DAKAR, 31 OCTOBRE (JVFE)—L’influenceuse et tiktokeuse sénégalaise Mariama Ba, alias Nourah Ba, a été placée sous mandat de dépôt le 16 octobre 2026 par le juge d’instruction du 8e cabinet du tribunal de Dakar. Elle est actuellement incarcérée.
Interpellée sur instruction du procureur de la République par la Division spéciale de cybersécurité (DSC) à la suite de publications injurieuses visant les autorités et des guides religieux, la jeune femme est désormais présentée comme guinéenne.
L’enquête préliminaire avait établi que les documents d’identité sénégalais en sa possession étaient des faux.
Lors de son audition, elle avait affirmé qu’en 2023, un agent de l’état civil de Nguidilé, dans la région de Louga, lui avait signalé que son numéro d’état civil renvoyait à une autre personne.
La recherche d’un « contact » : Pour tenter de régulariser sa situation administrative, elle a expliqué avoir remis ses pièces justificatives (extraits de naissance de ses parents, certificat de nationalité du père) à un intermédiaire afin d’entamer une procédure réglementaire.
Les investigations de la DSC ont ensuite révélé que cette démarche a abouti à l’obtention d’un jugement supplétif au tribunal de grande instance de Louga. C’est la régularité et les complicités politiques ou administratives présumées autour de la délivrance de ce nouveau document qui valent aujourd’hui à l’influenceuse sa mise en cause pour faux et usage de faux.
cette fois ci ,le dossier à son encontre s’articule autour de plusieurs accusations majeures et connaît de nouveaux rebondissements judiciaires.
Le conseiller municipal impliqué dans cette affaire est Ibrahima Ndiaye, un élu de la commune de Niomré (située également dans la région de Louga).
Pour contourner le problème de l’état civil de Nguidilé, l’élu a reconnu avoir fait passer le dossier lors d’audiences foraines. Pour y parvenir, il a utilisé le concours de deux faux témoins afin de faire valider un jugement supplétif irrégulier.
Le conseiller municipal a avoué aux enquêteurs avoir perçu la somme de 20 000 FCFA de la part de l’influenceuse pour accomplir cette démarche
Il a également affirmé avoir partagé cette somme en reversant 10 000 FCFA à un intermédiaire qui l’avait aidé dans la constitution du dossier.
Nourah Ba fait l’objet de poursuites pour quatre infractions principales, survenues après une auto-saisine du parquet à la suite de publications polémiques visant des autorités étatiques et religieuses :
- Faux et usage de faux en écritures authentiques et dans des documents administratifs (liés à l’obtention jugée irrégulière de son extrait de naissance avec la complicité présumée d’un conseiller municipal).
- Provocation à l’intolérance religieuse.
- Injures publiques.
- Discours contraires aux bonnes mœurs.
Nouveaux rebondissements judiciaires
Fin octobre 2026, la situation judiciaire de Nourah Ba s’est alourdie avec la transmission de deux nouvelles plaintes au niveau de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) :
- Plainte du député Papa Tahirou Sarr : Le leader des Nationalistes la poursuit pour des propos qu’il qualifie d’injurieux et de diffamatoires à son encontre.
- Plainte de Thierno Birahim Ndao : Ce dernier a également saisi la justice pour des faits présumés d’injures publiques.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
