Les Défis de la Diffusion de la CAN 2025 : un Cri d’Alerte des Médias Francophones

DAKAR, 19 NOVEMBRE 2025(JVFE)-Une vive contestation s’est élevée dans le paysage médiatique africain francophone suite à la décision de la Confédération africaine de football concernant l’attribution des droits de diffusion de la CAN 2025, qui se tiendra au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026.

Dans une note transmise le 16 novembre, un collectif regroupant plusieurs télévisions nationales d’Afrique subsaharienne francophone (dont la RTS, la RTI, la CRTV, l’ORTM, etc.) a dénoncé une « injustice flagrante » et un traitement jugé discriminatoire.

Les principaux défis de la diffusion de la CAN 2025 concernent les droits de diffusion et les inégalités d’accès. Les chaînes de télévision publiques francophones dénoncent une attribution des droits jugée injuste, leur limitant l’accès à seulement 33 matchs sur 52, alors que des diffuseurs anglophones et un opérateur payant international en auraient l’accès complet. Elles réclament une diffusion équitable de l’intégralité de la compétition, considérée comme un patrimoine culturel et un moment d’unité nationale, craignant une privatisation de l’événement au profit des chaînes payantes. 

Défis liés aux droits de diffusion

  • Contestation de la répartition : Un collectif de chaînes publiques africaines francophones a dénoncé publiquement l’attribution des droits, la qualifiant de “flagrante injustice” et de “traitement discriminatoire”.
  • Accès limité aux matchs : Les chaînes francophones se voient proposer seulement 33 des 52 matchs, contrairement aux télévisions anglophones et à un opérateur payant international qui auraient accès à l’intégralité de la compétition.
  • Inégalité linguistique et accès : Les diffuseurs francophones estiment que cette décision favorise un opérateur payant et risque de priver une grande partie des populations, notamment les plus modestes, d’un accès complet à la compétition.
  • Revendication d’équité : Le collectif demande à la CAF de garantir une diffusion “équitable et réellement populaire” et de s’assurer que la CAN reste un événement “entièrement accessible à tous”. 

Autres défis

  • Enjeux financiers et économiques : Le Maroc, pays hôte, vise des revenus records et une réussite à l’image de l’Euro, posant la question de l’équilibre entre les enjeux économiques et l’accessibilité populaire.
  • Logistique et accessibilité des supporters : Le transport des supporters est également un défi, avec des coûts de vol élevés, bien que des solutions soient envisagées pour faciliter le déplacement.

Au cœur du différend, la proposition de la CAF d’accorder aux diffuseurs francophones seulement 33 des 52 matchs de la compétition. Une situation « difficile à expliquer » aux autorités et aux millions de téléspectateurs, selon les signataires.

Historiquement, la CAN a toujours bénéficié d’une diffusion intégrale et gratuite sur les chaînes nationales. Le collectif rappelle que cette pratique est essentielle pour garantir l’accès de tous à un événement considéré comme « un moment de communion, de fierté et d’unité africaine ».

Les chaînes soulignent que, contrairement aux diffuseurs francophones, les télévisions publiques anglophones et lusophones, ainsi qu’un opérateur de télévision payante non africain, se verraient, eux, proposer l’accès à l’intégralité des 52 rencontres.

L’atmosphère se tend autour de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations. Alors que le continent se prépare à vivre l’un de ses rendez-vous sportifs les plus fédérateurs, une polémique enfle : l’accès inégal à la retransmission des matchs entre les zones francophone et anglophone.

Un déséquilibre dénoncé avec vigueur par plusieurs chaînes de télévision publiques et privées, qui voient dans cette situation une atteinte non seulement à l’équité médiatique, mais aussi à l’esprit même de la CAN, symbole d’unité africaine.

Dans une lettre adressée à Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (CAF), les principaux groupes audiovisuels francophones n’ont pas mâché leurs mots. Selon eux, il est incompréhensible — et regrettable — que leur zone ne puisse accéder qu’à 33 matchs sur les 52 prévus, tandis que les diffuseurs anglophones bénéficieront de l’intégralité de la compétition.

Pour ces médias, l’écart ne relève pas d’une simple décision commerciale, mais bien d’un problème structurel touchant au respect des publics francophones, qui constituent pourtant une part importante des audiences africaines. « Comment parler d’un tournoi panafricain si une partie du continent est privée d’une grande portion du spectacle ? », s’interrogent-ils.

La CAN 2025, prévue du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 au Maroc, s’annonce pourtant comme un moment historique. Reprogrammée en période hivernale, elle devrait bénéficier d’une visibilité exceptionnelle. Mais pour de nombreux téléspectateurs francophones, le rêve risque de se transformer en frustration.

L’argument est simple : priver des millions de personnes d’un accès complet à la compétition revient à les exclure d’un événement culturellement majeur. La CAN n’est pas qu’un tournoi ; c’est un rituel populaire, une fête collective, un moment d’union familiale qui traverse les générations. En restreignant sa visibilité dans certaines régions, c’est tout un symbole qui vacille.

Dans leur correspondance, les directeurs de chaînes ont rappelé avec insistance que l’inclusion doit rester une priorité pour la CAF. Ils soulignent l’importance d’un dispositif équitable, notamment pour la diaspora africaine, avide de suivre les exploits de leurs nations respectives.

Cette prise de position intervient à un moment crucial : les sélections peaufinent leur préparation, l’excitation monte, et les attentes s’intensifient, notamment dans le groupe A où figure le Mali, aux côtés du Maroc, de la Zambie et des Comores. Pour les diffuseurs francophones, il serait inconcevable que des millions de Maliens, Sénégalais, Ivoiriens ou Burkinabè ne puissent pleinement supporter leurs équipes.

Au-delà de la CAN 2025, cette polémique ouvre un débat plus large : celui de la maîtrise des droits sportifs en Afrique. Le modèle économique actuel, fortement influencé par des intermédiaires privés, montre ses limites. Les chaînes africaines, souvent fragilisées par des contraintes budgétaires, peinent à rivaliser avec les offres européennes ou les consortiums mieux financés.

Ce bras de fer pourrait donc devenir un tournant : soit il débouche sur une réforme plus inclusive, soit il entérine un système d’inégalités qui ne fera que s’accentuer au fil des compétitions.

La polémique autour de la diffusion de la CAN 2025 révèle les fractures persistantes dans l’accès à l’information et au divertissement sur le continent. Face à cette situation, les chaînes francophones exigent un dialogue franc, transparent et orienté vers l’équité. La décision finale de la CAF ne déterminera pas seulement la couverture médiatique d’un tournoi : elle pourrait façonner le futur du paysage audiovisuel africain.

Face à ce qu’elles perçoivent comme une menace sur le libre accès et la pluralité médiatique, les télévisions nationales exigent un retour aux pratiques antérieures, à savoir la diffusion intégrale et accessible à tous des 52 matchs de la CAN.

Le collectif en appelle directement au président Motsepe pour qu’il garantisse une diffusion « équitable et réellement populaire », exhortant la CAF à faire preuve d’« équité » et de sens de « l’inclusion sociale ». Une démarche qui vise à ouvrir un dialogue pour que la CAN 2025 demeure un événement « réellement africain, populaire et accessible entièrement à tous ».

Dans plusieurs pays, les supporters se sont également joints à la contestation, dénonçant une mesure « incompréhensible » et réclamant un rétablissement de l’équité pour le patrimoine sportif et culturel du continent.

La Redaction JVFE

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