DAKAR, 27 Septembre 2026 (JVFE)—Le Parti de l’Authenticité et de la Modernité (PAM) a remporté les élections législatives marocaines de septembre 2026 avec 97 sièges sur 395 à la Chambre des représentants. Le scrutin redessine le paysage politique, marqué par le recul du RNI (66 sièges), la stabilité de l’Istiqlal (65 sièges) et la remontée du PJD (54 sièges).
La participation a atteint un niveau historiquement bas de 38,08 %. Conformément à la Constitution, le Roi Mohammed VI doit nommer un Premier ministre issu du PAM, qui devra former une coalition pour atteindre la majorité de 198 sièges, en privilégiant l’Istiqlal et des partis mineurs, tandis que des personnalités comme Fatima-Zahra El Mansouri sont pressenties.
Derrière les résultats du 23 septembre, on y voit moins une révolution électorale qu’une occasion de rebâtir le contrat de responsabilité entre gouvernement et citoyens.
Moins promettre, mieux cibler et accepter d’être jugé sur un nombre limité d’engagements mesurables .
Les défis économiques et budgétaires
Le futur exécutif doit composer avec un budget serré, une dette à encadrer et une croissance qui s’essouffle malgré les ambitions affichées.
Le taux de chômage s’établit à 13 %, et les inégalités sociales persistent, accentuant le désenchantement d’une partie de la jeunesse.
La coalition gouvernementale en formation doit piloter les investissements publics majeurs liés aux infrastructures et au tourisme en vue de la Coupe du monde 2030.
Les négociations politiques et alliances
- Formule de coalition : Aucun parti n’ayant obtenu la majorité absolue lors du scrutin du 23 septembre 2026, la constitution d’une alliance d’au moins trois formations est indispensable.
- Rôle du Roi : Les tractations se poursuivent dans l’attente de la désignation officielle du nouveau Chef du gouvernement par le roi Mohammed VI.
Points saillants du scrutin de 2026
Victoire du PAM : Le Parti de l’Authenticité et de la Modernité arrive en tête avec 97 sièges sur 395 à la Chambre des représentants, selon les résultats du ministère de l’Intérieur.
Évolution de l’opposition et de la majorité : Le RNI recule à 66 sièges et l’Istiqlal en obtient 65, tandis que le PJD fait une remontée notable avec 54 sièges.
Participation en berne : Le taux de participation s’établit à un niveau bas de 38,08 %, illustrant une forte abstention et une défiance envers les institutions.
Le contexte social et l’héritage de GenZ 212
Revendications de la jeunesse : Un an après les manifestations de septembre-octobre 2025, le mouvement GenZ 212 continue de marquer les esprits par ses critiques des investissements massifs dans les infrastructures (comme la Coupe du monde 2030) au détriment des hôpitaux et des écoles.
- Origine et contexte : Le mouvement a débuté de manière spontanée fin septembre 2025. Il s’est structuré principalement en ligne (notamment sur des plateformes comme Discord où il a compté plus de 210 000 membres) avant de descendre dans les rues de nombreuses villes marocaines.
- Revendications : Né à la suite d’un drame hospitalier à Agadir, le collectif dénonce les inégalités sociales, la corruption et le chômage. Son slogan phare, « Les stades sont là, mais où sont les hôpitaux ? », critique les investissements massifs de l’État dans les infrastructures sportives (en vue de la Coupe du monde 2030) au détriment des services publics essentiels comme la santé et l’éducation.
- Situation actuelle : Après une vague de manifestations massives et une forte répression policière (ayant entraîné de nombreuses arrestations), le mouvement a évolué. Les membres et comités de soutien se concentrent désormais sur des actions de solidarité et des campagnes en ligne pour réclamer la libération des manifestants détenus.
Défis pour le futur exécutif : Le nouveau gouvernement nommé par le Roi Mohammed VI devra composer avec un chômage à 13 % et un climat social marqué par le suivi des détenus des manifestations de 2025.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
