Soudan: Une frappe de drone menée par les paramilitaires soudanais contre une base de l’armée dans le sud-est du pays a tué 27 personnes lundi et fait 73 blessés

Dakar,14  janvier 2026(JVFE)-L’attaque a visé une réunion de haut rang réunissant « officiers militaires, policiers et renseignements » de plusieurs États du Soudan, a de son côté précisé une source sécuritaire.

« Vingt-sept personnes sont mortes et 73 blessées dans la frappe de la milice des Forces de soutien rapide [FSR] sur la ville de Sinja », selon Ibrahim al-Awad, ministre de la Santé de la province de Sennar où a eu lieu la frappe.

Un conflit oppose depuis avril 2023 l’armée aux paramilitaires des FSR.

Les deux camps se livrent une guerre meurtrière qui a tué plusieurs dizaines de milliers de personnes et déplacé plus de 11 millions d’autres, provoquant ce que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde.

La frappe de lundi a ciblé « le quartier général » d’une division de l’armée à Sinja, a rapporté une source militaire sous couvert d’anonymat, imputant l’attaque aux paramilitaires.

Un habitant a raconté « avoir entendu des explosions et des tirs de défense antiaérienne ».

Les FSR n’avaient pas commenté ces informations dans l’immédiat.

En novembre 2024, l’armée avait repris le contrôle de cette ville située à plus de 300 km de la capitale Khartoum.

Les FSR s’en étaient emparées quelques mois plus tôt après un assaut qui avait forcé des centaines de milliers de personnes, dont beaucoup de déplacés d’autres États, à fuir.

La région stratégique de Sennar, qui se trouve au cœur des zones contrôlées par l’armée régulière, jouxte le Soudan du Sud et l’Éthiopie.

En octobre dernier, Sinja avait déjà été ciblée par des frappes de drone, alors que plus de 200 000 personnes sont revenues dans l’État selon les dernières estimations de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Cette agence de l’ONU a qualifié de « fragile » le retour des civils déplacés dans un pays ravagé par la guerre, où les infrastructures manquent et l’insécurité perdure.

Chassé par la guerre dans les premiers mois du conflit, le gouvernement a fait son retour dans la capitale Khartoum, avait annoncé dimanche le premier ministre.

Il avait fui la capitale tombée aux mains des FSR, tout comme des agences de l’ONU ainsi que 3,7 millions de personnes.

L’exécutif s’était replié à Port-Soudan, dans l’est, devenue alors capitale provisoire.

Reprise en mars 2024 par l’armée, Khartoum a depuis enregistré le retour de plus d’un million de personnes, selon l’OIM.

Des membres du Croissant-Rouge soudanais procèdent à la réinhumation des dépouilles des victimes du conflit soudanais qui dure depuis deux ans, transférant les corps de tombes de fortune vers un cimetière local à Khartoum, au Soudan, le 11 janvier 2026.

Les autorités ont commencé à reconstruire certains quartiers, même si les FSR ont mené à plusieurs reprises des frappes de drones.

Mais après plus de 1000 jours de guerre, les services de base de la capitale – hôpitaux, aéroports, centrales électriques – restent dévastés.

L’ONU estime à environ 350 millions de dollars le coût de la réhabilitation des infrastructures, tandis que la reconstruction complète devrait prendre des années et coûter plusieurs milliards.

La guerre a déchiré le pays en deux : l’armée contrôle le nord, l’est et le centre, tandis que les FSR dominent toute la région du Darfour, soit un tiers du territoire soudanais, et, avec leurs alliés, certaines zones du sud.

Les FSR se concentrent désormais dans la région méridionale du Kordofan, visant à capturer des villes qui les rapprocheraient de Khartoum.

Fodé CISSE, Journamiste , Redacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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