DAKAR, 27 janvier 2026(JVFE)-Quelques heures après sa reconduction au poste de Premier ministre par le président de la République, Mamadi Doumbouya, à travers un décret lu à la télévision nationale, Amadou Oury Bah a livré une réaction empreinte d’émotion, de gravité et de sens du devoir. Un discours qui traduit à la fois la reconnaissance pour la confiance renouvelée et la conscience aiguë du poids des responsabilités qui l’attendent.
Pour le chef du gouvernement, cette diversité de soutiens n’est pas anodine. Elle traduit, selon lui, une attente collective, presque une exigence. « Lorsqu’une multitude de gens d’horizons divers expriment cette empathie, cela veut dire qu’ils attendent une action », a-t-il expliqué. Autrement dit, la reconduction ne vaut pas seulement comme un acte politique, mais comme un engagement renouvelé à produire des résultats concrets, à répondre aux aspirations et aux besoins d’une population en quête de stabilité et de progrès.
Le ton employé est empreint de gravité. « Ma charge est devenue encore plus lourde que par le passé », reconnaît-il, conscient que ce second mandat s’inscrit dans une phase décisive pour la Guinée. La transition, les réformes économiques, la cohésion sociale et la crédibilité institutionnelle forment un ensemble de défis qui appellent, selon ses mots, une mobilisation collective. « Nous avons besoin de tout le monde », insiste-t-il, dans une formule qui sonne comme un appel au dépassement des clivages politiques et sociaux.
Dans un registre où la foi et la politique se rejoignent, Amadou Oury Bah a également invoqué l’aide divine pour accompagner son action aux côtés du président Doumbouya. « On prie Dieu qu’il nous donne la force », a-t-il déclaré, plaçant son engagement sous le signe d’une responsabilité morale autant que politique. La référence à Dieu, loin d’être simplement rituelle, traduit une manière de souligner la gravité de la tâche et l’humilité avec laquelle il dit l’aborder.
Le Premier ministre n’élude pas les difficultés. « La tâche n’est pas facile », admet-il, rappelant que le pays a avant tout besoin de cohésion et de stabilité pour avancer. Ces deux notions reviennent comme des fils conducteurs de son propos, presque comme des préalables indispensables à toute ambition de développement durable.
Enfin, dans une ouverture plus large, Amadou Oury Bah a inscrit l’action de son gouvernement dans une perspective qui dépasse les frontières nationales, évoquant les attentes non seulement des populations guinéennes, mais aussi, plus largement, celles des peuples ouest-africains. Une manière de rappeler que la stabilité et les choix politiques de la Guinée s’inscrivent dans un espace régional où chaque évolution résonne au-delà de ses frontières.
À travers cette réaction, le Premier ministre reconduit esquisse une posture : ni triomphale, ni strictement institutionnelle, mais marquée par une conscience aiguë de la responsabilité qui lui est confiée. Dans le style sobre et presque introspectif qui caractérise ses propos, il place son nouveau mandat sous le signe d’un devoir : transformer la confiance accordée, à la fois par le président et par la population, en actes capables de répondre aux attentes d’une société en quête de repères, de stabilité et d’espérance.
« Je suis particulièrement ému », a-t-il confié, évoquant d’abord la confiance renouvelée du chef de l’État. Mais c’est surtout l’ampleur des réactions populaires qui semble l’avoir marqué. Durant les jours précédents, dit-il, les messages de félicitations, d’encouragement et de sympathie se sont multipliés, venant de Guinéens de tous horizons, mais aussi de personnes qu’il ne connaît pas, établies aux quatre coins du monde. Une vague d’attention qui, loin de l’enorgueillir, a renforcé chez lui le sentiment du poids de la mission qui lui incombe.
Au lendemain de l’investiture du président de la République, un nouveau tournant politique s’est opéré avec la démission du gouvernement. Contre toute attente, Bah Oury a été reconduit au poste de Premier ministre. Une décision qui suscite de nombreuses réactions au sein de la population.
Dans plusieurs quartiers de la capitale, les discussions vont bon train. Pour certains, cette reconduction est perçue comme un choix stratégique visant à assurer la continuité de l’action gouvernementale. Pour d’autres, elle traduit une volonté limitée de rupture avec les pratiques passées.
« C’est un choix de continuité. Bah Oury connaît déjà les dossiers et les défis du pays. Peut-être que cela permettra d’aller plus vite dans les réformes. Il a déjà commencé le travail, autant lui donner le temps de terminer ce qu’il a entamé », estime Abdoulaye Sow, mécanicien.
D’autres citoyens se montrent plus sceptiques.
« On change le gouvernement, mais on garde les mêmes personnes. Pour nous, ça ressemble plus à un recyclage politique qu’à un vrai renouveau », déplore Aïssatou Camara, étudiante.
Pour certains observateurs, cette reconduction est un signal de stabilité envoyé par le chef de l’État.
« Le président veut sans doute éviter une période de flottement politique. Reconduire Bah Oury, c’est maintenir un cap, au moins, à court terme », analyse Ibrahima Sylla, enseignant à la retraite.
D’autres voix appellent toutefois à laisser du temps au nouveau gouvernement.
« Ce qui compte, ce n’est pas seulement la personne, mais l’équipe qu’il va mettre en place. S’il choisit des ministres compétents, on pourra juger sur les actes », explique Souleymane Condé, entrepreneur.
Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre soutien mesuré et critiques ouvertes.
« Le pays a besoin de stabilité, mais aussi de réformes profondes. Bah Oury est à un carrefour décisif », écrit un internaute.
Alors que la formation du nouveau gouvernement est attendue dans les prochains jours, la reconduction de Bah Oury apparaît comme un test politique majeur. Entre continuité assumée et attentes de changement, le Premier ministre devra rapidement convaincre une population attentive et exigeante.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

