Kremlin : le président russe Vladimir Poutine a reçu mardi son homologue birman Min Aung Hlaing , un rapprochement stratégique majeur

 DAKAR, 19 AOUT 2026 (JVFE)—Le président russe Vladimir Poutine a reçu mardi au Kremlin son homologue birman Min Aung Hlaing, qui se rendait à Moscou pour la première fois depuis son investiture en avril, afin de consolider des liens économiques et sécuritaires.

La Russie est l’un des rares pays à avoir soutenu la Birmanie après le coup d’État militaire de 2021 qui a renversé le pouvoir démocratiquement élu alors en place et déclenché une guerre civile, responsable selon les estimations de plus de 100 000 morts.

Min Aung Hlaing, l’ex-chef de la junte, est allé dans la capitale russe plusieurs fois depuis ce putsch. Mais il s’agit de sa première visite depuis qu’il est devenu en avril le président de la Birmanie à la faveur d’élections qualifiées de simulacre par les pays occidentaux et des ONG.

Les relations entre la Russie et la Birmanie «n’ont cessé de se renforcer au fil du temps et ont atteint ces dernières années un niveau de confiance tout particulier», s’est félicité Vladimir Poutine.

Les présidents Vladimir Poutine et Min Aung Hlaing se sont rencontrés au Kremlin pour renforcer l’alliance entre la Russie et la Birmanie.

Au début de leur rencontre officielle au Kremlin le mardi 18 août 2026, le président russe Vladimir Poutine a directement présenté ses sincères condoléances au président birman, Min Aung Hlaing.

Cette déclaration visait les dizaines de milliers de personnes touchées par les récentes inondations de mousson très destructrices en Birmanie (Myanmar).

Le contexte de la réunion

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la première visite officielle à Moscou de Min Aung Hlaing depuis sa nomination officielle comme président civil en avril 2026.

Le dirigeant birman a vivement remercié la Russie pour son aide humanitaire passée, notamment l’envoi d’équipes de secours lors de précédents séismes.

Au-delà des questions humanitaires, les deux chefs d’État ont profité de l’occasion pour discuter de coopération militaire, d’accords sur la sécurité et de grands projets énergétiques, incluant l’exploration d’hydrocarbures et la construction d’une centrale nucléaire de petite capacité en Birmanie.

Cette rencontre officielle a mis en lumière l’intensification des relations bilatérales entre Moscou et Naypyidaw. Les discussions ont principalement porté sur plusieurs axes stratégiques :

Les deux pays étudient la construction d’une nouvelle raffinerie de pétrole en Birmanie. Des projets d’exploration d’hydrocarbures sur le plateau continental birman et des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) russe sont également prévus.

La Russie confirme l’avancement de ses projets pour bâtir une centrale nucléaire de petite capacité en Birmanie.

La Russie demeure l’un des principaux fournisseurs d’armes et d’avions de combat pour la junte birmane.

Quête de légitimité internationale

Pour le dirigeant birman, arrivé à la présidence à la suite d’élections contestées, ce voyage hors de sa région vise à briser son isolement diplomatique. Pour sa part, le président russe Vladimir Poutine a qualifié les liens entre les deux nations d’« particulièrement confiants ».

Le chef de l’État russe, dont le pays est engagé dans une offensive de vaste ampleur en Ukraine depuis quatre ans et demi, a notamment cité leur partenariat dans les domaines économiques et de la sécurité.

Min Aung Hlaing a lui aussi salué des liens «qui se développent rapidement».

«Grâce au soutien de la Russie, et à votre soutien personnel, nous avons obtenu de nombreux résultats sur la scène internationale», a-t-il dit.

«La Birmanie est un partenaire fiable pour la Russie en Asie du Sud-Est», a-t-il assuré, se réjouissant que Moscou ait de son côté «toujours soutenu» son pays.

Au cours d’une autre réunion, le premier ministre russe Mikhaïl Michoustine a affirmé que la Russie poursuivait la mise en œuvre d’«accords relatifs à la construction d’une centrale nucléaire de petite capacité en Birmanie».

Les deux pays ont signé en février un accord de coopération militaire d’une durée de cinq ans, sur lequel peu de détails sont connus.

L’armée birmane utilise des avions de combat de fabrication russe contre des factions rebelles et a été accusée par l’ONU de prendre pour cible des civils.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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