« Combien d’épouses ? » demande Trump au président syrien Al-Sharaa lors d’une réunion à la Maison Blanche

DAKAR, 19 NOVEMBRE 2025(JVFE)-Le président américain Donald Trump a accueilli lundi à la Maison Blanche le président syrien Ahmed al-Charia, première visite d’un dirigeant syrien depuis l’indépendance du pays vis-à-vis de la France en 1946.

Sur cette photo diffusée par le service de presse de la présidence syrienne, le président Donald Trump (à droite) s’entretient avec le président syrien Ahmad al-Charia à la Maison-Blanche, à Washington, le lundi 10 novembre 2025. (Service de presse de la présidence syrienne via AP)

Al-Sharaa, 43 ans, est arrivé au pouvoir l’année dernière après que ses forces ont renversé l’ancien président Bachar al-Assad lors d’une offensive rapide qui s’est terminée le 8 décembre.

Une première pour un chef d’Etat syrien et une consécration pour l’ancien djihadiste, passé de la liste noire du FBI aux honneurs de la Maison Blanche.

Al-Sharaa, ancien commandant d’Al-Qaïda, autrefois qualifié de terroriste par Washington et faisant l’objet d’une prime américaine de 10 millions de dollars, a rencontré Al-Sharaa. Cette rencontre a coïncidé avec la décision de Washington de prolonger de 180 jours la suspension des sanctions contre la Syrie.

Le département d’Etat a annoncé, à l’occasion de cette visite historique, une nouvelle pause des sanctions américaines, en attendant que le Congrès ne les lève éventuellement pour de bon.

Le président syrien est arrivé discrètement à 11 h 37 (17 h 37, heure de Paris) à la Maison Blanche. Il est passé par une entrée latérale, sans suivre le protocole habituellement réservé aux chefs d’Etat et de gouvernement étrangers, que le président américain vient presque toujours accueillir sur le perron. Les journalistes n’ont pas non plus été conviés dans le bureau Ovale, comme c’est généralement le cas lors de visites officielles.

« Je l’aime bien », a toutefois déclaré le président américain après la rencontre. « Nous ferons tout ce que nous pourrons pour que la Syrie réussisse (…). Il a un passé brutal et je pense, franchement, que sans passé brutal vous n’avez aucune chance », a-t-il ajouté.

Le dirigeant a quitté les lieux vers 13 h 30 et s’est arrêté quelques instants pour saluer des partisans qui l’acclamaient devant la Maison Blanche.

Ahmed Al-Charaa a obtenu une nouvelle pause de cent quatre-vingts jours de la loi « César », déjà suspendue en mai, qui soumettait la Syrie à des sanctions draconiennes. Le département d’Etat américain est favorable à une levée complète de cette loi adoptée en 2019, qui bannissait Damas du système bancaire international et des transactions financières en dollars, mais cela nécessite un vote du Congrès.

Dans un communiqué laconique, accompagné de quelques photos, la présidence syrienne fait savoir que les deux dirigeants ont évoqué « les manières de développer et de renforcer » la relation bilatérale, ainsi que « plusieurs sujets régionaux et internationaux ».

Ils devaient notamment évoquer les négociations entamées par les autorités syriennes avec Israël en vue d’un accord de sécurité en vertu duquel l’Etat hébreu se retirerait des zones du sud du pays occupées après la chute de Bachar Al-Assad. En mai, Donald Trump avait pressé son homologue syrien de s’associer aux accords d’Abraham, qui ont vu plusieurs pays arabes reconnaître Israël en 2020.

Dès sa prise de pouvoir, le dirigeant syrien a rompu avec son passé, multipliant les ouvertures vers l’Occident et les Etats de la région, dont Israël, avec lequel son pays est théoriquement en guerre. Il a, par ailleurs, promis de « redéfinir » les relations avec la Russie de Vladimir Poutine, allié-clé de Bachar Al-Assad, qu’il a rencontré à Moscou il y a moins d’un mois

Jeudi dernier, Donald Trump, qui se voit en grand pacificateur du Moyen-Orient, avait estimé que son invité faisait « du très bon travail »« C’est un gars dur, mais je me suis très bien entendu avec lui », avait-il ajouté, évoquant leur entrevue de mai en Arabie saoudite. Le milliardaire âgé de 79 ans avait jugé son homologue de 43 ans « fort » et « séduisant ».

Pendant la visite du président syrien par intérim, dont le mouvement islamiste a renversé Bachar Al-Assad en décembre 2024, Damas devait signer un accord pour rejoindre la coalition internationale antidjihadiste emmenée par les Etats-Unis, selon l’émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack.

Les Etats-Unis, eux, prévoient d’établir une base militaire près de Damas, « pour coordonner l’aide humanitaire et observer les développements entre la Syrie et Israël », selon une autre source diplomatique en Syrie.

Vendredi, Washington avait retiré le dirigeant syrien de la liste noire des terroristes. Depuis 2017 et jusqu’à décembre dernier, le FBI offrait une récompense de 10 millions de dollars pour toute information menant à l’arrestation du leader de l’ancienne branche locale d’Al-Qaida, le groupe Hayat Tahrir Al-Cham (HTC). Jeudi, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies avait aussi levé les sanctions contre Ahmed Al-Charaa, à l’initiative des Etats-Unis.

Dimanche, il a rencontré la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, et discuté « des potentiels domaines de coopération entre la Syrie et le FMI afin de soutenir le développement et la croissance économique dans le pays », selon la présidence syrienne. Après treize ans de guerre civile, la Syrie cherche à garantir des fonds pour sa reconstruction, dont le coût pourrait dépasser 216 milliards de dollars, selon la Banque mondiale.

La Redaction JVFE

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