DAKAR, 25 NOVEMBRE 2025(JVFE)-Le sommet Union africaine- Union européenne s’est ouvert à Luanda, la capitale de l’Angola,ce lundi 24 novembre et le mardi 25 novembre . Plusieurs dirigeants européens et africains ont pris part à ce sommet qui marque le 25e anniversaire du partenariat UE-UA, depuis le dernier sommet du Caire en 2000 sur le thème “Promouvoir la paix et la prospérité grâce à un multilatéralisme effectif”.
Près de 80 chefs d’État sont réunis à Luanda pour redéfinir une relation qui se cherche encore.
La tenue du septième sommet Union européenne-Union africaine survient à un moment crucial pour les deux continents. Il se tient dans un contexte marqué par l’influence croissante d’autres pays sur le continent : la Chine, la Russie, la Turquie et l’Inde.
C’est pourquoi l’Union européenne cherche à maintenir son partenariat avec l’Afrique. Car, selon la Commission européenne, “l’UE reste le premier partenaire commercial de l’Afrique, devançant la Chine, l’Inde ou les États-Unis”.
Par ailleurs, toujours selon Bruxelles, au moins 90 % des exportations africaines pénètrent le marché européen- fort de 450 millions de consommateurs- sans droits de douane, grâce aux accords préférentiels couvrant 19 pays du continent”.
Ce sommet, qui marquera le 25e anniversaire du partenariat UE-UA ainsi que le 50e anniversaire de l’indépendance de l’Angola et de plusieurs autres pays africains, sera coprésidé par le président angolais, João Lourenço, et le président du Conseil européen, António Costa.

L’UE est également représentée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et l’UA par S.E. Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine.
président Costa « Notre objectif pour ce sommet historique est la poursuite d’un partenariat entre l’UE et l’Afrique robuste, équilibré et tourné vers l’avenir. »
Parvenir à un partenariat solide
Après le dernier sommet, organisé en 2022 à Bruxelles, les dirigeants africains et européens vont participer à deux sessions thématiques. Ils discuteront des moyens pour renforcer la coopération dans des domaines tels que la paix, la sécurité, la gouvernance, les migrations et la mobilité. Des sujets sur lesquels tous ne sont pas sur la même longueur d’ondes.
“L’objectif pour ce sommet est de parvenir à un partenariat solide, équilibré et tourné vers l’avenir”, a ainsi déclaré António Costa, le président du Conseil européen.
Par ailleurs, le sommet de Luanda se tient en adéquation avec l’Agenda 2063, avec les objectifs de développement durable fixés par les Nations unies et surtout avec la vision commune UA-UE pour 2030.
Au-delà des mots et des grands discours, les enjeux du moment sont multiples selon Holy Ranaivozanany, directrice de la fondation Afrique Europe présente à Luanda.

Les personnalités attendues
Le président de la Commission de l’Union africaine, le Djiboutien Mahmoud Ali Youssouf, prendra également part à ce sommet, tout comme Felix Tshisekedi , le président congolais, ou encore Emmanuel Macron, le président français qui a entamé, en fin de semaine dernière, une mini-tournée sur le continent, avec notamment une étape en Afrique du Sud.
Au total 80 chefs d’Etat et membres de gouvernement sont attendus pour participer à ce sommet. Placé sous le thème de la promotion de la paix et de la prospérité grâce à un multilatéralisme effectif, il ambitionne de créer un partenariat solide et équilibré entre l’Union européenne et l’Union africaine.
Au cours de ces deux journées, les dirigeants participeront à deux sessions thématiques afin de débattre de la manière de renforcer la coopération dans des domaines clés:
- paix, sécurité, gouvernance et multilatéralisme
- citoyens, migrations et mobilité
Les dirigeants devraient publier une déclaration conjointe à l’issue du sommet.
Paix, sécurité et gouvernance
L’UE a lancé 12 missions et opérations civiles et militaires en Afrique dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC).
Des missions de l’UE sont actuellement déployées:
- en République centrafricaine
- en Libye
- au Mali
- au Mozambique
- en Somalie
L’UE apporte également un soutien aux pays africains par l’intermédiaire de la facilité européenne pour la paix, créée en mars 2021. Cette facilité vise à aider à prévenir les conflits, à construire et à préserver la paix ainsi qu’à renforcer la sécurité et la stabilité internationales.
