DAKAR, 10 Septembre 2026 (JVFE)—De violentes manifestations ont éclaté en septembre 2026 à Banjul et dans plusieurs grandes villes de la région urbaine (comme Serrekunda, Brufut et Brusubi) face à une crise énergétique majeure marquée par des coupures d’électricité prolongées, atteignant parfois plus de 16 heures d’affilée.
Dans la nuit du 7 au 8 septembre 2026, des milliers de manifestants exaspérés sont descendus dans les rues, érigeant des barricades et brûlant des pneus pour bloquer les principaux axes routiers, notamment dans le quartier névralgique de Westfield. La contestation a rapidement pris une tournure politique :
- Revendications : Des groupes de jeunes ont réclamé la démission du président Adama Barrow, à seulement quelques mois de l’élection présidentielle prévue en décembre, où il brigue un troisième mandat.
- Réponse policière : Les forces de l’ordre ont fait un usage massif de gaz lacrymogènes pour disperser la foule qui tentait de converger vers le siège de la compagnie nationale et le palais présidentiel.
Les causes de la crise selon la NAWEC
La Compagnie nationale de l’eau et de l’électricité (NAWEC) et les autorités imputent cette aggravation à plusieurs facteurs combinés :
Des défaillances logistiques dans l’anticipation et la maintenance des infrastructures existantes.
Des policiers équipés de matériel antiémeute ont été déployés dans plusieurs zones de la région urbaine de Gambie, où des manifestations de rue ont éclaté lundi soir face à l’aggravation de la crise énergétique dans le pays.
Une hausse drastique de la demande en raison de températures caniculaires.
Des contraintes importantes pesant sur les importations d’électricité régionales.
Cette situation décrit avec précision la grave crise énergétique que traverse la Gambie en septembre 2026. Les coupures d’électricité récurrentes, gérées par la compagnie nationale NAWEC (National Water and Electricity Company), ont récemment atteint un point critique, provoquant une vague de colère populaire sans précédent à travers le pays.
De nombreux ménages et commerces de la région de Banjul et de Serekunda ont rapporté des interruptions de courant continues durant 24 à 48 heures. Ces délestages paralysent l’économie locale (notamment par la perte de denrées alimentaires périssables) et rendent la chaleur estivale insupportable pour les habitants.
L’impact sur les hôpitaux est particulièrement dramatique. Plusieurs cas de décès tragiques liés à des pannes de courant au cours d’interventions chirurgicales ou de traitements sous oxygène ont été dénoncés par des familles et des mouvements activistes. C’est notamment le cas à l’hôpital général de Brikama ou à la clinique de Lamtoro, provoquant de fortes demandes de transparence quant à la maintenance des générateurs de secours dans les centres de soins.
Face à l’inaction perçue des autorités, des milliers de manifestants (principalement des jeunes et des collectifs comme GALA) sont descendus dans les rues début septembre pour ériger des barricades et exiger des comptes. Les forces de l’ordre ont fréquemment fait usage de gaz lacrymogènes pour dissiper les foules. Cette crise intervient dans un climat politique tendu, à l’approche de l’élection présidentielle de décembre 2026, où le président Adama Barrow brigue un troisième mandat.
Réponses des autorités :
Face à ce que la présidence a fini par qualifier « d’urgence nationale » et de « menace pour la sécurité nationale », le gouvernement a invoqué une hausse imprévue de la demande due aux fortes chaleurs, ainsi que des baisses d’importation d’électricité depuis le réseau régional (notamment le Sénégal et la Guinée en raison d’un déficit hydroélectrique lié à la sécheresse).
Le président Barrow a promis un retour progressif à la normale d’ici la fin octobre 2026, s’appuyant sur l’installation imminente d’une nouvelle unité de production de 24 mégawatts et le lancement d’un projet solaire de 50 mégawatts.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
