DAKAR, 1er septembre 2026 (JVFE)—La Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre sénégalais, Ahmadou Al Aminou Lô, initialement prévue ce mardi 1ᵉʳ septembre 2026 devant l’Assemblée nationale, a été reportée en raison d’un couac sur les procédures parlementaires.
Une session extraordinaire est une période de réunion du Parlement qui se déroule en dehors de ses sessions de travail normales de l’année
Fonctionnement général
- Durée limitée : Elle dure un nombre de jours précis, souvent quinze jours au maximum.
- Ordre du jour fixe : Elle traite uniquement des sujets prévus avant le début des réunions.
- Suspension : Les dossiers non étudiés à la fin du délai sont arrêtés.
Qui peut la demander ?
- Le président de la République ou le Premier ministre.
- Le Bureau de l’Assemblée nationale.
- Plus de la moitié des membres du Parlement.
Dans son communiqué, l’Assemblée nationale évoque de la « confusion » et une « méconnaissance des procédures parlementaires par l’exécutif ».
Le bureau de l’Assemblée nationale a dénoncé une « méconnaissance des procédures parlementaires par l’exécutif ». Le règlement intérieur impose un délai de notification de huit jours, qui ne pouvait débuter qu’à compter de l’ouverture officielle de la session, fixée au 1ᵉʳ septembre 2026.
La chambre des députés doit être informée au moins huit jours avant la date retenue
C’est exactement sur cet argument juridique que repose le blocage actuel : l’article 109 de la loi organique portant Règlement intérieur de l’Assemblée nationale stipule expressément que le Parlement doit être informé huit jours au moins avant la date retenue pour la Déclaration de politique générale (DPG).
Deux éléments clés expliquent pourquoi le bureau de l’Assemblée, dirigé par Ousmane Sonko, a utilisé cet argument pour rejeter la date du 1ᵉʳ septembre :
- Un décompte qui commence à l’ouverture : Le bureau du Parlement soutient que ce délai obligatoire de 8 jours ne peut commencer à courir qu’à partir de l’ouverture officielle de la session extraordinaire (le 1ᵉʳ septembre). L’exécutif ne pouvait donc pas notifier l’Assemblée “à blanc” avant que les députés ne soient officiellement réunis.
- Une prérogative présidentielle omise : Selon le communiqué officiel de l’Assemblée nationale, fixer la date de la DPG iincombe légalement au Président de la République via le décret de convocation, et non au Premier ministre par simple correspondance. Or, le décret présidentiel de Bassirou Diomaye Faye n’indiquait aucune date précise pour le grand oral.
Conséquence immédiate : La séance de ce mardi 1ᵉʳ septembre 2026 n’a servi qu’à acter l’ouverture de la session extraordinaire et vérifier le quorum. C’est désormais à la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale de se réunir pour fixer la date définitive du passage d’Ahmadou Al Aminou Lô dans le respect des délais.
Le discours programmatique a été repoussé et une nouvelle date doit être fixée.
Ce face-à-face s’inscrit dans un bras de fer intense entre le président de la République Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko (son ancien Premier ministre démis en mai 2026, dont le parti Pastef détient la majorité parlementaire).
Le gouvernement actuel se retrouve minoritaire face à l’Assemblée. Cette situation inédite alimente les rumeurs d’une possible dissolution de l’hémicycle par le chef de l’État, légalement envisageable à partir du 2 décembre 2026.
Le Sénégal fait face à un exécutif dirigé par Bassirou Diomaye Faye et à une Assemblée nationale contrôlée par le camp politique d’Ousmane Sonko. Cette configuration nourrit l’hypothèse d’une dissolution, alors qu’un obstacle juridique repousse en principe cette possibilité au 2 décembre 2026.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
