DAKAR, 03 OCTOBRE 2026 (JVFE)—Le 29 septembre 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri est entrée dans l’histoire en étant nommée première femme cheffe du gouvernement du Maroc par le roi Mohammed VI. Cette nomination historique fait suite à la victoire de son parti, le Parti authenticité et modernité (PAM), lors des élections législatives de septembre 2026.
Son lien avec l’Université de Montpellier
Avocate de formation, la nouvelle dirigeante de 50 ans possède un lien fort avec la France. Elle est en effet une ancienne élève (alumna) de la Faculté de Droit et de Science politique de Montpellier, où elle a décroché en 1999 un DEA en droit des contrats d’affaires, avant de parfaire son parcours universitaire aux États-Unis.
Un parcours politique jalonné de premières
Avant d’accéder au sommet de l’exécutif marocain, Fatima Ezzahra El Mansouri s’était déjà distinguée par une ascension rapide et symbolique :
- Maire de Marrakech : En 2009, à seulement 33 ans, elle devient la première femme élue à la tête de la municipalité de Marrakech, un poste qu’elle a retrouvé pour un second mandat en 2021.
- Expérience ministérielle : Elle a occupé le poste de ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville au sein du gouvernement sortant d’Aziz Akhannouch.
Les défis à venir
Bien que sa nomination soit saluée comme une fierté pour les droits des femmes au Maroc, elle devra relever des défis de taille. Son parti ayant obtenu une majorité relative (97 sièges sur 395), sa priorité immédiate est de négocier la constitution d’un gouvernement de coalition stable. Elle devra ensuite répondre aux urgences socio-économiques du pays, notamment le chômage de la jeunesse et l’intégration des femmes sur le marché du travail.
Alors que les tractations pour la formation du prochain gouvernement se poursuivent, les premières lignes de partage commencent à apparaître. Le PJD et l’Alliance de la gauche ont déjà choisi de se ranger dans l’opposition. Le RNI, qui a perdu 36 sièges par rapport à 2021, doit encore déterminer son avenir, tandis que le PPS n’a pas tranché la question d’une participation au futur Exécutif. Entre les deux camps, le Mouvement populaire et l’USFP, respectivement forts de 29 et 26 députés, apparaissent comme deux partenaires susceptibles de peser dans la construction d’une majorité alternative autour du PAM et de l’Istiqlal. De ces positionnements dépendront à la fois l’architecture du prochain gouvernement et le poids de l’opposition durant la nouvelle législature.
Nommée par S.M. le Roi Mohammed VI et chargée de former le nouveau gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri doit désormais transformer la victoire électorale du Parti authenticité et modernité (PAM) en majorité parlementaire. Avec 97 sièges, son parti dispose du premier groupe à la Chambre des représentants, mais reste loin des 198 députés nécessaires pour disposer de la majorité absolue. Partant de là, la configuration de la Chambre des représentants se dessine graduellement. Car si les contours de l’opposition commencent à se préciser, ceux de la majorité restent largement mouvants. Le PJD et l’Alliance de la gauche ont déjà arrêté leur position. Le RNI et le PPS entretiennent encore l’incertitude. Entre les deux, le Mouvement populaire et l’USFP disposent ensemble de 55 sièges et pourraient peser lourdement dans l’équation si la majorité sortante n’était pas reconduite.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
