DAKAR,09 SEPTEMBRE 2026 (JVFE)—Ahmadou Al Aminou Lô a prononcé sa Déclaration de Politique Générale (DPG) le mardi 8 septembre 2026 devant l’Assemblée nationale. Nommé en mai 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye pour succéder à Ousmane Sonko, le chef du gouvernement a dressé un tableau réaliste de la situation du pays tout en fixant les priorités économiques et institutionnelles à venir.
Le Premier ministre sénégalais Ahmadou Al Aminou Lô a prononcé sa première Déclaration de politique générale le 8 septembre 2026 dans un contexte de forte tension politique et macroéconomique. Face à un endettement étouffant et à des négociations complexes avec le FMI, le chef du gouvernement a dressé un bilan financier strict marquant l’entrée du pays dans une phase d’austérité budgétaire.
Le Premier ministre a décrit une situation économique complexe, résumée par la formule « On s’est appauvris », marquée par un fort endettement et le coût élevé de la vie.
Il a dévoilé la nouvelle stratégie de rationalisation des dépenses publiques (2027-2029) visant à maîtriser la masse salariale (par un remplacement strict des départs à la retraite), à restreindre les dotations de carburant et de fonctionnement, et à optimiser les investissements.
Le gouvernement s’est engagé à respecter les termes de ses accords financiers internationaux tout en préservant l’accompagnement social.
Le Premier ministre a abordé le développement du gisement de Yakaar-Teranga (marqué par un contentieux de 55 millions de dollars) et présenté des projets majeurs pour la décennie : réseau gazier, modernisation de la SAR, hub minier de Kédougou, Grand Transfert d’eau et ligne ferroviaire Dakar-Tambacounda-Kidira.
Urbanisme et défense : Annonce du Dakar Millenium Center à Ouakam (500 milliards de FCFA) et réaffirmation de la fin de toute emprise militaire étrangère au Sénégal.
Gouvernance et climat politique
Tout en adoptant une approche distincte, il reste aligné sur la Vision Sénégal 2050 et promet une culture du résultat mesurée par des revues trimestrielles.
Le grand oral a suscité de vives réactions et interpellations de la part d’une opposition offensive à l’Assemblée.
Cet exercice, crucial pour la mise en œuvre du plan « Sénégal 2050 », s’est déroulé dans une ambiance de haute tension politique et macroéconomique.
Un contexte politique inédit et complexe
Le passage à l’hémicycle du Premier ministre a été jalonné d’obstacles politiques majeurs :
Face-à-face institutionnel : Ahmadou Al Aminou Lô s’est présenté devant les députés sous le regard d’Ousmane Sonko, son prédécesseur à la Primature et désormais président de l’Assemblée nationale.
Rivalités au sommet : Ce grand oral s’est tenu sur fond de tensions palpables et de restructurations politiques au sein du pouvoir exécutif et de la majorité parlementaire.
Un tableau économique sombre : “On s’est appauvris”
Dès son introduction, le chef du gouvernement a dressé un bilan sans concession de la situation financière du Sénégal :
Un endettement étouffant : Le pays fait face à de lourdes contraintes budgétaires, exacerbées par des discussions intenses et complexes avec le FMI autour d’un accord technique de 2,2 milliards de dollars. Le Premier ministre a insisté sur l’obligation d’équilibrer les comptes et de faire des arbitrages douloureux sur les investissements publics.
Le coût élevé de la vie : Reconnaissant la détresse de la population face à la vie chère, il a évoqué la nécessité d’une discipline économique stricte tout en cherchant à mobiliser de nouvelles recettes fiscales à moyen terme.
Des recettes en deçà des cibles : Les rapports budgétaires récents montrent des résultats timides, notamment pour le Plan de redressement économique et social (PRES), avec d’importants retards enregistrés dans la collecte des recettes douanières et des taxes sectorielles.
Entre technocratie et rigueur budgétaire
Qualifié de technocrate et de méthodique plutôt que de tribun, Ahmadou Al Aminou Lô a placé son discours sous le signe de la réalité économique. Son intervention marque le début d’une phase d’austérité et de réajustement structurel inévitable pour le Sénégal, une orientation qui suscite déjà de vives divergences entre le gouvernement, l’opposition et la société civile.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
