Madagascar:Energy Fuels renégocie l’avenir du projet minier de Toliara après le coup d’État

Dakar,13  janvier 2026(JVFE)-À Madagascar, le vaste projet d’exploitation de sables minéraux de Toliara, désormais rebaptisé Vara Mada, entre dans une nouvelle phase de négociations après le coup d’État qui a bouleversé l’équilibre politique du pays. Malgré cette instabilité, l’entreprise américaine Energy Fuels affirme maintenir le dialogue avec les nouvelles autorités afin de redéfinir le cadre fiscal et juridique du projet.

n décembre 2024, l’américain Energy Fuels a conclu un protocole d’accord avec le gouvernement malgache, alors dirigé par Andry Rajoelina, pour relancer le projet de sables minéraux Toliara. Avant un accord définitif entre les deux parties, le président Rajoelina a été renversé par un coup d’État.

Initialement encadré par un protocole d’accord signé en décembre 2024 avec le gouvernement d’Andry Rajoelina, le projet vise l’exploitation de sables minéraux sur une durée estimée à 38 ans. Il prévoit une production annuelle moyenne de 959.000 tonnes d’ilménite, 66.000 tonnes de zircon, 8.000 tonnes de rutile et 24.000 tonnes de monazite, un minerai stratégique pour l’extraction de terres rares. Ces ressources placent Madagascar au cœur des enjeux mondiaux liés aux minéraux critiques, essentiels notamment aux technologies de transition énergétique.

En janvier 2026, Energy Fuels a publié une étude de faisabilité actualisée mettant en avant la rentabilité potentielle du projet. Selon l’entreprise, Vara Mada pourrait générer 264 millions de dollars de flux de trésorerie annuels, avec une valeur actuelle nette estimée à 1,8 milliard de dollars et un taux de rentabilité interne de 24,9% après impôts. Ces chiffres renforcent l’intérêt stratégique du projet, tant pour l’investisseur que pour l’économie malgache.

Toutefois, l’accord définitif n’a pas encore été conclu. Les discussions portent notamment sur l’intégration officielle de la monazite dans le permis minier, ainsi que sur les conditions fiscales, dont une redevance de 5% sur la production et des engagements financiers et sociaux évalués à 80 millions de dollars dans le protocole initial. Le nouveau pouvoir en place, dirigé par le colonel Michaël Randrianirina, n’a pour l’instant donné aucune garantie sur la poursuite des accords précédents.

Le coup d’État survenu en octobre 2025 à Madagascar n’a pas remis en cause, à ce stade, le développement du projet de sables minéraux Toliara. C’est du moins ce qu’il faut retenir de la dernière sortie de l’américain Energy Fuels, propriétaire de l’actif, qui a indiqué poursuivre les négociations avec le gouvernement sur les conditions fiscales applicables à cette future mine.

Désormais renommé Vara Mada, le projet Toliara peut livrer en moyenne 959 000 tonnes d’ilménite, 66 000 tonnes de zircon, 8 000 tonnes de rutile et 24 000 tonnes de monazite (source de terres rares) par an sur une durée de vie de la mine estimée à 38 ans. L’étude de faisabilité actualisée, publiée jeudi 8 janvier par la compagnie américaine, table aussi sur des flux de trésorerie de 264 millions USD par an, une valeur actuelle nette de 1,8 milliard USD et un taux de rentabilité interne de 24,9 % après impôts.

« Energy Fuels et le gouvernement malgache poursuivent les négociations sur les conditions fiscales, sur la base générale du protocole d’accord signé par les parties en décembre 2024. Les aspects visant à faciliter l’inclusion de la monazite dans le permis d’exploitation minière du projet dès que cela sera raisonnablement possible sont inclus dans le champ des négociations actuelles », a indiqué la compagnie dans le communiqué du 8 janvier.

Grâce à l’acquisition de Base Resources en septembre 2024, Energy Fuels est devenue propriétaire de Vara Mada. Trois mois plus tard, en décembre 2024, la compagnie américaine signe un protocole d’accord avec le gouvernement malgache alors dirigé par Andry Rajoelina. Dans ce cadre, Energy Fuels est censée effectuer différents paiements, dont 80 millions de dollars au profit de projets sociaux dans le pays. Le protocole signé prévoyait aussi une redevance de 5 % sur la production de la future mine.

Antananarivo s’est engagé de son côté à soutenir le développement « rapide » du projet, en facilitant l’obtention des différentes autorisations nécessaires. Alors qu’un accord définitif n’était pas encore signé entre les deux parties, le coup d’État du 12 octobre 2025 a renversé le président Rajoelina et son gouvernement.

Madagascar est désormais dirigée par le colonel Michaël Randrianirina, dont le ministre des Mines, Carl Andriamparany, a assuré rester « ouvert à tous les opérateurs voulant s’investir au pays, afin d’atteindre les objectifs de promotion et de développement du secteur [minier, Ndlr] ». Si le canal des discussions n’est pas fermé avec la compagnie américaine, cette dernière précise ne disposer d’aucune garantie quant au succès des négociations permettant d’assurer la stabilité juridique et fiscale de la future mine. Energy Fuels compte prendre une décision finale d’investissement pour la construction de la mine, en cas d’accord définitif avec Antananarivo.


La Redaction ©JVFE

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