marquées par des tensions autour de quatre de ces îles dont s’est emparée l’armée soviétique en 1945, dans les derniers jours de la Deuxième Guerre mondiale. C’est la première visite d’un président russe sur ce territoire depuis celle en 2010 de Dmitri Medvedev, qui avait alors été le premier dirigeant russe à s’y rendre, suscitant déjà la colère de Tokyo.
Au lendemain d’un passage à Ioujno-Sakhalinsk, sur l’île de Sakhaline, Vladimir Poutine s’est rendu ce jeudi à Itouroup, l’une des quatre îles disputées dans le sud des Kouriles, selon une vidéo diffusée par le Kremlin. Les médias russes ont précisé qu’il y avait notamment visité une usine de transformation de poisson, où on lui a offert du caviar, et une école.
La Première ministre japonaise Sanae Takaichi a fermement condamné la visite du président russe Vladimir Poutine sur l’île d’Itouroup, qualifiant ce déplacement d’« absolument inacceptable ». Cet événement, survenu le jeudi 13 août 2026, ravive de vives tensions géopolitiques autour des Kouriles du Sud, un archipel stratégique occupé par Moscou depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale mais revendiqué par Tokyo sous le nom de « territoires du Nord ».
Un incident diplomatique majeur
La visite présidentielle russe a provoqué une réaction immédiate et vigoureuse des autorités japonaises :
Le gouvernement de Sanae Takaichi a convoqué l’ambassadeur de Russie à Tokyo, Nikolai Nozdrev, pour lui notifier sa forte désapprobation.
Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, Tokyo réaffirme que ces îles constituent une partie inhérente du Japon, « tant sur le plan historique qu’au regard du droit international ».
Mme Takaichi a souligné que cette visite heurtait profondément les sentiments du peuple japonais et nuisait aux chances d’améliorer les relations bilatérales.
La position et la réponse de Moscou
Le Kremlin a balayé d’un revers de main les plaintes nippones, estimant que la souveraineté russe sur ces territoires ne faisait « aucun doute » :
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a fustigé des revendications « absurdes » et accusé Tokyo d’adopter des « discours révisionnistes ».
La Russie maintient que l’archipel lui a été légitimement transféré suite aux accords alliés de la conférence de Yalta en 1945.
Sur place, Vladimir Poutine a déclaré que la Russie ne menaçait pas le Japon, rejetant la responsabilité des tensions sur les sanctions imposées par Tokyo depuis le début de la guerre en Ukraine.
Un contexte régional hautement militarisé
Ce bras de fer intervient dans un climat de méfiance croissante en Asie de l’Est : Soutien américain : L’ambassadeur des États-Unis au Japon a publiquement réaffirmé le soutien indéfectible de Washington, reconnaissant formellement la souveraineté de Tokyo sur les territoires contestés.
Ce déplacement de Vladimir Poutine fait suite à d’importants exercices navals et aériens menés par la marine russe près des côtes japonaises, appuyés par des patrouilles conjointes avec la Chine.
Ce différend frontalier territorial datant de 1945 continue d’empêcher la signature d’un traité de paix formel entre les deux puissances.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