- Facilité européenne pour la paix (informations générales)
En outre, l’UE est, à l’échelle mondiale, l’un des principaux fournisseurs de programmes de renforcement des capacités en matière de lutte contre le terrorisme et d’autres programmes qui visent à prévenir l’extrémisme violent en Afrique.
Les missions et opérations civiles et militaires
Les missions et opérations civiles et militaires
Multilatéralisme
L’UE et l’Afrique coopèrent actuellement dans le cadre de processus multilatéraux, qui visent notamment à:
- mettre en œuvre le pacte pour l’avenir et le programme de réforme des Nations unies
- renforcer la coordination UE-UA au sein des principales instances multilatérales, notamment au sein du G20
- plaider conjointement pour mettre en place des réformes de l’architecture financière internationale ainsi que pour remédier aux vulnérabilités en matière de dette
- coopérer en matière d’atténuation du changement climatique au niveau mondial et de financement de la lutte contre ce phénomène
- Coopération de l’UE avec les Nations unies (informations générales)
Prospérité
Commerce et investissement
L’UE est le premier partenaire commercial des pays africains pris collectivement, et de loin leur plus grand marché d’exportation, devant la Chine, l’Inde et les États-Unis.
Ensemble, les pays africains constituent le quatrième partenaire commercial de l’UE.
L’UE a négocié des accords commerciaux préférentiels avec 19 pays africains, ce qui signifie que plus de 90 % des exportations africaines entrent sur le marché de l’UE, qui compte 450 millions de consommateurs, en franchise de droits à l’importation.
Sur le plan des investissements, l’UE, avec 238,9 milliards d’euros de stocks en 2023, est le principal fournisseur d’investissements directs étrangers (IDE) en Afrique.
“Global Gateway”
Le paquet d’investissement “Global Gateway” Afrique-Europe , d’un montant de 150 milliards d’euros, vise à aider les pays africains à réaliser une transformation forte, inclusive, verte et numérique, en:
- accélérant les transitions écologique et numérique
- stimulant la croissance durable et la création d’emplois
- renforçant les systèmes de santé, d’éducation et de formation
- UE-Afrique: paquet d’investissement «Global Gateway» (Commission européenne)
- Initiative Afrique-Europe pour l’énergie verte (Commission européenne)
Citoyens, migrations et mobilité
Migrations
L’UE et l’UA ont investi dans des efforts conjoints en matière de migration et de développement, s’attachant en particulier à:
- mettre à profit des voies légales mutuellement avantageuses
- coordonner leur action en matière de gestion des frontières
- lutter contre l’immigration irrégulière, les filières d’immigration clandestine et la traite des êtres humains
La coopération en matière de retour, de réadmission et de réintégration durable reste d’une importance capitale, tout comme l’approche de la gestion des migrations fondée sur les droits de l’homme.
Mobilité
Depuis 2022, les partenariats pour la mobilité financés par l’UE entre universités européennes et africaines ont facilité les échanges de plus de 30 000 étudiants et membres du personnel africains, et de plus de 18 000 Européens.
Depuis 2022, l’UE a également financé 36 partenariats, qui devraient offrir 6 000 possibilités de mobilité entre 103 universités africaines de 30 pays.
Contexte
Sommet précédent
Le dernier sommet UE-UA en date s’est tenu les 17 et 18 février 2022 à Bruxelles, et les dirigeants de l’UE et de l’UA y étaient convenus d’une vision commune pour un partenariat renouvelé.
- Sommet Union européenne‑Union africaine, 17 et 18 février 2022
- Une vision commune pour l’UE et l’Afrique
Réunion ministérielle
Le sommet fera fond sur les résultats de la réunion ministérielle UE-UA récente tenue à Bruxelles en mai 2025, lors de laquelle les ministres ont réaffirmé leur détermination à nouer des liens plus étroits entre les deux continents, en s’inspirant de valeurs partagées, d’intérêts mutuels et d’une vision commune en vue d’assurer une croissance durable et la prospérité.

