DAKAR, 1er Octobre 2026 (JVFE)—Des centaines de manifestants sont descendus dans les rues de Durban le mercredi 30 septembre 2026 pour une nouvelle démonstration de force contre les migrants en situation irrégulière. Portée par le groupe nationaliste March and March, dirigé par la figure militante Jacinta Ngobese-Zuma, cette journée d’action marquait un “ultimatum” officieux fixé par le collectif pour exiger le départ immédiat de tous les étrangers sans-papiers du pays.
Le collectif anti-immigration avait désigné le 30 septembre comme date limite non officielle pour que les immigrés clandestins quittent le territoire national.
En marge des slogans habituels contre l’immigration clandestine, la marche de Durban a également agrégé des manifestants dénonçant la récente vague de féminicides dans le pays (douze corps de femmes retrouvés depuis juillet), tentant d’associer de manière controversée l’insécurité au statut migratoire.
Bien que les tensions restent vives, les autorités et les observateurs ont relevé que les rassemblements de cette semaine ont attiré moins de monde que la grande mobilisation nationale du 30 juin dernier.
Conséquences humanitaires et sécuritaires
Ces vagues successives de manifestations, régulièrement entachées d’actes xénophobes et d’agressions ciblées, provoquent un climat d’angoisse profonde au sein des communautés étrangères.
La police sud-africaine attribue officiellement au moins 4 morts à ces récents épisodes de violences xénophobes, bien que plusieurs gouvernements étrangers fassent état de bilans plus lourds.
Selon un décompte auprès des gouvernements d’origine (notamment le Malawi, le Zimbabwe ou la RDC), plus de 200 000 personnes en situation irrégulière ont déjà fui ou été rapatriées d’Afrique du Sud ces derniers mois pour échapper aux représailles populaires.
Le mouvement March and March et ses sympathisants profitent du mécontentement social et attribuent la responsabilité du chômage de masse — qui culmine à 32 % dans le pays — à la forte présence migratoire.
Le président Cyril Ramaphosa et son gouvernement ont fermement condamné ces initiatives citoyennes qui se substituent aux forces de l’ordre, dénonçant des tentatives de déstabilisation publique.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
