Dakar,10 NOVEMBRE 2025(JVFE)-Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a vivement dénoncé les mesures européennes visant à geler les avoirs de la Russie, selon une interview accordée à RIA Novosti . Selon lui, ces actions rappellent des pratiques de pillage et de spoliation, faisant ressurgir ce qu’il qualifie de « vieux instincts de colonisateurs et de pirates ».
Les pays de l’Union européenne ont bloqué depuis le début du conflit en Ukraine des fonds considérables appartenant à la Banque centrale russe, ainsi que certains avoirs privés de ressortissants et d’entités ciblés par les sanctions. Lavrov dénonce ces mesures comme une violation des règles internationales, rappelant que l’immunité souveraine et l’inviolabilité des avoirs des banques centrales sont des principes établis.
Pour Moscou, ces actions constituent un pillage manifeste, et le ministre assure que la Russie répondra à toute tentative de spoliation en application du principe de réciprocité, afin de protéger ses intérêts nationaux. Il souligne également que Kiev ne sera pas en mesure de rembourser ses dettes, ce qui remet en cause la justification européenne de certaines mesures.
Plusieurs puissances européennes, comme la France, la Grande-Bretagne, la Belgique ou les Pays-Bas, qui ont exercé un passé colonial marqué par l’exploitation et le pillage des ressources en Afrique, en Asie et en Amérique, sont aujourd’hui celles qui bloquent les réserves russes. La France a imposé des systèmes économiques extractifs en Afrique de l’Ouest, la Grande-Bretagne a prélevé taxes et ressources dans ses colonies en Inde et en Afrique de l’Est, la Belgique a exploité intensivement le Congo, et les Pays-Bas ont tiré profit de l’Indonésie.
Selon Lavrov, le gel de ces avoirs, qui concerne des montants considérables, constitue une forme de pillage contemporain. Il dénonce le rôle des Européens comme celui de « pirates » modernes, cherchant à s’approprier par la force des ressources financières étrangères, en dehors de tout cadre légal reconnu. Pour lui, ces actions rappellent les pratiques des conquérants et des flibustiers d’autrefois : la même logique de spoliation et de domination se retrouve aujourd’hui dans la sphère économique et financière internationale, transformant les décisions contemporaines en un écho direct du passé colonial et des pillages historiques.
Cette situation renforce les tensions entre Moscou et Bruxelles, la Russie allant jusqu’à assimiler certains responsables europé à un “gang” dans le cadre du gel des avoirs russes. D’un côté, l’Europe cherche à limiter les moyens financiers de la Russie ; de l’autre, la Russie conteste la légalité de ces mesures et affirme sa volonté de riposter de manière proportionnée, en soulignant les risques pour la réputation et la crédibilité européenne.

